Pourquoi aime-t-on certains aliments plutôt que d’autres ?

Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Mais qu’est-ce qui fait que vous préférez un aliment à un autre ? On vous explique !

Par Tiffany Sales. Photo : Pinterest. |

Les fraises. Toute votre famille en raffole ! Sauf… vous. Rien que l’idée de porter ne serait-ce qu’un morceau de ce fruit à votre bouche vous répugne. Mais comment se fait-il que le palais des membres de votre famille l’apprécie alors que vous, pas du tout ?

Des gènes en partie responsables

Si nous savons chacun distinguer très clairement les saveurs (sucré, salé, acide et amer), leur perception allant de nos papilles gustatives jusqu’au cerveau dépend en partie de nos gènes. Ainsi, même si votre voisin goûte la même boisson que vous, ce ne sont pas les mêmes signaux électriques qui gagnent le cerveau. Des signaux qui influencent tous nos sens comme la vue, l'ouïe, le toucher et surtout l'odorat, qui génère à lui seul environ 80 % des sensations liées au goût.

Le rôle de la mère

La mère joue également un rôle déterminant dans l’évolution du comportement alimentaire avec l’allaitement. On remarque ainsi que les enfants qui ont été allaités plus longtemps ont des préférences plus stables et consomment une plus grande variété d’aliments. Cela s’explique en partie par le fait que les goûts et les odeurs des aliments consommés par la mère sont également présents dans le lait maternel. « Plus l'alimentation est diversifiée, plus l’enfant va échantillonner des goûts et odeurs variés », explique Roland Salesse, chargé de mission à la culture scientifique de l’Inra à Madame Figaro.

Ce que donne les parents à leurs enfants jusqu’à 2-3 ans va également beaucoup influer sur les préférences de ce dernier. Une étude a été menée avec les fromages par exemple : des enfants qui n’en ont pas du tout consommé durant leurs premières années de vie n’en consomment toujours pas quelques années plus tard. A l’inverse, les jeunes amateurs de fromage continuent à les apprécier au début de l’âge adulte…

Souvenirs quand tu nous tiens...

Enfin, les aversions ou les coups de cœur pour certains aliments surviennent souvent à la suite de mauvaises ou de bonnes expériences. Chaque aliment que nous savourons donne des indices olfactifs et gustatifs qui sont traités par des noyaux du cerveau comme l’amygdale et l’hippocampe, liés aux émotions et aux souvenirs, explique Roland Salesse toujours à Madame Figaro.

Ainsi, si un plat vous rappelle de bons souvenirs, il y a de fortes chances que vous allez l’adorer. Rappelez-vous ce passage dans le film Ratatouille où le mets de légumes mijotés transporte le critique culinaire, Anton Ego, dans les plus beaux souvenirs de sa tendre enfance à chaque nouvelle cuillerée.