Du ciel à la mer : rencontre avec Thomas De Dorlodot et Sofia Piñeiro

Dans nos vies ultra-connectées et à 200 à l’heure, on a parfois envie de tout lâcher, de prendre le large et de se rapprocher de l’essentiel. C’est ce que Thomas De Dorlodot et sa femme, Sofia Piñeiro, ont décidé de faire, il y a un an de cela. Amarrés à la marina de San Miguel, à Tenerife pour quelques jours, on les a retrouvés pour profiter de la "bella vida".

Par Anissa Hezzaz. Photos : John Stapels. |

Nous sommes au début de mois novembre. Alors que chez nous les températures ne font que diminuer, à quelques heures de vol de Bruxelles, à Tenerife, il fait doux, il fait bon et le soleil brûle encore la peau aux heures les plus chaudes de la journée. C’est sans doute l’une des raisons qui a poussé Thomas De Dorlodot et sa compagne Sofia à y faire étape. Partis naviguer depuis 2017, les deux tourtereaux s’étaient lancé le défi de faire le tour du monde en quatre ans dans le cadre du projet Search. 

Life begins at the end of your comfort zone

Lancé en 2011, Search Project était au départ la passion d’un groupe d’amis aventuriers. « L’idée, c’est de trouver les endroits les plus fous pour faire du parapente », explique Thomas, qui à lui seul, a déjà survolé des dizaines de pays différents : de l’Himalaya à l’Afrique en passant par les îles du Pacifique, le parapentiste a également signé un record d’altitude en volant à plus de 7.000 mètres d’altitude. Un vol inoubliable, qui a été pour lui le début de quelque chose. « C’est là que tout a commencé », nous raconte-t-il un brin nostalgique. Au vu des images et des vidéos de ses exploits dans les airs, de nombreuses marques, telles que Volkswagen, se sont intéressés à leurs aventures au point d’en devenir leurs principaux sponsors. 

Sa soif d’atteindre les sommets est devenue tellement intense que le Brabançon de 33 ans est toujours à la recherche de nouvelles sensations.  C’est ce qui le pousse aussi à toujours chercher des spots ultimes. « Le bateau comme moyen de transport permet de découvrir des endroits fabuleux, des endroits qu’on ne peut pas toujours atteindre avec un parapente »

Du ciel, le parapentiste a décidé de mener sa vie en mer avec sa compagne Sofia. Un départ donné en juillet 2017 à bord de leur voilier de douze mètres de long, avec une première escale aux Baléares où ils se sont dit oui pour la vie, et comme un bonheur n’arrive jamais seul, quelques mois plus tard, Sofia apprenait être enceinte. 

Une nouvelle qui ne calmera pas leur soif d’aventure que du contraire. Il y a tout juste un an et demi, Tom et Sofia n’étaient pas encore capables de naviguer. Ils ont commencé à rêver de bateau un peu par hasard alors que Tom était en pleine sortie parapente au-dessus des îles Marquises, en Polynésie française. « J’ai réalisé ce jour-là que le bateau était un moyen de transport propre et qui permet de voyager avec le vent. J’ai su qu’il y avait un truc à faire avec ! ».  

Quelques appels satellites plus tard, leur projet se mettait déjà en place. « Moi ce qui me parle vraiment c’est l’aventure. Je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de limites. Avec Sofia, on a fini par se dire qu’on peut rêver grand, on peut rêver un peu fou, si on est capable de sortir de sa zone de confort et de se lancer dans l’aventure, on peut relever les défis un par un et finalement concrétiser ses rêves ». 

