Un 80e organe découvert dans le corps humain qui pourrait aider à lutter contre le cancer

Une étude révèle la présence de l’interstitium, potentiellement le plus grand de nos organes, resté invisible jusqu’à aujourd’hui à cause des techniques de microscopie utilisées. Une découverte qui pourrait expliquer la propagation de certains cancers.

Par Tiffany Sales. Photo : Pinterest. |

Après la découverte d'un 79e organe, le mésentère (présent dans le système digestif), en janvier 2017, un 80e organe a aujourd'hui été découvert par des chercheurs américains : l’interstitium. Potentiellement le plus gros organe du corps humain. Cette couche de tissus retrouvée sous la surface de la peau et le long du système digestif, des poumons et des voies urinaires, autour des artères et des veines, et entre les muscles, était déjà connue des chercheurs. Mais une étude américaine, publiée le 27 mars 2018 dans la revue Scientific Reports, révèle que cette dernière n’est pas « compacte » comme les scientifiques le pensaient. Il s’agit en réalité d’un vaste système interconnecté de compartiments remplis de fluide et soutenus par un réseau de protéines fortes (collagène) et flexibles (élastine).

Si cela n'avait pas été découvert jusqu'ici, c'est parce que la méthode traditionnelle de préparation des lames de microscope détruisait la structure de l'organe. En effet, lorsque les scientifiques préparent des échantillons de tissus pour ces lames, ils traitent les échantillons avec des produits chimiques, les découpent en fines tranches et les colorent pour mettre en évidence leurs caractéristiques. « Mais ce processus de fixation évacue le fluide et provoque l'effondrement des nouveaux espaces remplis de fluide »explique le site LiveScience.

Les résultats de cette étude s’appuient donc sur une technologie plus adaptée : l'endomicroscopie confocale à base de sonde, permettant une observation cellulaire en temps réel en visant une lumière laser sur les tissus vivants.

Une avancée dans la lutte contre le cancer

Cette structure « interstitielle » qui devra d'abord être validée comme véritable organe par la communauté scientifique, pourrait apporter un éclairage nouveau sur « la fonction de tous les organes, de la plupart des tissus et des mécanismes de la plupart des maladies majeures ». Notamment le cancer. Car « cette couche est une autoroute de fluide en mouvement », explique le communiqué, ce qui pourrait aider le cancer qui l'envahit à se propager dans tout le corps.

Une découverte qui pourrait conduire à des avancées spectaculaires en médecine, « comme la possibilité d'échantillonner directement du liquide interstitiel et en faire un puissant outil de diagnostic », explique Neil Theise, cité par The Independent.