Comment gagner une heure par jour en cuisine ?

Le meal prepping a de beaux jours devant lui, car il mêle à la perfection deux données bien contemporaines : l'envie d'adopter une alimentation toujours plus saine et le besoin de composer avec des agendas toujours plus chargés. Pour éviter de passer trop de temps en cuisine, passons-le en une fois !
par Élisabeth Debourse. Photos Marie gourmandise. |

Après une journée de travail, il faut encore traverser les allées du supermarché, empaqueter, décharger, puis enfin cuisiner. Pour beaucoup d’entre nous, un début de soirée relax démarre donc après 21 heures… A cette heure-là, un "meal prepper" (ou "food prepper"), quant à lui, aura eu tout le loisir de s’offrir un cinéma, un apéro entre amis ou deux heures à ne rien faire dans son canapé.

Les disciples de la tendance, venue tout droit des États-Unis, sacrifient en effet quelques heures de leur week-end (ou d’un jour de la semaine, c’est selon) pour préparer leurs repas hebdomadaires ou de grandes quantités d’aliments en une fois. Ce qui leur permet d'emporter leur lunch au boulot et de passer directement du frigo à la table, parfois avec un rapide détour par le four, quand ils rentrent chez eux. Si pour certains - les organisés de nature - la tendance coule de source, pour d’autres, il s'agit d'une véritable révolution.

Après avoir observé les foodies d’Instagram en vanter les mérites, beaucoup préparent désormais dix repas en deux heures, ne se laissant plus aucune excuse pour zapper la case relax du week-end. Au-delà d'un emploi du temps plus agréable, c’est surtout la qualité et la quantité de ce qu’on mange qui sont influencées par le meal prepping. Car on fait des choix différents quand on est pressé, fatigué et qu’on a faim : on sera tenté de se diriger vers des plats plus riches et de manger des quantités plus importantes que si on avait préparé ses repas à l'avance.

Les quatre millions de clichés rattachés au hashtag #mealprep dépeignent une vie bien rangée dans des Tupperware et des abdos fièrement gainés. Si on peut s’en inspirer, il ne faut pas pour autant le prendre au pied de la lettre: le meal prepping, c’est aussi pratiquer la tendance à sa sauce. Le meal prepping est aussi un moyen de lutter contre le gaspillage : le congélateur permet de conserver certains aliments à peine entamés et de les réintégrer à d’autres repas. Pour garder toute la fraîcheur et la saveur des plats faits maison, les pros de la tendance recommandent de mettre au frais les portions les plus petites possibles, car elles congèleront de manière plus efficace.

Gain de temps et perte de poids

Le temps de pratiquer un sport, c’est ce qui manquait à Detchenma, trentenaire overbookée qui s’est mise au meal prepping il y a quelques semaines, après avoir observé les foodies d’Instagram en vanter les mérites. Chaque lundi, la jeune femme consacre désormais deux heures de sa journée à préparer dix repas, ce qui ne lui laisse plus aucune excuse pour zapper la case fitness les autres soirs.

Au-delà d’un emploi du temps plus agréable, ce sont surtout la qualité et la quantité de ce qu’on mange qui sont influencées par le meal prepping. On fait des choix différents quand on est pressé, fatigué et qu’on a faim, confirme Perrine Errard, diététicienne nutritionniste qui conseille régulièrement à ses patients de se mettre à la tendance. On sera tenté de se diriger vers des plats plus riches et de manger des quantités plus importantes que si on avait préparé ses repas à l’avance.

Tendance anti-gaspi

La plupart des Instagrammeurs qui ont inspiré Detchenma sont souvent des aficionados de la nourriture saine ou des gourous du fitness. Les quatre millions de clichés rattachés au hashtag #mealprep dépeignent une vie bien rangée dans des récipients en verre ou plastique et des abdos fièrement gainés.

Si on peut s’en inspirer, il ne faut pas pour autant le prendre au pied de la lettre : le meal prepping, c’est aussi pratiquer la tendance à sa sauce. C’est en tout cas comme cela que le conçoit Marie Gourmandise, bloggueuse food de 32 ans qui, malgré sa passion de la cuisine, préfère parfois le canapé aux fourneaux. Je suis nulle en proportions, confesse-t-elle, alors quand il y a des restes, je congèle tout en portions individuelles.

