Moins de chevaux, plus de fun !

Même chez Ferrari, on pratique désormais le « downsizing », cette tendance qu’ont les constructeurs à proposer de plus petits moteurs pour réduire consommations et émissions polluantes. C’est le cas de cette GTC4 Lusso qui adopte un moteur turbo…
Par notre envoyé spécial à Sienne, Stéphane Lémeret |

Décidément, ce modèle de Ferrari plutôt atypique n'a pas fini de faire jaser ! En plus d'offrir deux vraies places à l'arrière et un coffre, voilà que la GTC4 Lusso propose un « petit » moteur 3,9 litres V8 bi-turbo. Peut-il flatter tous les sens comme le fait son gros 6.3 litres V12 atmosphérique (qui reste disponible) ?

Pour rappel, née « FF » début 2011, cette Ferrari excentrique avait fait la révolution dans sa noble famille, avec ses allures de break de chasse, sa banquette rabattable et ses 4 roues motrices. L'an dernier, elle a été revue tout en changeant de nom (GTC4 Lusso). Mais aujourd’hui, nouvelle révolution : cette Ferrari propose un 3.9 V8 bi-turbo, emprunté aux petites sœurs au cheval cabré (California T et F488). Mais attention, avec 610 chevaux, une vitesse maximale de 320 km/h et une consommation en baisse par rapport au V12 de 690 chevaux, nous sommes certains que cette version ne sera pas si « mal-aimée » que cela. Et ce, pour encore d'autres raisons...

Des dépenses en baisse

Tout d'abord, même si l'argent n'est sûrement pas un problème pour les propriétaires de ce genre de bolide, le tarif de base est en baisse de... 36.000 € (le prix d'une Alfa Romeo Giulia !) par rapport à la version V12 ! La consommation de carburant fond également (11,6l/100km), autorisant une autonomie plus importante de 30% (comptez 780 km selon les normes). Et puis, cette GTC4 Lusso perd sa transmission intégrale 4x4 pour se transformer en pure propulsion (roues arrière motrices). De quoi offrir un comportement plus joueur.

Balade en Toscane

Véritable GT, cette Ferrari sait tailler la route dans un relatif confort grâce à la suspension pilotée. Mais en passant en mode Sport, les clapets de l’échappement s’ouvrent et le moteur change de ton. Les performances impressionnent, cette version T ne rendant d’ailleurs qu’un dixième de seconde au V12 sur le 0 à 100 km/h. Ce qui change par rapport à ce dernier, c’est bien sûr le caractère. Si le bon gros V12 grimpe jusqu’à 8.250 tr/min, le V8 bi-turbo se cabre lui à 7.500 tr/min. Mais le petit V8 suralimenté reste hargneux jusqu’à la zone rouge et son couple plus élevé (760 Nm contre 697 Nm pour le moteur atmosphérique) assure une poussée plus marquée à bas et mi-régimes. Le châssis suit toujours bien le rythme, d’autant que cette variante V8 propulsion, avec 55 kg de moins, est plus agile. Le tout sans être piégeuse, grâce à son excellent équilibre. Le prix de cette version turbo ? 232.178€ TVAC. Eh oui, ça reste bien une Ferrari !