Ce que votre smartphone fait à votre cerveau

Les smartphones sont devenus des éléments indispensables de notre vie. S’ils nous apportent beaucoup d’avantages, ils nous rendraient dépendants et nous mèneraient à la dépression.

Par Tiffany Sales. Photo : Pxhere. |

Toute la journée, nous sommes inondés par les notifications de notre smartphone. Le matin pour nous réveiller, l’après-midi pour nous avertir de l’arrivée d’un nouveau mail ou d’un message de notre ami ou encore le soir pour nous rappeler notre rendez-vous du lendemain. Ces petites interruptions dans notre vie nous semblent banales, voire logiques. A un tel point que 89% des étudiants américains avouent déjà avoir ressenti des vibrations « fantômes » dans leur poche, sous l’effet de leur imagination. Mais ces notifications ont un réel impact sur la santé.

Un état constant de stress

« Les notifications de nos téléphones entraînent nos cerveaux à être dans un état presque constant de stress et de peur », explique l'endocrinologue Robert Lustig à Business Insider. « Et être dans un tel état signifie que le cortex préfrontal, la partie de notre cerveau qui traite normalement certains de nos plus hauts fonctionnements cognitifs, se retrouve complètement détraqué ».

En effet, chaque fois que nous changeons de tâches, nous dégageons une dose de cortisol, hormone du stress, et stimulons la dopamine, hormone responsable de la sensation de plaisir. Autrement dit, le stress provoqué par les alertes incessantes du smartphones pousse à désirer davantage d’interruptions, stimulant la dopamine, ce qui crée un cercle vicieux et addictif. « Vous finissez par faire des choses stupides », explique le chercheur. « Et ces choses stupides ont tendance à vous causer des ennuis ».

Une perte de productivité

Selon les scientifiques, environ 97,5% de la population ne peut pas accomplir plusieurs tâches à la fois. Certes, nous pouvons conduire et téléphoner en même temps mais force est de constater que nous ne pouvons pas faire les deux sans compromettre nos capacités. Résultat, à chaque fois que nous faisons une pause pour répondre à une nouvelle notification, nous perdons non seulement notre temps mais aussi en productivité.

Selon le psychologue David Meyer, nous pouvons perdre jusqu'à 40% de notre temps de productivité à cause du temps nécessaire au cerveau pour “switcher” entre les tâches. En outre, déléguer certaines tâches à la technologie rendrait notre cerveau malade et plus paresseux selon les chercheurs.

Des jeunes adultes plus déprimés

Il a également été prouvé que la vérification de notifications notamment sur Facebook rendait les jeunes adultes déprimés. Les chercheurs qui ont étudié le bien-être émotionnel des étudiants ont en effet constaté un lien de cause à effet direct : plus ces derniers consultaient Facebook, plus ils étaient malheureux. Et cela ne s’applique évidemment pas uniquement à Facebook, mais à Internet en général. Enfin, avec nos smartphones, nous avons pris pour habitude de tout avoir et tout de suite. Si ces désirs ne sont pas assouvis, alors nous sommes insatisfaits.

Par ailleurs, dans les cas des médias sociaux, « la combinaison de la socialisation et de l’utilisation de nos smartphones pourrait demander un effort considérable à nos cerveaux ». Ce type de comportement social pourrait en effet « nécessiter plus de ressources en même temps », allant de notre cerveau à nos doigts.