C’est moi qui t’invite

Pas vraiment nouveau (il a ouvert il y a 3 ans et demi), Le Garage à manger a trouvé, depuis quelques mois ce qui semble bien être la formule magique.
Texte et photos Carlo de Pascale et Florence Hainaut. |

Le garagiste, c’est Joël Geismar. À la base, Joël, passé par le café des Spores, est aussi aux commandes du food truck El Camion, petite merveille pleine de choses à manger avec les doigts, qu’on retrouve le lundi au marché de Saint-Gilles et le jeudi à Forest.

El Camion a donc son garage. Dans cet immense espace (oui, c’était un vrai garage) qui communique avec la bouquinerie Pêle-Mêle, on petit-déjeune, goûte et déjeune du lundi au vendredi (de 14 à 23 € selon formule), on brunche le week-end (25 € – cris d’enfants inclus) et on dîne les vendredis et samedis soirs (seulement, dommage) à la carte ou en prenant le menu 3 services (32 €).

Florence au menu, Carlo à la carte

En entrée, navets braisés, beurre d’agrumes, orange. Cuisson courte des légumes, mais suffisante et surprise d’une entrée pas super sexy sur papier mais fabuleuse à la dégustation. De l’autre, pour Carlo, céleri-rave, œuf mollet, truffe et parmesan (15 €), joli contraste de moelleux croquant, bon et intense.

Le menu se poursuit avec un pot-au-feu de canard confit, légumes racines et combava, tandis que Carlo opte pour la crêpe de pois chiche farcie de ricotta, citron et blettes (18 €). La crêpe rappelle furieusement un plat phare de chez Racines, belle adresse de la chaussée d’Ixelles, mais l’hommage n’est pas une copie ! On finit avec une brioche de pain perdu et un vacherin aux poires de Temploux (7 €), des desserts “de cuisinier” parfaitement exécutés, délicieux.

À boire ?

On est - une fois de plus, serait-on tenté de dire - dans un temple du vin nature. En apéro, du Roc’ambulle, pétillant naturel (on dit pet’ nat’) plutôt léger (30 €) qui glisse tout seul et pour suivre, un Cheverny rouge (Rouillon du Clos du tue bœuf - 38 €) parfaitement équilibré.

Et donc, cette formule magique ?

Au Garage (un lieu dont Florence peut retracer de mémoire toutes les évolutions, elle a sa Quechua dans le fond, près du chauffage), c’est depuis quelques mois une émulation permanente entre Joël et le grand Ben en cuisine. Un duo qui s’amuse et se challenge. Avec comme résultat, un sans-faute sur toute la ligne.

Si par le passé, l’expérience pouvait parfois sembler inégale, le niveau a explosé et les formules, surtout aux prix cassés du midi, sont une affaire. Ah oui, il faut aimer les légumes, il y en a plein les assiettes.

Du coup, on ressort largement rassasiés, mais pas gavés, en ayant mangé quasi uniquement des aliments qui sont venus à pied se faire découper et cuire à la perfection par une équipe simple et souriante. Ici l’arrivée de la black box, très décriée par une partie de l’Horeca, n’a rien changé. Le resto, c’est encore meilleur quand c’est éthique ! Et toc.

Le Garage à Manger, 185 rue Washington, 1050 Bruxelles, T. 02 880 67 74, www.garage-a-manger.be