Carnet de voyage(s) dans le sud #8

Fin de séjour à Avignon pour notre journaliste. Baisser de rideau. Et tutti quanti.

Par Isabelle Plumhans. Photos : Isabelle Plumhans, Flickr : Ylliab Photo. |

Jour 8. Où il est question de fin, évaluations et perspectives (et de penser, déjà, à l’an prochain)

Dernière conférence de presse pour Olivier Py, directeur du festival d’Avignon, aujourd’hui. Mon sud, c’est bientôt fini. En addition de séjour, émotions et beautés, chaleurs et amitiés. Dans ma besace, j’emmène de quoi, aussi, me faire une année de beau. Parce que la photo, à Arles, c’est jusqu’en septembre (et…. comment dire, peut-être vais-je revenir…). Parce qu’aussi les spectacles vus au festival tourneront parfois chez nous. Bref, plus de grillons, plus de Doms, mais du chouette, plein, à venir. Je te file mes impératifs, ici et là.

Pour s’étonner
Et comprendre que le théâtre n’est pas que Molière, textes, fauteuils et rideaux rouges

Le spectacle vivant, c’est aussi, c’est surtout, une recherche sur les fonds et les formes. Cette année, au programme, du réel sur scène. De ce qui fait, parfois tragiquement, nos quotidiens. Comme dans La Route du Levant, huis-clos entre un terroriste présumé et un flic alcoolo. Débat d’après-spectacle garanti animé. Le spectacle, belge, était présenté à l’Eldoradome, à Avignon. Il sera chez nous à la rentrée. Percutant. Intéressant. Moins politique, plus personnel, Riton Liebman, découvert tout enfant dans le film de Bertrand Blier « Préparez vos mouchoirs », livre, avec sa Vedette du quartier, le récit d’une montée en star qui fut parfois descente aux enfers. Emouvant et drôle. La famille aussi se montre à voir, comme dans Tabula Rasa, spectacle sur ce qui se passe, dans l’intimité familiale, autour des tables et des repas. Un spectacle remuant, sensible, bien joué, qui lui aussi, reviendra chez nous à la rentrée. Un must, si vous ne l’avez pas encore vu. Enfin, le théâtre, ce sont aussi des endroits différents pour les représentations. Hors des salles. Comme l’étonnante Walking Therapie, spectacle itinérant, spectateurs marchant, présentée voici quelques années au festival et qui revient chez nous tout pareil. Sur le sujet des lieux de représentation, la maison Jean Vilar propose, à Avignon, jusqu’en novembre, une rétrospective de ceux les plus incongrus qu’a vu défiler le festival. Etonnant, si, si.

La Route du Levant, de Dominique Ziegler, mes Jean-Michel Van den Eeyden, du 11 au 24/01, théâtre National (Bruxelles), www.theatrenational.be, et du 28/02 au 01/03, théâtre de l’Ancre (Charleroi), www.ancre.be

La Vedette du Quartier, de et avec Riton Liebman, collaboration à la mes Jean-Michel Van den Eeyden, du 20 au 24/02, théâtre de Poche (Bruxelles), www.poche.be, du 27/02 au 10/03/18, La Vénerie, www.lavenerie.be et du 25 au 27/04/18, L’Ancre, www.ancre.be

Tabula Rasa, de Violette Pallaro, les 8 et 9/03/18, théâtre de l’Ancre (Charleroi), www.ancre.be

Walking Thérapie, 12/08 à 14h et 13/08 à 14h30 & 17h, Festival de Spa, 19 & 20/08, Festival de Chassepierre, 26 & 27/08, 23/09, Festival Les Unes Fois d’un Soir, Huy, 22/05 au 03/06/18 au Théâtre National (Bruxelles)

Lieux insolites du Festival d’Avignon, maison Jean Vilar, jusqu’au 20/11, www.maisonjeanvilar.org

