Le week-end de Stephan Vanfleteren

L'ancien photographe de presse, connu dans le monde pour ses magnifiques clichés de stars et d'anonymes, fait l'objet d'une vaste rétrospective au FOMU, à Anvers. Ses week-ends ressemblent au reste de la semaine, partagés entre son métier, sa famille... et la lumière!

Par Sigrid Descamps. Photo: Natacha Hofman / Instagram |

Frites en famille

Souvent, je me rends compte que le week-end est là parce qu’il y a plus de monde à la maison que d’habitude. Le vrai signal de départ, c’est le vendredi soir, quand on se retrouve avec ma femme et nos trois enfants autour de frites, qu’on va chercher au fritkot voisin, à Veurne. On mange ensuite tous ensemble dans le salon, en discutant ou en regardant la télé. Quand je ne suis pas chez moi, ce moment me manque d’ailleurs terriblement !

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Quel que soit le jour de la semaine, j’essaie de me lever tôt pour partir promener avec mon chien. J’aime le faire soit très tôt, soit très tard, dans la journée, quand il n’y a personne dehors. On va sur la plage près de la maison, dans les dunes. C’est un moment important, nécessaire, où je me retrouve avec moi-même, je m’interroge sur le monde, sur la vie… Le samedi matin, j’achète plusieurs journaux avec leur supplément du week-end. Je les lis ensuite en buvant mon café et en mangeant des pistolets. Je ne travaille plus dans la presse, mais je suis toujours l’actualité de près et j’y réagis en tant que photographe, à titre personnel désormais. Imaginons qu’Élizabeth II décède. Eh bien, j’irais à Londres, pour capturer le chagrin des Anglais, raconter leur histoire… L’humain, célèbre ou anonyme, me touche. Je suis ainsi particulièrement sensible aux personnes sans abri : elles me bouleversent !

... et la lumière

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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J’ai fait moins de photos au cours des derniers mois, car je les ai consacrés à la préparation de l’exposition Present, qui se tient au FOMU, et pour laquelle je reste à disposition, pour donner des interviews, participer à des nocturnes… Mais d’ordinaire, je suis rarement chez moi, je travaille ici et là. Et j’organise alors mes journées selon la ville où je bosse. Un portrait à Liège ? J’en profite pour appeler un ami qui y vit et passer du temps avec lui. Du boulot à San Francisco ? Je déniche un resto sympa le premier soir et j’y retourne les suivants. Cela me donne la sensation d’être dans un lieu familier. Et, précision, j’adore manger seul quand je suis à l’étranger. C’est idéal pour cogiter !
À côté des “obligations professionnelles”, je me laisse des fenêtres de liberté durant lesquelles je peux réagir à la lumière du jour. La lumière, c’est primordial pour un photographe. C’est frustrant quand on ne peut pas en profiter. Si par exemple, on annonce une tempête ce week-end, je vais m’emparer de mon appareil et aller photographier la mer.

Un électron dans la chaîne

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Quand j’ai du temps libre, j’aime aller au cinéma, écouter de la musique, lire… Souvent, c’est lié à une personne que j’ai photographiée. Je suis allé voir Joker après avoir fait le portrait de Joaquin Phoenix. Il m’a donné une part de lui en posant, j’ai ensuite vu son film et peut-être que des gens en voyant sa photo auront envie de le voir aussi. Il arrive que des personnes s’intéressent à des artistes, notamment aux écrivains, après avoir vu leur portrait. Ils se disent J’aime cette photo, qui est-ce, qu’est-ce qu’il fait ? Je me sens comme un électron dans une chaîne qui relie les gens. Là, je lis Grand Hotel Europa d’Ilja Leonard Pfeijffer, un auteur hollandais qui vit à Gênes. C’est un ami et je réalise ses couvertures. Comme l’action se passe dans un palace, j’ai eu l’idée de photographier un groom. Le portrait a tellement plu à Ilja qu’il a réécrit le début du livre pour y introduire ce personnage. Peut-être que ses lecteurs s’intéresseront à leur tour à mon travail grâce à cette photo ! J’aime l’idée qu’une photo génère des connexions.

Present, jusqu’au 1er mars 2020 au Foto Museum d’Anvers, fomu.be

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