Le week-end d'Arno

Pour ses septante ans, il a sorti un nouvel album, dont il peaufine la tournée. Quand il ne répète pas, il travaille sur son prochain opus ou va s’asseoir en terrasse pour regarder les gens qui passent...

Par Sigrid Descamps. Photos : DANNY WILLEMS. |

Journal et thé noir

Pour moi, hier est mort et demain n’existe pas, je vis au jour le jour. Je ne fais pas la distinction entre lundi et samedi. Par contre, j’ai un rituel. Une fois que je suis levé — l’heure est très variable, je dors parfois jusqu’à midi ! — je vais acheter trois journaux, dans les deux langues, et je les lis en buvant une tasse de thé noir. Je suis allergique au café ! Je m’installe sur une terrasse, dans le centre de Bruxelles — je ne précise pas laquelle car je préfère garder ça secret (sourires) —, et je lis tout en observant les gens. Il y a toujours plein de monde qui passe, même quand il pleut... Lire la presse, c’est ma façon de me tenir au courant de ce qui se passe en Belgique et dans le monde. Ça, et regarder le journal télévisé le soir. Il m’arrive de comparer comment une même information est traitée au Nord et au Sud, c’est parfois très différent. Je ne suis pas du tout connecté aux réseaux sociaux, je n’ai même pas de smartphone. Si je touche à ces trucs, ça va exploser ! Il suffit de regarder mon téléphone pour comprendre que je suis un vieux dinosaure (rires).

En anglais dans le texte

Selon l’humeur du jour, durant la journée, je reste assis à une terrasse pour regarder les gens ou je pars me balader dans Bruxelles. J’ai vécu dans plein de villes — Paris, Londres, Copenhague... — mais Bruxelles reste ma préférée, il s’y passe toujours plein de trucs. Il y a des cinémas, des musées... Je pourrais d’ailleurs aller faire un tour au musée. Et là, pour le coup, je ne regarde pas les gens, je me concentre sur les expositions. Quand je joue dans une ville à l’étranger, je repère toujours un musée à aller visiter durant l’après-midi. J’adore ça, surtout si je peux découvrir des choses que je ne connais pas du tout. Sinon, à Bruxelles, j’aime me rendre aux Musées royaux des Beaux-Arts. J’attends d’ailleurs avec impatience leur exposition consacrée à Dali et Magritte en octobre (à partir du 11 octobre, NDLR). Si je reste chez moi, soit je bosse sur ma musique, soit je lis. Ces derniers temps, je lis énormément. J’ai redécouvert Carlos Castaneda. Un auteur que je lisais dans les années septante. J’ai retrouvé un de ses livres dans ma bibliothèque et j’ai eu envie de replonger dans son œuvre. Je relis aussi les romans de Tony Parsons. Et je ne lis qu’en anglais. Une habitude prise durant l’enfance, ma famille a des racines anglaises et on a vécu en Angleterre plusieurs années. Le soir, il y a de fortes chances pour que vous me croisiez à l’Ancienne Belgique. C’est mon second living !

Retour aux sources

Dimanche, j’irai peut-être passer la journée à Ostende. C’est là que je suis né et que j’ai passé ma jeunesse. Je lui ai dédié une chanson sur mon dernier album et on y a tourné un clip avec Jaco Van Dormael. Je me sens toujours très nostalgique quand j’y retourne. Je n’aime pas m’y rendre en été car il y a trop de monde. Je la préfère en hiver ou en automne. J’aime bien y aller tôt, car l’odeur est différente : ça sent le sable et les crevettes... Puis, je me balade ; évidemment, ici encore, j’observe les gens, et je regarde la mer... Il y a une lumière spéciale. Entre le Casino et les thermes, tu peux voir des bancs de sable qui entrent dans la mer et avec la lumière du ciel, ça donne un sacré bazar. Cela me fait penser aux tableaux de Léon Spilliaert, dont je suis fan. Quand le soleil tombe dans la mer, je vois au moins quatre de ses œuvres se dessiner !

Arno, Santeboutique (Pias). En concert les 23, 24 et 25 à l’Ancienne Belgique.

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