La Rolex Submariner, une histoire de perfection

Aujourd’hui la marque horlogère la plus convoitée, née du talent visionnaire de son fondateur Hans Wilsdorf, Rolex n’en finit pas de déchaîner les passions. Toujours plus prisée, souvent comme gage de réussite sociale, elle n’a eu de cesse d’anticiper les tendances et de se renouveler. Témoin, sa fameuse Submariner, créée au mitan des années 1950, qui a su conserver un style unique.

Par CHRISTOPHE DOSOGNE. Crédit photo : D.R. |

Tout commence à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. En 1914, Hans Wildorf (1881-1960), qui a fondé la marque Rolex à Londres en 1905, reçoit le prestigieux certificat britannique de chronométrie de classe A, délivré par l’Observatoire de Kew. Mais, pour ce visionnaire, peu importe de produire et commercialiser des montres d’une grande précision si leur fiabilité peut être mise à mal par l’intrusion d’eau et de poussière dans le boîtier. Ses équipes planchent donc sur la mise en oeuvre d’une montre étanche ‘‘comme une huître’’ (ou ‘‘Oyster’’), commercialisée en 1926.

Zoom en images sur la Reverso et les détails de la montre la plus luxe : 

Cette montre-bracelet, qui recycle une série de brevets déposés par d’autres fabricants dès 1872, est dotée d’un ingénieux système de lunette, de fond et de couronne de remontoir vissés. Le talent d’Hans Wildorf en matière de design, de marketing et de communication fait le reste, qui lui assure d’emblée un succès international auprès d’une clientèle active, moins attirée par les complications horlogères traditionnelles (quantième perpétuel, heure sautante, tourbillon) que par les vertus d’une montre durable, fiable et simple, résistant à presque tous les éléments. Vient s’y adjoindre, en 1931, un astucieux système de remontage automatique par les mouvements du poignet, dit ‘’Perpetual’’, pour former la combinaison gagnante (‘‘Oyster Perpetual’’) qui va faire de Rolex la marque par excellence des activités extrêmes, alors en plein essor.

Etanche jusqu'à 100 mètres

Jouant à fond sur ce storytelling et souhaitant proposer des modèles toujours plus performants, Hans Wildorf lance, en 1953, le modèle Submariner, soit une Oyster Perpetual renforcée pour la plongée sous-marine. Si cette montre, probablement la plus célèbre de tous les temps, anticipe une demande croissante pour les garde-temps résistants à l'eau et à la corrosion, elle n’est pourtant pas la première du genre. Sortie la même année, mais quelques mois plus tôt, la Blancpain Fifty Fathoms, aujourd’hui davantage connue des initiés, avait pris une sacrée avance sur son temps.

Longtemps, elle fut ainsi la seule montre de plongée à disposer d’une lunette tournante unidirectionnelle. Cette caractéristique, si majeure pour la sécurité des plongeurs et aujourd’hui incontournable, a été brevetée par Blancpain, ce qui la rend sa Fifty Fathoms, historiquement du moins, aussi importante que la Submariner de Rolex, la marque n’ayant introduit cette caractéristique sur ce modèle que bien plus tard. Le premier exemplaire est présenté au public en 1954, au célèbre salon Baselworld, en deux versions portant les références 6204 et 6205. Celles-ci sont considérées comme les premières versions, tant par la marque que par les amateurs et collectionneurs.

Historiquement, il s’agit de la première montre grand public étanche jusqu'à 100 mètres, même si aujourd’hui la Submariner est étanche jusqu'à 300 mètres (1000 ft). La même année, Rolex sortira quelques exemplaires d’une autre référence, la 6200. La différence, d’un point de vue design, est marquante, surtout si l’on considère l’apparition de la fameuse aiguille Mercedes, du remontoir surdimensionné (Big Crown) et du très rare et célèbre cadran 3-6-9, trio gagnant pour les collectionneurs les plus avertis.

