Agoraphobe, elle voyage et photographie le monde via Google Street View

L’agoraphobie touche près de 200 millions de personnes à travers le monde. Jacqui Kenny, jeune artiste, a décidé de la combattre à l’aide de Google Street View. Voici son histoire.

Par Tiffany Sales. |

Jacqui Kenny, une artiste Néo-Zélandaise basée à Londres, souffre d’agoraphobie. Loin de se résumer à une simple « peur de la foule », cette phobie se traduit par la peur panique de ne pas pouvoir contrôler ou échapper à certains endroits ou situations. « Chaque fois que je vais quelque part loin de chez moi, j’ai l’impression de gravir l’Everest », explique la jeune femme dans une interview accordée au National Geographic.

Totalement effrayée à l’idée de quitter sa propre maison, Jacqui Kenny a alors trouvé une solution pour voyager en toute sérénité : parcourir le monde, pays par pays, route par route, via Google Street View. Mais ce n’est pas tout. Sur cette application de navigation virtuelle lancée par le géant du Web, l’artiste capture également les plus beaux endroits et paysages du monde, qu’elle partage ensuite sur son compte Instagram. 

Un projet photographique baptisé « Agoraphobic Traveller » qui va à l’encontre de toutes nos idées conventionnelles sur le voyage et la photographie. 

L’impression d’un autre monde

« Après avoir exploré le monde pendant un certain temps, j'ai commencé à me rendre compte que la caméra de Google Street View m'a aidé à découvrir et à développer une certaine esthétique tout en me donnant une certaine capacité de guérison sur la vision du monde que j’avais », explique l’artiste. Il lui aura fallu beaucoup de temps pour trouver son style et définir une ligne directrice. Pourtant, les destinations choisies par la jeune femme sont loin d’être typiques : villes désertiques, minières… « Je recherche beaucoup l’espace, l'air poussiéreux… Des éléments qui aident à donner à l'image l’impression d'un autre monde…». Des images qui ont tendance à transmettre un sentiment d’isolement combiné à de l’espoir, de la couleur et de la surprise.

25.000 captures d’écran, 170 retenues

Pour réaliser un cliché, la jeune femme, très exigeante envers elle-même, prend énormément de temps. Et pour preuve, jusqu’à présent, sur 25.000 captures d’écran, Jacqui Kenny n’en a retenu que 170. En quête de la plus belle luminosité et de l’environnement en phase totale avec son univers, la jeune femme avoue parfois prendre plusieurs jours à une semaine pour trouver l’image parfaite.  

Aujourd’hui fière du travail accompli sur son compte Instagram qui combine à la perfection sa vision du monde aux nouvelles avancées technologiques,  l’artiste espère pouvoir exposer son travail dans les pays qu’elle a photographiés. Peut-être en collaboration avec un organisme à but non lucratif oeuvrant dans le domaine de la santé mentale.