Pour se régaler
Les carmes et leurs trésors

La place des Carmes, son cloître aérien et ses terrasses gourmandes : de loin, ma préférée à Avignon. Pour manger sur le pouce, à n’importe quelle heure, même très tard, c’est salade grecque ou mezze à la Taverne Avedis. C’est bon, c’est fait maison – on voit quelques grands-mères grecques préparer en live les assiettes dans la salle arrière – c’est une immense terrasse sous les platanes. Et c’est gentillesse du patron. Pour me faire plaisir, je file au jardin. Celui des Carmes. Au jardin des Carmes donc, restaurant plus élaboré, gourmand et gourmet, mets locaux à l’honneur. Terrasse à l’arrière, loin de l’agitation. Tout bon. Pour un repas en groupe, ce sera la longue table partagée de l’épicerie bio du bout de la place. Plat du jour (végé et viande), jus frais, belle humeur et discussions échangées avec voisins de tablée. Et passage obligé à la petite boutique après pour quelques abricots et un pain bio.

Taverne Avedis, place des Carmes, 17, Avignon

Au Jardin des Carmes, place des Carmes, 21, Avignon

Retour aux Sources, rue des infirmières, 4, Avignon

Pour se cultiver
Le Palais, un obligé

On ne quitte pas la ville sans avoir visité le palais des Papes. Lui dont la cour d’honneur est écrin beau et haut à quelques pièces du festival (dont la magistrale et japonisante Antigone cette année), c’est un joyau historique et architectural, classé au Patrimoine Mondial de L’UNESCO. On le doit à deux papes à la folie bâtisseuse, Benoit XII et Clément VI. Ses travaux commencent en 1335 et ne prennent qu’une vingtaine d’années. Mon top trois de l’endroit, pour toi : les fresques des appartements des papes, le triptyque de Giovanni Di Tommasino Crivelli, enfin reconstitué au Musée du petit Palais et, au sortir du palais, la promenade vers le Rocher des Doms, et son point de vue sur le Rhône et le Villeneuve de mon cœur. Et puis, le pont (saint Bénezet, de son petit nom, celui sur lequel on danse en rond), c’est pas mal aussi. Bonus enfant (petit et grand) : la visite interactive et ludique. Bonus pour tous : la fraîcheur des salles de ce palais et de la petite chapelle du Pont Saint Bénezet. Penses-y, quand tu sueras sur une terrasse place de l’horloge. Ah, et oui, en août et septembre, le palais s’illumine : spectacle lumière en prime.

Palais des Papes, ouverture toute l’année, en août 9 à 20h30, de septembre à novembre, jusqu’à 19h, www.palais-des-papes.com

L’objet (souvenir) du jour
Pour prolonger l’heure de l’apéritif à la maison

Pour du sud dans tes valises, tu penseras à rapporter de l’anchoïade, spécialité du coin. Celle des Délices du Lubéron, chaîne de produits locaux à deux pas de la place de l’Horloge, est de bonne facture. A tartiner sur une fougasse; pas n’importe laquelle, la fougasse. Après des années d’études comparées en terres avignonnaises, je peux te dire que les meilleures, on les trouve à la Pause Gourmande. Goûte celle aux anchois, elle laisse sans voix. Après, avec l’anchoïade, celle aux olives ou aux noix, ce sera peut-être plus léger, moins salé. Bref, c’est toi qui vois. Avec ça, passe chercher un joli flacon de vin de pays chez Liquid. Conseils avisés compris. Et puis, de retour à la maison, tu trinqueras à ma santé et à mon Sud en beautés.

La Pause Gourmande, 14, place des Châtaignes, Avignon

Les délices du Lubéron, 20, place du Change, Avignon

Liquid, rue de la Bonneterie, 37, Avignon

Lire : "Jour 1. Arles. Où il est question de trains coquins, de photos et de piscine"

"Jour 2. Où on plonge dans le théâtre comme en amour"

"Jour 3. Où il est (ENCORE) question de train à l’arrêt, de chaleur et de coups de coeur qu’on se repasse pour le plaisir"

"Jour 4. Quand la température monte, qu’on se jette à l’eau et qu’on admire la vue. Entre autres."

"Jour 5. Où il est question de vent qui décoiffe, de pause italienne et de rythmes brésiliens qui font du bien."

"Jour 6. Où je côtoie l’art, façon stars."

"Jour 7. Quand le festival touche doucement à sa fin..."