Ce que l’intelligence artificielle apporte à la beauté

Réalité augmentée, chatbots… nous sommes entrés de plain-pied dans le monde du futur. Comment l’intelligence artificielle réinvente-t-elle le domaine de la beauté ? Petit tour d’horizon côté soins, maquillage, coiffure et parfum.

Par Belen Ucros. Photos D.R., Pixabay. |

Le Deep Learning au service de la cosmétique

Pour mesurer l’efficacité de son nouveau soin anti-âge Sérum Capture Totale C.E.L.L. Energy, Dior a fait appel au Deep Learning associé aux neurosciences. Sur base de photos de 600 femmes venant de France, de Chine et du Japon, sept critères subjectifs (éclat, vitalité, tonicité, énergie, attractivité, force et santé) ont généré plus de 200 millions de données. Elles ont permis d’établir un Skin Health Index pour faire un test avant/après objectif du produit. Michaël Pressigout, Vice-Président Exécutif Produit de Owkins, la société de biotech avec laquelle Dior a collaboré, a été bluffé par les résultats : « On s’est rendu compte que les critères de perception d’un visage ne sont pas aléatoires, qu’il existe un consensus que l’ordinateur réussit à analyser, et à reproduire ».

e-commerce et beauté augmentée

Dans un secteur où l’expérience et le sensoriel jouent un rôle essentiel, l’IA offre la possibilité de tester virtuellement des maquillages et des colorations, propose des diagnostics personnalisés, engage la conversation grâce aux chatbots… Orienté « Digital First », le groupe L’Oréal a racheté ModiFace, une BeautyTech canadienne spécialisée dans la réalité augmentée et l’intelligence artificielle. Il a implanté une série d’incubateurs à travers la planète et lancé de nombreuses apps pour enrichir l’expérience utilisateur.

 

Aux petits soins 

Accro à Yuka, Clean Beauty, Cosmethics, INCI Beauty ? Sans l’IA, qui collecte et gère un nombre de données colossal, jamais ces apps qui évaluent la qualité de nos cosmétiques sur base de ses ingrédients n’auraient pu voir le jour. Mais nos smartphones ne « scannent » pas que les produits, ils traquent aussi nos imperfections. 
SkinConsult AI est une app développée par Vichy avec des dermatologues. Grâce à un algorithme comparatif qui identifie les traits du visage sur une base de données de 10.000 photos, il suffit d’un selfie pour faire le point sur les 7 signes de vieillissement de sa peau et recevoir des conseils personnalisés.

Chez la Roche-Posay, Effaclar SpotScan est une app développée avec les dermatologues pour évaluer les imperfections des peaux à tendance acnéique et suggérer un traitement optimal. Elle offre également un aperçu de l’évolution de l’acné dans le temps. Son algorithme a été construit sur base de milliers de photos d’hommes et de femmes au type de peau et de sévérité d’acné différente.
Un pas plus loin, Opté est un device développé par Procter & Gamble qui analyse la peau et corrige les imperfections au millimètre près. Grâce à ses algorithmes intégrés, l’appareil doté d’une caméra numérique détermine la taille et la forme de la zone qui semble différente du reste du visage. Elle délivre ensuite la juste dose de sérum correcteur via son imprimante à jet d’encre. Présenté au CES (Consumer Electronic Show, la grande messe de la High Tech, NDLR) de Las Vegas en 2019, l’appareil n’est pas encore commercialisé.

Maquillage virtuel

MakeUp Genius de L’Oréal Paris existe depuis 2015. Cett app mobile permet de tester virtuellement des couleurs de maquillage et de cheveux grâce à la réalité augmentée sur base d’une photo ou de sa caméra. Un peu à la traîne sur ce coup-là, les mastodontes du e-commerce comme Amazon et Google essaient de rattraper leur retard. Ils viennent de lancer aux États-Unis leur propre outil de réalité augmentée. De quoi améliorer l’expérience shopping et s’épargner un trop grand nombre de retours pour cause d’achats erronés. Un bon point pour notre empreinte carbone !

Co-créée par la makeup artist Val Garland et des artistes 3D, Signatures Faces propose une expérience de réalité virtuelle grâce à une série de filtres de maquillages interractifs et numériques. Disponibles sur Google Duo, Snapcam et l’Instagram de L’Oréal Paris, on peut les utiliser pour ses appels vidéos ou ses publications sur son feed.  

Ça décoiffe !

En matière de coloration et de relooking, l’IA s’avère une alliée de choc au e-commerce, mais aussi au dialogue client-coiffeur. L’app Style My Hair de L’Oréal Professsionnel permet de se filmer en temps réel et d’essayer différents looks capillaires sur son smartphone, et sans cela sans prise de risque ! Elle utilise une technologie 3D capable de modéliser la forme et la structure de chaque cheveu, mais aussi les contours de la chevelure sur base de 220 000 images.

Le Nuancier virtuel du site français de Garnier offre le même type de service pour ses colorations à domicile. Et en cas de doute, répondez au quizz de Color Match mis au point par les coloristes experts. Vous trouverez ainsi la couleur qui correspond le mieux à vos attentes et à vos besoins. 

Au parfum

Quand l’IA s’invite dans l’orgue à parfums, cela donne un nez artificiel capable de composer un parfum à la vitesse de l’éclair. La société Symrise (fournisseur pour Estée Lauder et Coty entre autres) a composé son premier parfum grâce à l’algorithme Philyria conçu avec IBM. Sur base de la database de 1,7 million de formules de Symrise, des succès commerciaux selon l’âge, le sexe, les pays, elle a composé deux fragrances à destination de la Génération Z : Egeo ON Me et Egeo ON You de O Boticário, une marque brésilienne.

Si rien ne remplace le nez et le talent artistique du parfumeur, il peut s’avérer d’une aide précieuse pour dépasser ses blocages et accélérer le processus de création. Grâce à Philyria, on peut tester entre 50 000 et 70 000 formules en une seconde ! Quand on sait que la phase de développement d’un parfum prend entre 6 mois et 4 ans… 

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