Ce que vous ne savez pas sur l’Ascension

Une fois par an en mai ou en juin, on profite tous du congé de l’Ascension. Mais de quoi s’agit-il ?

KEVIN DUPONT. PHOTOS : D.R. |

Aujourd’hui, l’Ascension semble être un jour de fête sans fête. Pas de festivités dignes de Noël ou de Pâques, pas de cadeaux ni d’événements. Rien de bien spécial, si ce n’est que cela permet à de nombreuses personnes de faire le pont chaque année. Ce qui n’est pas pour déplaire. Mais à la base, à quoi rime cette fête de l’Ascension ?

Ascension, quézako ?

Tout d’abord, de quoi parle-t-on ? L’Ascension n’est pas une métaphore mais elle désigne bel et bien une montée. En l’occurrence, celle de Jésus au ciel, 40 jours après sa résurrection commémorée à Pâques. Ce chiffre est important dans ce monothéisme. Ainsi fait-on 40 jours de jeûne pendant le Carême avant Pâques. S’ensuivent 40 autres plus festifs, ce qui colle avec l’arrivée du printemps.

Cette fête de l’Ascension existe depuis très longtemps, à savoir lorsque l’Empire romain vivait ses derniers moments de gloire à Rome. En 1802, Napoléon fait de cette date un jour férié. La mesure prend effet dans les territoires français qui comprenaient, à l’époque, l’actuelle Belgique. La tradition continue aujourd’hui.

Une fête païenne ?

Si on se détache un peu de la mystique chrétienne, on pourrait se demander une chose : pourquoi fêter l’Ascension maintenant ? Dans les faits, rien n’est dû au hasard. Les premiers chrétiens n’ont pas imposé leur religion dans l’Empire romain, ils l’ont adaptée. Les fêtes païennes préexistantes ont été reprises et mises au goût du jour.

Pour le cas de l’Ascension, on est obligé de faire des hypothèses mais il y a des pistes. Auparavant, il existait notamment des fêtes destinées à de grandes divinités : Jupiter à Rome, Taranis en Gaule…

Si on prend le cas de Taranis, des fêtes lui étaient consacrées vers le mois de mai, déjà à une date fluctuante. Le spectacle se termine après trois jours. Or, on le sait moins aujourd’hui mais l’Ascension est précédée de trois jours de "petites Rogations". Celles-ci ont le même rôle qu'avec Taranis : demander (ou faire une rogation) une clémence divine lors des gelées tardives. À Rome, une autre fête a le même rôle le 25 avril : les Robigalia. Aujourd’hui, ce sont les "grandes Rogations". Comme quoi rien ne perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Jérusalem, cœur de l’Ascension

Aujourd’hui, un lieu est particulièrement important lors de l’Ascension. Et quel autre endroit pour cela que Jérusalem ? La ville sainte abrite dans ses faubourgs une colline du nom de Mont des Oliviers. C’est là que Jésus serait monté au ciel rejoindre son paternel divin.

Mais si on va sur place de nos jours, on peut être surpris. Les chrétiens n’ont pas choisi cet endroit par hasard. C’est aussi un lieu courtisé par les juifs et aujourd’hui, le Mont des Oliviers est couvert du plus grand cimetière juif de la ville. Il couvre littéralement toute la colline, avec des personnages célèbres enterrés à cet endroit. Pourquoi ? Parce que c’est là que devrait avoir lieu la rédemption du Messie et les premiers ressuscités seraient ceux enterrés sur place. Ils iraient alors enfin au paradis, un peu comme Jésus en somme.

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