Le Temps des Cerises : l'institution namuroise qui met à l'honneur la cuisine du terroir

Comme chaque samedi, nos chroniqueurs Carlo et Flo se mettent à table. Cette semaine, rendez-vous à Namur, au restaurant Le Temps des Cerises. Cette institution est installée depuis un demi-siècle. Notre duo est allé vérifier si ce statut est mérité.

Texte et photos : Florence Hainaut et Carlo De Pascale |

Pas la peine de vous faire lanterner jusqu'à la fin de l'article, la réponse est "oui". Autre grande nouvelle, devinez quoi ? Nous sommes rue des Brasseurs, comme chaque fois qu'on va à Namur ! Carlo hausse les sourcils, mais je lui rappelle que ce restaurant a toujours été là, il n'a pas attendu que la nouvelle génération s'installe et transforme cet ancien demi-chancre en haut lieu de la coolitude mosane.

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Le lieu

Ce resto ressemble à un décor de cinéma. Vingt-deux chaises en bois dans une petite salle, des nappes à carreaux rouges et de jolis rideaux vintage. Le Temps de Cerises fête ses 50 ans cette année. À l'époque, il n'y avait qu'un seul plat à la carte : du bœuf et de la chakchouka. Il n'y avait pas de téléphone, pour réserver, il fallait laisser un petit mot dans la boîte aux lettres. Le patron actuel, Dominique Renson, est là depuis 35 ans. Avant cela, il travaillait dans les eaux et les forêts, puis il est tombé dans une casserole (sic). À vue de nez, au fond de l'ustensile, il y avait du beurre. Pendant ce repas, on s'est bouché une artère et on a léché les assiettes.

Dans l'assiette

On commence avec l'apéritif maison, le Florange, à base de vin blanc macéré aux épices et agrumes (9 €). Les mises en bouche donnent direct le ton : c'est fait maison et particulièrement généreux. Soupe de cerfeuil à l'estragon (que j'ai refaite au moins quatre fois depuis), un morceau de tête pressée, un autre de quiche aux brocolis et un toast au manchego.

En entrées, on s'arrache les cheveux : on veut tout goûter. Carlo prend finalement la croustade de gros gris de Beuzet à La Namuroise (17,5 €). Les gros gris, c'est un escargot, la Namuroise, c'est une bière, et le tout est préparé avec lardons et champignons, dans une sauce crémeuse à la légère amertume. Sublime. J'ai opté pour l'autre version de la Croustade, celle au ris de veau (quelle surprise), morilles et champignons des bois (22,5 €). Tout autant sublime. On y va mollo sur le pain, on sent bien qu'ici le mot "aérien" est à jeter dans la même poubelle que "détox". Et Carlo et moi détestons ne pas finir nos assiettes. 

On vous conseille la lecture de la carte des vins, qui est pleine de blagues. Il y a un peu de tout, ici, mais surtout des vins français et quelques références nature. Ce soir-là, devant la pénurie de Minervois du Doriane du Siestou (29 €), Dominique nous conseille un vin portugais, Casa de Santar, un peu trop intense pour mon délicat palais. Notez que j'ai bu quand même, hein. Quant aux prix des quilles, c'est simple : 29,35 ou 45 €. Si j'ai pris les ris de veau en entrée et pas en plat, c'est parce qu'en lisant "Jambonneau fermier gratiné sauce Moutarde Bister" (27 €), j'ai miaulé de bonheur. Et la bestiole s'avère à la hauteur de mes rêves les plus fous. Cuite à la perfection, fondante, dans son pédiluve de sauce à la crème.

L'un des points faibles de Carlo, c'est l'entrecôte. Dès qu'il peut, il arrête de faire semblant que le chou-fleur rôti, c'est sa passion, et il commande des trucs du genre " Entrecôte de bœuf irlandais de 300g, sauce Sambre et Meuse" (29 €). Comme son nom le laisse deviner, cette sauce est une spécialité locale. Tomates, échalotes, vin blanc, estragon et crème fraîche. Je fais ramollir quelques frites cuites au blanc d'œuf dans la sauce de Carlo, pendant qu'il se réjouit de la mayo faite maison. C'est l'une des choses qui nous a le plus marqués ici : la qualité des sauces. Elles sont absolument affolantes. Ça goûte le beurre et les fonds maison. Pas de petites traces artistiques pour décorer, mais des louches de bonheur qui remplissent l'assiette.

Le verdict 

Je défais un bouton de mon jean en m'affalant sur ma chaise. À côté de moi, une vieille affiche publicitaire pour la bière table Piedboeuf. L'occasion de raconter pour la centième fois au moins à Carlo que quand j'étais à l'école primaire, on nous en servait, dans ces verres Duralex que l'on retournait pour voir l'âge qu'on avait (ceux qui savent, savent. Les autres, c'est trop long à vous expliquer).

Sur le même mur, les signatures de Charlotte Rampling, Mireille Mathieu et Jean-Pierre Mocky. Tout le resto est signé par ce que la culture fait de plus connu et qui est passé par la capitale wallonne. C'est chouette à observer, même si ça n'aide pas à la digestion. On entend Dominique vanter les mérites du dessert du jour, un baba au rhum qu'il assure être "dramatique". Mes yeux lancent un S.O.S. à Carlo. Une miette de plus et j'explose. Et pas seulement de joie !

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