L'Eau Rouge, le nouveau resto aux allures bourgeoises

Florence, je t’emmène dans le Brabant wallon, ça te changera de tes cantines saint-gilloises. Allons à l’Eau Rouge, c’est tout nouveau et, promis, le sommelier aura les cheveux courts et sera bien rasé  !

Texte et photos Carlo de Pascale et Florence Hainaut. |

En fait j’avais très envie d’y aller, parce qu’en cuisine de ce tout nouveau restaurant aux allures bourgeoises voulu par Olivier et Catherine Lust, on retrouve Benjamin Laborie. Ce cuisinier formé chez Michel Bras, on l’a connu récemment au Colonel où, outre la cuisson parfaite des viandes rouges, il réalisait des suggestions bien tournées, de vrais souvenirs gustatifs bien accrochés à mes papilles.

Donc, en ce soir de mai, trois jours seulement après l’ouverture, une villa en bord de Nationale 5, avec une déco sans points saillants particuliers ni faute de goût. Des bagnoles au mur (d’où le nom : Eau Rouge, le virage à Francorchamps, tu saisis ?), une BMW M4 à 431 cv garée devant la porte et une très belle terrasse tout à fait à l’écart de la Nationale avec vue sur le champ de bataille (de Waterloo). Il fait chaud, on reste dehors.

La carte

Menu quatre services, mises en bouche de haut niveau, qui aiguisent l’appétit tout en étant d’une parfaite gourmandise. Puis, ce soir-là, cochon crousti-moelleux, sorbet petits pois et oignon nouveau. Ensuite, un tronçon de homard, espuma de bisque, feuille de romaine farcie de légumes et… un pigeon. Je sais, je ne fais rien que ça, manger du pigeon. Mais tonnerre, j’adore. Un pigeon, donc, à la cuisson parfaite de chez parfaite, avec une polenta crémeuse très réussie. Quant au dessert, il fait des galipettes autour de la fraise, avec un sorbet au mascarpone qui vient soutenir ce repas où le crémeux n’a jamais été gras, mais toujours intense et simplement savoureux.

Côté vins, on est en Brabant wallon. On ne va donc pas boire ces vins déviants si chers à Florence. Et à vrai dire, à l’heure où j’écris ces lignes, ceux consommés ce soir-là avec grande modération (nous prenions la route) m’ont laissé le souvenir de blancs qui tenaient la route sans faire de flammes, à confirmer quand le sommelier – à l’accueil très prévenant – aura finalisé sa sélection, et qu’on reviendra avec un Bob.

L’addition

L’addition ? 169 €, mais on y a été particulièrement mollo sur le vin. Notre menu (baptisé “Ligne droite”) était tarifé à 70 €, mais il y a déjà un menu “Départ” 3 services à 45 € et, à midi, un lunch deux services à 25 €. Ah oui, il y a aussi un menu “Courbe”, toujours les références aux circuits automobiles…

On y retourne ? Oui ! Benjamin Laborie a tout d’un grand, y compris cette fragilité d’artiste perpétuellement insatisfait. Et on l’aime pour ça aussi ! 38 chaussée de Charleroi, 1380 Plancenoit. T. 02 385 05 31. http://leaurougerestaurant.be. Ouvert du lundi au vendredi de 12 à 14 h et de 19 à 21 h 30