Voyager sans argent : les conseils de trois blogueuses

Ces blogueuses ont tous un point commun : elles voyagent depuis des années sans dépenser d’argent, ou presque. Voici leurs tuyaux.

Par Tiffany Sales. Photo : Flickr - Alex Smith. |

Si certains pensent que voyager sans argent est de l’ordre de l’impossible, d’autres, comme les blogueuses nomades que nous présenterons dans cet article, en ont fait leur mode de vie. Et vous verrez qu’avec un peu courage, de folie et surtout, de bons tuyaux, voyager fauché ne relève pas de l’utopie. Mais alors, comment s’y prendre ? On vous révèle quelques-unes de leurs astuces ingénieuses !

Les conseils de « Globestoppeuse » pour se déplacer

Blog d'Anick-Marie, nomade depuis 2005, ayant déjà parcouru plus de 150.000 kilomètres en stop au Canada et en Europe

Son livre du moment : "La terre n’est qu’un seul pays" d'André Brugiroux.

L’auto-stop : bien qu’il soit économique et qu’il permette de faire de belles rencontres, le stop véhicule souvent une image inquiétante. Et c’est totalement compréhensible. Qui n’aurait pas peur d’être pris par un dangereux psychopathe ? Toutefois, Anick-Marie privilégie ce moyen de transport lors de tous ses voyages à l’étranger pour son parfum de liberté, d’aventure mais aussi pour sa gratuité. 

« Je conseille Hitchwiki, un portail contributif multilingue international de l’auto-stop qui regorge de conseils, de points de départ, etc. Occasionnellement, je consulte également le Pouceux, WikiTravel et les forums du Lonely Planet anglophone», déclare-t-elle dans une interview accordée à bien-voyager.com.

Il existe également des cartes d’auto-stoppabilité qui indiquent le degré d’aisance avec laquelle on peut se déplacer en auto-stop dans une région ou un pays donné.

Outre, l’auto-stop, la blogueuse emprunte parfois d’autres méthodes plus alternatives comme l’avion-stop, le bateau-stop ou encore le train-stop qui consistent à solliciter des pilotes, capitaines ou conducteurs de train pour qu’ils vous prennent avec eux dans leur avion, bateau ou train sans contrepartie financière. 

Le covoiturage : solution qui a le vent en poupe pour son côté économique, le covoiturage compte un sacré avantage par rapport à l’auto-stop : vous savez où vous partez et où vous allez. Le principe est simple, le conducteur et ses passagers conviennent à l’avance d’un lieu et d’une heure de rencontre et de dépôt et les coûts du transport sont partagés équitablement entre les protagonistes. Site : www.blablacar.fr.

Nos autres astuces outre la marche et le vélo (si vous avez un peu de sous) :
Le troc de billet : Il existe de nombreux sites spécialisés dans la revente de billet de trains pour trouver des trajets à petit prix (www.trocdestrains.com - www.kelbillet.com - www.zepass.com). 

Les conseils de « Histoire de tongs » pour manger à sa faim

Blog d’Astrid, 30 ans, nomade depuis septembre 2013

« On me reproche bien souvent ma foi en l’Homme, qualifiée sévèrement de naïve et d’utopique, mais ne serait-ce pas le plus beau défaut du monde? »

Le dumpster-diving : « grâce aux rencontres que j’ai pu faire sur ma route, j’ai découvert le dumpster-diving ou glanage alimentaire : plonger dans les poubelles afin de sauver des déchets pourtant tout à fait comestibles ». Mais où aller pour pratiquer ce type de glanage ? 

  • Dans les marchés de fruits et légumes : « à l’heure de la clôture, les produits invendus et en fin de vie sont souvent dans des cagettes sous les stands des commerçants (demandez-leur gentiment). Sinon, vous les trouverez directement dans les poubelles ».
  • Dans les épiceries : « elles sont souvent plus accessibles que les supermarchés (pas de vigile, de local fermé à clefs, de caméras…), il ne vous reste plus qu’à tenter votre chance ».
  • Dans les commerces de bouche : à savoir les boulangeries, snacks, pizzerias. « Beaucoup de petits commerçants vous donneront quelques denrées censées être mises au rebut si vous leur demandez poliment ».