Pour Marie, le meal prepping est surtout un moyen de lutter contre le gaspillage : le congélateur – un super allié ! — lui permet de conserver certains aliments à peine entamés et de les réintégrer à d’autres repas. Pour garder toute la fraîcheur et la saveur des plats faits maison, les pros de la tendance recommandent de mettre au frais les portions les plus petites possibles, car elles congèleront de manière plus efficace. Si vous choisissez de préparer certains légumes à l’avance, indique Perrine Errard, pensez à les blanchir quelques minutes à l’eau chaude, avant de les plonger dans l’eau froide et ensuite de les sécher soigneusement. Ils garderont ainsi la majeure partie de leurs propriétés.

Pratique et économique

Lucie, trentenaire célibataire, pratique le meal prep de manière quasiment non intentionnelle : Généralement, quand il n’y a plus rien dans le frigo, je vais faire des courses puis je prépare un maximum de choses en cuisine. Je remplis mon cuiseur vapeur d’aliments que je mangerai au fil de la semaine, et remplis tous les matins une boîte à bento avec toutes les bonnes choses du frigo.

L'objectif premier de Lucie était clair : manger plus sainement. Mais elle s’est ensuite rendu compte que confectionner ses repas à l’avance représentait un réel avantage financier. Additionnez le prix de vos sandwichs et autres plats de la cantine et vous constaterez rapidement que votre note flambe ! Pour dix repas, je paie entre 40 et 60 €, soit plus ou moins 300 € par mois.

En cuisine comme à la guerre

Si ce dernier argument vous a donné l’impulsion de ressortir votre panoplie de sacs congélation, il est nécessaire de s’asseoir quelques instants pour préparer l’expédition des courses, car c’est dans l’organisation que réside la clé du food prepping, surtout si l’objectif n’est pas de manger la même chose toute la semaine. Souvent, mes patients manquent d’idées et d’originalité, poursuit Perrine Errard. Si d’un point de vue nutritionnel, la professionnelle ne voit pas d’inconvénient à manger plusieurs repas identiques, elle conseille néanmoins de privilégier la diversité. Detchenma essaie quant à elle d’aborder la tendance de façon ludique : Je vois un peu comme un challenge le fait de devoir trouver chaque semaine différents repas qui vont me plaire et être inventive.

Et pour réussir ce défi, le réseau social Pinterest regorge d’idées, si vous tapez “meal prep” en mot-clé. Mais l’essentiel reste surtout, pour la diététicienne, de préférer les produits frais, riches en vitamines, locaux et de qualité. Un produit bas de gamme perdra en saveur après quelques jours, absorbera l’eau ou se desséchera, explique-t-elle. Le meal prep a de beaux jours devant lui, car il mêle à la perfection deux données bien contemporaines : l’envie d’adopter une alimentation toujours plus saine et le besoin de composer avec des agendas toujours plus chargés. 

5 conseils pour meal prepper comme un chef

• On coupe ses légumes en petits dés, en lamelles ou en spaghettis, pour égayer une assiette triste. Des nouilles de courgette resteront fraîches au frigo trois à cinq jours, les carottes, les oignons ou les poivrons correctement emballés une semaine.
• L’idéal serait de préparer ses repas dans la foulée des courses, afin de cuisiner les ingrédients frais.
• L’astuce de Marie Gourmandise : placer dans un bac à glaçons le jus d’un demi-citron dont on ne se sert pas ou les aromates un peu fanés qu’on aura mélangés avec de l’huile.
• Stockez les différentes préparations dans des récipients bien hermétiques, comme des bocaux en verre, sous peine qu’ils perdent en goût. Si vous conservez vos repas dans un réfrigérateur maintenant une température de 4 ºC, vous serez parés pour trois jours.
• Pour qu’une salade reste fraîche longtemps, empilez dans un grand bocal en verre la vinaigrette – toujours en dessous –, les concombres ou poivrons et le quinoa, puis la salade. On surmonte le tout d’un essuie-tout qui absorbe l’excès d’humidité.

Les comptes Instagram qui inspirent
• L'heureux papa derrière @mealprepmondays prouve que la tendance s’adopte aussi en famille, avec des boîtes à tartines qu’on est fier de déballer à la cantine.
• La blogueuse @mariegourmandise alimente un compte frais et coloré, dans lequel on trouve plein d’idées. Comme cette "noodle jar", que son barbu a adopté pour les midis au boulot.
• @mealprepsociety est le compte ultime des amoureux de l’ordre dans l’assiette. Des centaines de repas s’alignent sur ce compte Instagram, qu’on fait défiler sans modération
.