Adoubée par James Bond

Quelques années plus tard, suivront les références 6536 (petite couronne de remontage) et 6538 (Big Crown). Cette dernière obtient une célébrité mondiale en devenant la fameuse Rolex Submariner de James Bond, portée par l’acteur Sean Connery dans le film James Bond 007 contre Dr. No, sorti en 1962. A partir de ces deux références, toutes les montres seront équipées d’aiguilles Mercedes et d’un cadran indiquant l'indice de profondeur.

La fameuse Bond Submariner portée par Sean Connery dans les quatre premier James Bond entre 1962 et 1965. Crédit photo : D.R

Au début des années 1960, deux nouvelles références apparaissent : la 5508 (Small Crown) et la 5510 (Big Crown). Durant ces quelques années, les changements de cadrans sont très nombreux ce qui, longtemps, aura compliqué le travail des experts et collectionneurs. On trouve ainsi, sur les références 6200, 6204, 6205, 6236, 6238, 5508, 5510, 5512 et 5513, des cadrans laqués avec impressions or (Gilt), mais aussi or/argent pour certaines d’entre elles. Suivent les références 5512 (version COSC) et 5513 (non-COSC), les deux dernières équipées de cadrans Gilt laqués, mais dotées d’un épaulement de protection de chaque côté de la couronne.

Jusqu’en 1964 environ, trois épaulements différents verront ainsi le jour, avant la version actuelle : l’épaulement carré (Square Crown Guard), suivi de deux épaulements pointus (Eagle Beak et Pointed Guard). A la même période, Rolex abandonne l’utilisation de radium sur les index (et aiguilles), au profit d’un produit luminophore à base de sulfite de zinc, chargé de tritium, bien moins radioactif… Enfin, dernière innovation : en 1968, après l’avoir tenté sur sa Sea-Dweller produite en 1966 en collaboration avec la COMEX, Rolex décide d’ajouter la date sur une nouvelle référence, la Submariner 1680. Le premier exemplaire est commercialisé avec un cadran devenu collector, le ‘‘Red Submariner’’, en raison du nom qui apparaît sur le cadran en lettres rouges. Durant ses années de production, de 1968 à fin 1975, cette ‘‘Red Submariner’’ sera proposée en six versions de cadrans (MK 1 à 6), la plus rare d’entre-elles étant la MK1, produite à peine un peu plus d’une année.

Toujours plus luxueux

En 1975, alors qu’elle abandonne la dénomination ‘‘Red Submariner’’, Rolex prend la décision, plutôt audacieuse pour l’époque, de lancer la toute première Submariner en or jaune 18 carats massif, plus précisément dans sa version Submariner Date. Pour de nombreux puristes, c'est le moment où ce modèle iconique quitte le domaine du fonctionnel pour se changer, vu son succès colossal, notamment en Italie et aux Etats-Unis, en objet de grande consommation. Depuis lors, de nombreuses évolutions techniques ont encore été apportées au modèle. Son étanchéité a été améliorée, il a été doté de nouveaux mouvements, sans compter les nombreuses modifications esthétiques.

La Submariner en or massif 18 carats lancée en 1975. Crédit photo : D.R

En 2003, pour son cinquantième anniversaire, la référence 16610 LV se dotait ainsi d’une lunette verte et d’un cadran Maxi (index de grande taille), dont la production s’est arrêtée en 2010. 2008 vit encore quelques modifications d’envergure, avec un format de boîtier supérieur ainsi qu’une lunette Cerachrom et un nouveau fermoir à réglage rapide. Le second changement notable sur la Submariner s’est produit en 2020, année où cette légendaire référence est passée d’un diamètre de 40 mm à 41 mm, adapté à tous les poignets, et s’est dotée de deux nouveaux mouvements : 3230 (sans date) et 3235 (date). Enfin, la lunette de plongée en céramique et le bracelet Oyster n’ont jamais été aussi aboutis que sur les références à six chiffres de cette montre au style très moderne, résolument enracinée dans l’histoire de l’horlogerie mondiale.

NB : En février 2024, les prix d’une Submariner s’échelonnaient entre 9.400 euros pour la version en acier et 43.200 euros pour la version en or gris (voir lacotedesmontres.com).

La Submariner dans sa version la plus actuelle. Crédit photo : D.R 

rolex.com

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