Son site préféré pour trouver de bons spots: Trashwiki

Le table-diving : signifiant littéralement « plonger à table », ce concept consiste à récupérer de la nourriture abandonnée sur les tables des restaurants avant que celle-ci ne soit jetée à la poubelle. « J’apprécie tout particulièrement le table-diving, car dans beaucoup de pays en développement, il me semble compliqué de faire du dumpster-diving ». 

La récupération d’invendus auprès des commerçants : pour ceux qui ne sont pas à l’aise avec les propositions citées ci-dessus, il vous reste une solution : demander directement aux employés des petits commerces s’ils peuvent vous donner leurs invendus du jour.  « Cela fonctionne très bien auprès des boulangeries et des snacks par exemple ». 
 
Internet et les groupes Facebook : il existe sur internet et sur les réseaux sociaux de nombreuses communautés qui donnent gratuitement la nourriture qu’ils ne veulent plus ou qu’ils n’ont pas le temps de consommer. Ou encore des freegans qui ont glané de la nourriture en trop grande quantité. « Jetez-y un œil, cela vous permettra de rencontrer des habitants par la même occasion ! ».

Pour se désaltérer, la blogueuse conseille de remplir votre bouteille dans les sanitaires, dans les fontaines ou de demander poliment dans un café.

Les conseils de « L’aventurière Fauchée» pour trouver un toit

Blog de Sarah, 23 ans, nomade depuis 2016

«  Un jour, j’ai traversé huit-cent kilomètres sur un coup de tête, et je ne suis jamais vraiment rentrée. »

Faire du volontariat ou de l’humanitaire : Le principe est simple, vous travaillez comme volontaire dans une entreprise, administration, mission de solidarité et en échange, on vous héberge. « Grâce à la plateforme Workaway. J’étais nourrie et logée en échange de quelques heures de travail avec les enfants de la communauté qui m’accueillait ». 

Faire du Couchsurfing : inventé en 2004, le site couchsurfing.org vous permet de trouver des hôtes qui vous accueilleront gratuitement pour une ou plusieurs nuits, sur un coin de leur canapé ou dans un lit douillet. « Si je ne trouve personne pour m’accueillir, je recherche un hôte directement dans la rue ou sur internet ». 

Faire du WWOOFING : « J’espère trouver de jolis coins sur ma route pour faire du Woofing ». Le principe ? Aider une famille en vous investissant dans des activités liées à l'écologie (jardin, potager, animaux...) et en contrepartie, elle vous loge et vous nourrit. Site : http://wwoof.net 

Dormir à la belle étoile (ou pas) : « Des fois je n’ai pas le choix et je me repose là où je peux : stations-service, gares, aéroport, entre deux étages d’un immeuble. Mais dans ces cas-là je ne dors jamais vraiment, j’attends le matin et je repars ».

Nos autres astuces : 
Devenir au pair (entre 18 et 30 ans) :
découvrez le quotidien d’une famille d’accueil à l’étranger en l’aidant dans la garde de ses enfants. En contrepartie, vous serez logé, nourri et blanchi. Site : www.aupairworld.com 

Faire du house ou pet-sitting : séjournez dans une maison et occupez-vous de son entretien ainsi que des animaux pendant que les propriétaires sont en vacances. Sites : www.trustedhousesitters.com / www.housecarers.com 

Si ces blogueuses prouvent à la société que d’autres modes de vie que celui qui nous est "imposé" dans nos sociétés occidentales sont possibles, beaucoup les qualifient de « profiteuses » ou encore de « sans-gênes ». On me dit souvent : « Tu n’as pas honte de profiter des gens comme ça !? », raconte Sarah sur son blog. Une question qui l’a beaucoup obsédée, « Je suis passée par tout un tas de caps, je me suis vraiment sentie honteuse, moi, femme blanche, qui plus est Suissesse, de subsister en partie grâce à l’argent des autres (…). Cette façon de voyager remet en cause tous les codes de notre système de valeur », poursuit-elle.

Mais après après réflexion, la jeune femme voit plutôt cette façon de voyager comme quelque chose d’authentique, de sain. « Ce que je recherche, c’est partager, dormir sur le sol de locaux que je ne connais pas et plaisanter avec eux en trois langues. Leur raconter des histoires, les écouter se moquer du nouveau président Français, en rire aux larmes et trinquer à notre drôle de rencontre. C’est ça que j’aime par-dessus tout. Après tout, les rapports humains ne se détériorent-ils pas, ou en tout cas ne se biaisent-ils pas à cause de l’argent ? », conclue-t-elle. Cela mérite réflexion.