L'esprit de Noël ? C'est dans la tête !

Une équipe de chercheurs danois a localisé l'esprit de Noël dans notre cerveau. Les zones cérébrales liées à la spiritualité et aux partages des émotions s'activent tout particulièrement chez ceux qui sont fidèles à la tradition.

Par AFP. Photo : © svetikd/Istock.com. |

Le fait d'être réceptif à l'esprit de Noël dépendrait de notre cerveau, selon une étude danoise, publiée dans le "British Medical Journal (BMJ)".

En effet, des millions de personnes ne seraient pas sensibles à la magie de Noël, à ces joyeux et nostalgiques sentiments, aux odeurs agréables, à la bonne nourriture, la chaleur humaine et à la solidarité, associés à la fête traditionnelle, selon les résultats de cette nouvelle étude. Les scientifiques qualifient ce phénomène de "syndrome d'escroquerie".

L'équipe de chercheurs de l'hôpital danois Rigshospitalet, affilié à l'université de Copenhague, a tenté de localiser "l'esprit de Noël" dans le cerveau en utilisant l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRM). Ce scanner permet de voir quelles sont les zones du cerveau qui s'activent sous l'effet de processus mentaux. 

Ils ont suivi vingt personnes en bonne santé vivant dans la même zone géographique. La moitié d'entre elles avaient l'habitude de célébrer Noël, contrairement à l'autre non fidèle à la tradition.

Chaque participant a passé le scanner après avoir visionner 84 images avec des lunettes vidéo, 2 secondes chacune. Ensuite, les chercheurs leur ont montré 6 images consécutives avec un thème de Noël, puis 6 par jour. Après l'examen, tous les participants ont rempli un questionnaire concernant leurs traditions de Noël, leurs sentiments associés à cette fête et leur appartenance ethnique.

Des zones cérébrales liées à la spiritualité et aux partages des émotions

Les résultats de l'IRM montrent que cinq zones distinctes du cerveau s'activent de manière plus importante chez les personnes qui ont pour habitude de célébrer Noël. Ces zones sont associées à la spiritualité, à la reconnaissance des émotions du visage, aux sens somatiques, parmi d'autres.

Il s'agit du cortex moteur primaire gauche, du cortex prémoteur, du lobe pariétal inférieur gauche et supérieur ainsi que du cortex primaire bilatéral somatosenseur.  

Les chercheurs constatent, par exemple, l'activation des lobes pariétaux gauche et droite connus comme pouvant jouer un rôle dans la transcendance de soi, un trait de personnalité quant à la prédisposition à la spiritualité.

De plus, le cortex prémoteur frontal est important pour éprouver des émotions partagées avec d'autres par un phénomène de copie de son propre état. 

Les chercheurs estiment qu'il faudra des études plus approfondies pour comprendre l'esprit de Noël et identifier d'autres circuits neuronaux qui entrent en jeu au moment d'autres fêtes comme Pâques, Hanukah, l'Aïd et Diwali.

"Bien que joyeuses et fascinantes, ces découvertes doivent être interprétées avec la prudence", expliquent les auteurs de l'étude. "On ne peut pas entièrement expliquer un phénomène aussi magique et complexe que l'esprit de Noël en se limitant à la lecture d''une carte cérébrale".