La table basse : petite mais essentielle

Des classiques du design aux nouvelles créations belges, la table basse est une timide, pas du genre à tenir salon. Mais sous ses airs de ne pas y toucher, elle se réinvente pour cadrer avec nos nouvelles aspirations. Enquête et shopping tendance. 

Par Marie Honnay. Photos D.R. |

Auteur de plusieurs nouvelles tables basses éditées par des marques comme Ligne Roset ou FDC, le designer belge Alain Gilles admet que cette pièce de mobilier a souffert de sa grande discrétion : « De tout temps, elle a habillé nos salons. Contrairement aux canapés qui, généralement, s’apparentent à un investissement coûteux, la table basse est un achat impulsif, moins réfléchi, plus léger… dans tous les sens du terme. Hormis les grands classiques des années 50, elle n’est pas souvent vue comme un produit noble. Pourtant, il y a 13 ans, j’ai connu mon premier succès avec les tables d’appoint Tectonic pour Bonaldo qu’on pouvait juxtaposer. »

 

 

Donner à chaque utilisateur l’occasion d’écrire sa propre histoire en déplaçant sa table de salon à sa guise. Voilà, en substance, l’essence de la coffee-table, à la fois support pour un livre ou une tasse de thé, mais aussi élément central des apéros sur canapés. Lieu de rencontre des familles qui y organisent des dinettes prolongées, mais aussi bureau et espace de détente, le salon 2.0 se doit d’être cool et modulable. Directrice artistique de la marque italienne Cassina, Patricia Urquiola poursuit : « les tables basses prennent une importance croissante dans nos maisons où nous passons désormais beaucoup plus de temps. D’autant que nous travaillons le plus souvent à distance. Chaque espace, chaque surface doit répondre à nos nouveaux besoins.

Notre routine quotidienne s'est également transformée, en termes de temps mais aussi d'espace. Nous avons par exemple l'habitude de déplacer notre poste de travail de notre bureau à la cuisine ou de la cuisine au salon. Quant aux millenials, ils sont souvent disposés à travailler depuis leur canapé. Les tables basses sont à ce titre essentielles pour créer de nouveaux bureaux à domicile, modulables et personnalisés. »

 

 

Ce n’est pas la taille qui compte

« A côté d’un canapé souvent massif et décliné dans des teintes rassurantes (gris, noir, beige), la table d’appoint apporte une touche de fraicheur. », poursuit Alain Gilles. De la fraicheur et de la gaieté, à l’instar de la table Stacked pour FDC. « Je me suis inspiré des assiettes qui s’empilent dans l’atelier d’un céramiste. Basé sur deux tailles et deux formes et une large palette de couleurs, le concept permet, grâce à un jeu d’empilage, de créer une multitude de combinaisons minimales ou plus théâtrales. »

Qu’il s’agisse d’égayer une pièce ou d’accroitre son ergonomie, on ne choisit pas une table d’appoint par hasard. « Si on veut atteindre un vrai confort physique et visuel, une table basse doit cadrer avec la hauteur d’assise des canapés et des fauteuils qui l’entourent. Une table en verre peut mettre en valeur le motif d’un tapis. A l’inverse, un tapis uni a le don de faire ressortir la beauté des veines d’un marbre ou d’un plateau en noyer massif », précise Dominique Rigo.

A la tête de la marque belge Marie’s Corner, Philippe Vanhemelen ajoute : « La nouvelle génération de tables basses est plus légère visuellement. Quand nous avons planché sur Soto, Cala et Luna, nos trois nouvelles lignes, nous voulions qu’elles s’intègrent facilement dans un salon (certains modèles sont d’ailleurs intégrés au canapé), mais aussi qu’elles permettent à nos clients de créer un ensemble personnalisé en associant plusieurs pièces similaires, mais de tailles, hauteurs et largeurs différentes. Tendance forte du marché depuis plusieurs années, cette modularité va de pair avec une autre : l’utilisation de matériaux nobles : marbres, bois ou métaux originaux. »  

Même son de cloche du côté d’Alain Gilles, auteur de Saragosse pour Ligne Roset, une table et un bout de canapé en marbre incrusté sur une structure en frêne. « Les gens souhaitent revenir à des pièces plus ancrées, un peu comme si on avait ramené un bout de roche à la maison », explique le designer. « Un moyen de prendre le contre-pied de notre société hyper connectée. Pour Saragosse, c’est le marbre. Pour Stacked, le savoir-faire traditionnel des faïenciers français, mais dans les deux cas, la quête d’authenticité est la même. » 

 

alaingilles.comdominiquerigo.commariescorner.comcassina.com

 

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