La vie à 40 noeuds

Un rêve devenu réalité.  Mais la vie sur un voilier de douze mètres de long ne s’improvise pas. Avec un salon de quelques mètres carrés, trois cabines où il y a à peine assez de place pour tenir debout et des cales qui renferment tout le nécessaire pour vivre en mer, Thomas et Sofia ont choisi un style de vie nomade qui demande une grande discipline. « Le matin, on commence toujours pas faire un check du bateau, en fonction de si la nuit a été tranquille ou non », nous expliquent-ils posés sur le pont de leur voilier. Ensuite, une fois le petit-déjeuner englouti, les affaires peuvent commencer. Car leur vie ne se résume pas à être 365 jours par an en  vacances. S’ils ont décidé de vivre de leur passion, ils en ont surtout fait un business, leur travail. Entre les plongeons en mer avec les requins et les expéditions en l’air, il faut encore trouver du temps pour travailler, et pour Sofia, il a fallu s’adapter. « Il s’agit de trouver un équilibre entre le travail, l’aventure, la découverte et le voyage ». Des contraintes certes, mais qui semblent presque nécessaire pour cette fille de diplomates argentins, habituée à voyager: « Tout le monde peut voyager et claquer la porte, mais s’il n’y a rien derrière, je pense qu’on pourrait vite s’en lasser. Avoir un projet concret dans cette vie chaotique, c’est aussi ce qui nous motive ».

La féminité mise de côté 

La vie en mer a de quoi faire rêver. Naviguer au milieu des dauphins, se réveiller chaque jour à un nouvel endroit, se nourrir de poissons fraichement pêchés, etc. Mais la carte postale ciel étoilé, vague parfaite et mer tranquille, n’existe souvent que dans les films.  Une navigation a son lot de surprises, et il n’est pas rare qu’ils doivent affronter des conditions extrêmes, les obligeant à privilégier le confort : « Dans ces cas-là, j’enfile un jogging, une grosse veste, et j’attache mes cheveux, ce qui est très confortable, mais parfois, j’ai l’impression de m’oublier un peu moi-même ». Pour une femme aussi coquette que Sofia, les conditions de vie sur un bateau ne sont pas toujours faciles à vivre. « Parfois, le simple fait de prendre une douche, de me sécher les cheveux et puis de les lisser et de me maquiller me manque », nous révèle-t-elle. Pourtant, pour rien au monde, elle ne ferait marche arrière. 

« J’adore justement ce contraste : hier on dormait sur un bateau à quelques milliers de kilomètres de notre maison, et demain, on se réveillera en Belgique, dans notre lit qui ne bouge pas ».  

D’ailleurs ce retour aux sources les a profondément changés : « Au point de vue matériel, on se rend compte qu’on vit très bien avec très peu, on a une approche de la vie beaucoup plus light et beaucoup plus simple qui nous permet de profiter mieux des choses.»

Bébé à bord

Aujourd’hui, il ne reste plus que quelques semaines avant qu’ils ne soient à trois sur leur bateau et déjà, ils sont prêts à repartir en mer. Mais avant cela, un retour en Belgique, une pause quelque peu forcée dans leur tour du monde et un voilier, amarré au port de Tenerife pour l’hiver. 

Et si envisager la vie sur un bateau avec un bambin vous semble impossible, Thomas et Sofia, ont déjà pensé à tout et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça ne les effraye pas. Côté organisation, cela leur demandera quelques aménagements, comme un hamac à accrocher qui fera office de relax pour bébé. Des détails pratiques qui ne les feront en aucun cas renoncer à leur vie nomade. 

« On rencontre beaucoup de couples qui voyagent à la voile et qui ont des enfants sur le bateau. C’est autre chose que de mettre ses enfants à la crèche, ici, on passe au contraire beaucoup de temps avec eux et ça a finalement l’air de très bien se passer. Et puis, le bateau c’est tellement magique, c’est une école de vie ! », s’enthousiasme déjà le futur papa. 

Pour le couple d’aventuriers, la vie sur un bateau était une évidence. Après avoir survolé le monde à l’aide de son parapente, et réalisé de nombreux exploits dans les airs, Thomas souhaitait explorer d’autres terres et se laisser porter par les voiles, de son bateau cette fois. 

Retrouvez leurs aventures tous les vendredis sur Club Rtl à 22h15. Rediffusion sur Club Rtl les dimanches à 22h30 et si vous avez manqué des épisodes, retrouvez-les également sur RTL Play. www.thomasdedorlodot.com, www.searchprojects.net. 

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