Belge et éthique... qui dit mieux ?

La consommation consciente, c’est possible même en déco. MIEU est la première boutique multimarque belge où on peut acheter mobilier et articles produits en Europe de manière responsable. À la barre, deux Bruxellois : Virginie et Frédéric, réunis à la ville comme à la scène.
PAR LAURANNE LAHAYE. PHOTOS DR. |

Elle a 32 ans, une licence en droit, un certificat en aromathérapie, une formation en cosmétique naturelle.

Il en a 33, a grandi en Afrique du Sud, en France, en Grande-Bretagne, avant de poser ses valises à Bruxelles. Tout-terrain et “ start-uppers ” dans le sang, Virginie Hubain et Frédéric Mussche sont aussi de jeunes parents, et c’est la naissance de leur première fille qui a été le déclic pour développer MIEU, acronyme de Made in Europe. Une boutique de jolies choses joliment produites – dont luminaires, articles kids, vaisselle, linge de lit… – à découvrir en ligne, mais aussi physiquement jusqu’au 29 avril, au pop-up store L’Auberge Espagnole, à Etterbeek. C’est dans cette pépinière à talents que nous avons rencontré le duo.

La mode et la gastronomie se sont mises au fairtrade il y a des années. La déco était à la traîne !

Avant de lancer le projet MIEU, on a cherché des multimarques qui rassemblent des articles équitables, produits près de chez nous, mais on n’en a jamais trouvé ! Et ça s’explique en partie par le fait que le secteur n’a jamais connu de grands scandales.

En mode, on a eu droit à l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh ; en food, l’actualité tourne régulièrement autour du problème des pesticides, aux maladies liées à la malbouffe… Ce sont des événements comme ceux-là qui sensibilisent les consommateurs et qui obligent les entreprises à fonctionner différemment. Mais le processus est lent : il a fallu du temps pour qu’on saisisse l’enjeu du bio.

Imaginer un projet déco et fairtrade, c’est surfer sur deux buzz…

Oui, mais on n’a évidemment pas créé MIEU pour cela ! Nous sommes convaincus qu’il faut se fournir au plus près de chez soi. En consommant local, on participe à la croissance économique du pays et on améliore notre pouvoir d’achat à tous.

On ne peut juste pas continuer d’acheter tous nos produits en Chine ! Notre défi, c’était vraiment de faire appel à des artisans européens, qu’on rencontre sur des salons notamment comme celui de Maison & Objet, qui a lieu à Paris deux fois par an. Ou chez eux, dans leurs usines et ateliers, pour s’assurer des conditions de travail et être au plus près de l’origine du produit qu’on vend.

Vous avez également lancé une gamme de mobilier 100 % belge…

Pour meubler notre intérieur, on ne voulait clairement pas de ces articles qu’on voit partout et qu’on flanque à la déchetterie après trois ans.

Un jour, Fred s’est mis à dessiner une table et à la concevoir avec un ami. C’est là qu’on s’est rendu compte qu’on était capables de produire des meubles au tiers du prix du marché ! Mais il ne s’agit que de quelques pièces, produire uniquement en Belgique relève presque de l’impossible.

Pour l’acheteur, le prix élevé reste un frein à une consommation plus responsable…

C’est ce que les gens nous disent parfois quand on leur explique notre démarche et la philosophie de notre boutique.  Mais on répond chaque fois que les beaux produits se gardent plus longtemps. Parce qu’ils sont de meilleure qualité et qu’on les respecte plus. Il faut aussi garder à l’esprit que le prix d’un objet éthique est directement lié à la rémunération de ceux qui l’ont fabriqué…

Vous quittez votre showroom fin avril. Où poserez-vous vos cartons ensuite ?

On pense à Ixelles ou au Brabant wallon. Le magasin physique s’impose : multiplier les pop-up stores représente trop de coûts financiers et d’énergie pour tout emballer, déballer… Et puis, en termes d’ameublement et de déco, les gens ont besoin de sentir, de toucher… 

www.mieu.be et jusqu’au 29/04 au pop-up store L’Auberge espagnole, 331 chaussée de Wavre, 1040 Bruxelles.

Les 3 objets dont ils sont amoureux