Balthasar, un lieu historique dédié à l’art en plein Sablon

Des allures d’anciennes halles. Des dorures et peintures en relief. Ce bâtiment centenaire abrite un concept store surprenant au cœur du Sablon. Embarquez pour une odyssée historique et artistique en compagnie de K. van Strijthem, gardienne des lieux.   

Par Perrine Dor - @Balthasar |

Dès l’entrée, le ton est donné. Sur cette place chic et branchée des Sablons où les marques de luxe côtoient les boutiques de créateurs, une façade interpelle l’œil du visiteur qui ose s’y perdre. Les astragales et autres arabesques animalières parsemant la devanture ont de quoi laisser pantois. Serait-ce une enseigne de mode autour de la fourrure comme le laisse suggérer le nom « R. Mallien Fourrures » ? Au vu des objets d’art aperçus à travers les vitrines, cette époque semble bien révolue…A peine le temps d’en admirer quelques-unes qu’un des hôtes des lieux, Guilhem, s’empresse de venir vous accueillir et vous renseigner Mme. Van Strijthem, la propriétaire, pour une visite des nombreux étages. 
A ce moment précis, sur ce pas de porte en fer forgé digne d’un hôtel de luxe parisien, vous ne vous doutez pas que vous êtes sur le point d’entrer dans un univers atypique, chargé d’histoire où l’art est le maître-mot. 
 

L’alliance entre l’ancien et le moderne

Ce concept store bruxellois a pris vie ce 17 mai 2020, une ouverture qui sonne comme un hommage à l’histoire des lieux. En effet, il y a 100 ans exactement, en 1920, le bâtiment, datant de 1840 et propriété à cette époque de la famille Malien, abritait un négoce de fourrures.  Toujours à cette même adresse, le 40 Place du Grand Sablon, les peaux de bêtes ont laissé la place à d’autres arts, certains figés, d’autres plus vivants.  

Actuellement, les 4000 m2 d’origine sont le terrain de jeu des créateurs et designers en tout genre : de la mode à la décoration en passant par l’orfèvrerie notamment. L’aspect originel des lieux a été conservé. Toutefois quelques pièces kitsch, tel un zèbre sur pieds, animent ce décor raffiné empreint de dorures et peintures rappelant le riche passé de la maison. Notre guide d’un jour vous emmène dans des dédales de couloirs en faisant un crochet par l’atelier de taxidermie, clin d'oeil implicite à leur héritage culturel. Un peu plus loin, vous avez même l’occasion de vous poser au calme dans un coin jardin où il fait bon de siroter un apéritif ou un café. 

L’art est présent comme un fil conducteur : de la structure aux pièces maîtresses exposées. K. van Strijthem avoue: « en ce qui concerne les créateurs, nous cherchons l’originalité, la qualité et surtout le made in Europe le plus possible. ». 
L’âme des lieux a une importance fondamentale pour elle. Elle confie qu’ « Il faut toujours se trouver dans un bâtiment où l’on ressent le « flow « , l’énergie. Mon frère et moi, qui avons racheté cette bâtisse, avons testé plusieurs concepts et sommes tombés sur celui-ci. Un coup de cœur ! ». 

Loin d’être un simple lieu où l’on expose de l’art sous toutes cette couture, cet endroit se veut différent. Celle-ci précise qu’ils ont accordé beaucoup d’importance à « ne pas simplement poser les objets comme cela mais créer des synergies et des échanges entre les créateurs, mais aussi avec le public ».  A cet effet, elle ajoute que certaines collaborations ont même eu des retombées positives. En effet, un maroquinier et un joaillier, tous deux exposés, ont eu l’idée de créer un sac de voyage en mêlant leurs deux disciplines. Les exposants sont présents pour minimum 2 semaines. 

 

 

 

Un lieu, plusieurs formes d’art

Déambulant nonchalamment entre le rez-de-chaussée, dédié à l’accueil avec un bar intégré, au 2ème étage, consacré surtout aux pièces fashion, vous aurez l’occasion de découvrir des travaux d’artisans des temps modernes. De la technique de la cire perdue de chez Mass Lee au verre soufflé écologique de chez KuunDesign, les technicités d’autrefois et d’aujourd’hui sont au rendez-vous. 
Cependant vous ne pourrez guère continuer à gravir les marches de cette maison. En effet, cette partie n’est pas accessible pour l’instant.  Il vous faudra vous munir d’un peu de patience : comme elle l’explique : « Le 3ème étage, consacré surtout à la photographie et à la sculpture ouvrira ses portes en septembre ». De quoi ravir ceux qui souhaitent en apprendre davantage sur le lieu. 

Soucieux de garder un lien entre tous ces acteurs, K. van Strijthem a mis sur place un réseau « afin de fédérer les différents artistes qui posent leurs valises chez nous ». Ceux-ci sont à retrouver sur le site web du concept store, ici.
Vous redescendez marche après marche les étages et arrivez là où tout à commencer. Vous avez l’impression d’avoir vécu une escapade dans le temps.  Certes, le voyage fut de courte durée, le temps d’une pause entre copines ou d’un moment de flânerie après le travail. Toutefois, si vous souhaitez prolonger l’expérience, sachez que vous pouvez participer au shopping nocturne que Balthasar organise tous les jeudis jusque 21h avec un cocktail à 18h30 !

Et puisqu'on ne célèbre jamais assez son héritage culturel, Balthazar compte bien fêter les 100 ans des lieux. A l’occasion, revisitant l’époque des années folles, celle de « The Great Gatsby » entre autre,  une soirée exclusive limitée à 50 invités aura lieu le 28 octobre prochain. A vos agendas ! 

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