Julien Clerc nous ouvre son carnet de voyage

Son dernier album s’intitule « Terrien ». Et la Terre, en plus de cinquante ans de carrière, la star française en a fait plusieurs fois le tour. De quoi nous raconter quelques jolis souvenirs et anecdotes décalées.

Par Sigrid Descamps. Photos Laurent Humbert, Julien Clerc Officiel. |

Que représentent les voyages pour vous ?

J’ai des amis qui sont toujours très excités en racontant où ils sont allés, ce qu’ils ont vu… Ce n’est pas mon cas (rires). Pourtant, et heureusement, grâce à mon métier, j’ai beaucoup voyagé, mais mon métier reste la première chose qui m’occupe : là où je vais chanter, les gens que je vais voir. Je vis les voyages sous le prisme des rencontres.

Votre plus beau voyage ?
Le Japon. J’ai toujours apprécié mes séjours là-bas et j’ai très envie d’y retourner. Sans doute aussi, parce que j’ai aussi lu énormément d’auteurs japonais et vu beaucoup de films ; je suis très sensible à leur culture. Et à leur nourriture !

Justement, une spécialité gastronomique que vous appréciez particulièrement ?
Je me suis rendu compte que ce qu’on appelle chez nous le pot-au-feu existe partout dans le monde sous différentes formes. En Argentine, vous trouverez le puchero, en Italie, le bollito. Au Japon, ils ont le sukiyaki, avec de fines tranches de bœufs et des légumes... C'est sans doute l’un de mes plats favoris. J’aime aussi beaucoup les sushis.

Une ville où vous vous sentez chez vous ?
Londres, où j'ai vécu cinq ans, du côté de Camden. Je n’y travaillais pas, j'y vivais plus comme un touriste à demeure (rires). J’aime vraiment beaucoup cette ville. J'ai la sensation de débarquer dans un autre monde dès que je descends du train à la gare de Saint Pancras. J’avais choisi de vivre là-bas parce que j’aime la culture anglaise, et l’amour et la curiosité des Anglais pour la culture. Cela vous touche sans doute moins parce qu’en Belgique, vous êtes plus proches de la culture anglo-saxonne que nous. Mais pour un Français,  l’Angleterre a un côté très exotique (rires). Il y avait plein d’avantages à vivre à Londres : c’est une ville vaste, avec des tas d’espaces verts, la musique populaire et rock y occupe une place de choix, ce qui compte beaucoup pour moi. Et puis, j’étais à quelques heures de Paris, je pouvais aller et venir quand je voulais, notamment pour travailler. J’en suis parti, non pas à cause du Brexit, mais de la pandémie. J’ai préféré revenir sur Paris.

Un lieu méconnu qu’il faudrait découvrir ?
Il ne faut pas aller très loin pour faire de belles découvertes. J’ai profité du temps passé en Angleterre pour faire des road-trips merveilleux ; on a ainsi visité la campagne anglaise, poussé une pointe jusqu’en Ecosse et au Pays de Galles. Et on s’est beaucoup promené. Il y a une culture de la promenade incroyable chez les Anglais ; on trouve dans leurs librairies une quantité invraisemblable de livres sur des balades. C’est comme cela par exemple que j’ai découvert les alentours directs de Londres, que je ne connaissais pas du tout. Il m’a suffi pour cela de monter dans un train et de quitter la ville…

"Une plage du Pays de Galles découverte lors de mes promenades anglaises"

 

Une destination qui vous permet de déconnecter ?
La Normandie ! Pour un Parisien, c’est une destination parfaite pour être dépaysé sans devoir aller trop loin. Il y a la mer, les sites de pèche, les ports comme celui d’Honfleur, et derrière, il y a la campagne, qui a conservé toute son authenticité. Le visage de la campagne de culture a beaucoup changé en France, à cause du remembrement, mais en Normandie, cela n’a pas trop bougé : il s’agit d’une campagne d’élevage, avec encore beaucoup de pâturages et de verdure… Cela donne un joli mélange terre et mer. Ca ressemble d’ailleurs pas mal à l’Angleterre ! J’aime aussi la Bretagne, j’aime la mer en fait (sourires).

Un monument qui vous a ému ?
Le temple de Wat Pho à Bangkok, avec son gigantesque bouddha couché. Celui de Ryoan-ji et son immense jardin zen à Kyoto. Et surtout, la Mosquée bleue d’Istanbul. Il y règne une sérénité incroyable, même lorsqu’elle est remplie de touristes. Je ne suis pas religieux, pourtant, là, j’ai eu envie de m’asseoir, pour réfléchir, méditer. C’est un lieu propice à cet état d’esprit.

Une rencontre étonnante ?
A mes débuts, on m’a fait enregistrer un album en espagnol, à destination notamment de l’Amérique du Sud. C’est comme cela que j’ai effectué un voyage en Argentine. J’y ai rencontré la star nationale Astro Piazzolla, dont j’avais repris la chanson « Loco, Loco, Loco ». Et j’ai participé à une émission de télévision, où les femmes du public m’envoyaient des roses en plein direct (rires), mais surtout, où était aussi invité le boxeur Carlos Monzon, alors tout jeune. Le lendemain de l’émission, il s’envolait pour l’Italie, où il a raflé la couronne des poids moyens à Nino Benvenutti, qu’il a conservée durant des années. C’est en Argentine aussi que j’ai croisé la route d’un vieil harmoniciste, à qui il manquait une oreille et qui m’a sorti cette phrase merveilleuse : « J’ai de la chance ; chez moi, la musique rentre par une oreille et elle ne ressort jamais » (rires).

La destination où vous auriez envie d’aller une fois la crise terminée ?
J’ai très envie de repartir en Asie, sans doute au Japon à nouveau. Ou en Corée. Un pays que j’ai notamment découvert via son cinéma.

Julien Clerc, Terrien (Pias). En concert le 4 décembre à Forest National.

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