Lexus ES : le bon casting

Changement dans la gamme Lexus: la berline GS est remplacée par la nouvelle ES, jusque-là illustre inconnue chez nous. Pourquoi ce changement ? Parce que la GS en Europe ressemblait à une erreur de casting. Avec sa remplaçante, Lexus entend corriger une erreur qui a duré près de 20 ans !

Par Laurent Zilli. Photos : D.R. |

Il faut d'abord savoir qu'aux USA, marché de prédilection de Lexus, l'ES est née en 1989, à peu près en même temps que la marque. Des années plus tard, elle a été rejointe par la GS, qui jouait dans le même segment, mais avec une âme plus sportive, l'ES étant plutôt typée confort paisible. Or quand Lexus a décidé d'attaquer l'Europe, l'idée était de se mesurer aux Audi A6, Mercedes E et BMW 5 avec, justement, une voiture dont le caractère pourrait rivaliser avec les versions les plus "méchantes" de ces dernières.

Sauf que pour y arriver, il faut se lever tôt. Et la Lexus GS n'a jamais tenu la comparaison. Lexus change donc aujourd'hui son fusil d'épaule, avec une ES qui n'a pas la même vocation.

Elle, c'est son confort d'utilisation qu'elle oppose aux Allemandes, et aussi une caractéristique typiquement Lexus: un équipement de luxe comparable, pour sensiblement moins cher. Ayant établi cet objectif plus réaliste, le constructeur espère considérablement augmenter ses ventes. Ces dernières années, il se vendait à peu près 2.000 GS par an en Europe, l'ES va devoir convaincre 6.000 clients par an. Et pour y arriver, elle possède pas mal d'arguments.

A commencer par le confort, domaine dans lequel Lexus n'a plus rien à prouver. Confort qui passe par l'espace à bord et là, entre ses dimensions supérieures à celles de la GS et une architecture traction avant plutôt que propulsion, l'ES parvient à offrir des places arrière absolument royales. Question équipement, nous le disions, la Lexus n'a rien à envier à ses rivales, mais ne le fait pas payer aussi cher. Et la différence de prix est encore plus cruelle lorsqu'on configure une allemande de niveau de luxe comparable… à motorisation hybride.

Comme un diesel

Car bien sûr, là est l'autre caractéristique de Lexus: il n'y a aucun diesel au catalogue. Pas de "simple" essence non plus d'ailleurs, la seule solution est cette version équipée d'un système hybride de 4e génération, dont le 2.5 essence et le moteur électrique développent ensemble 218 ch. Grâce à un moteur essence plus coupleux, et à des batteries et un moteur électrique plus puissants, ce nouveau système évite le piège de ses devanciers : être très efficace en ville, mais pratiquement inutile sur autoroute. Et c'est ainsi que sur un parcours rigoureusement mixte, dont des portions d'autoroutes à vitesses légales (voire un peu plus), nous avons relevé une moyenne de… 5,3l/100km! Sincèrement, pas sûr qu'on atteigne ce score avec une berline diesel comparable !

Pourtant, ce segment est toujours dominé à plus de 90% par le diesel. On y observe aussi un déclin, mais anecdotique pour le moment. Cela dit, on observe aussi une montée en puissance des versions hybrides, qui s'accentuera probablement à mesure que l'offre des constructeurs "traditionnels" augmentera. Lexus aurait-il donc bien choisi son soldat, cette fois ?

Les plus :

  • Consommation bluffante
  • Personnalité du look
  • Espace très généreux
  • Confort de haut niveau
  • Rapport prix/équipement

Les moins :

  • Train avant peu mordant
  • Insonorisation perfectible
  • L'éternelle sonorité des hybrides Toyota.

La Lexus ES 300h en quelques chiffres

  • Moteur: hybride, 4 cyl., essence, 2.487 cm3, 218ch - 221Nm.
  • Transmission: aux roues avant
  • Boîte: auto e-CVT
  • L/l/h (mm): 4.975/1.865/1.445
  • Poids à vide (kg): 1.740
  • Volume du coffre (l): 454
  • Réservoir (l): 50
  • 0 à 100 km/h (sec.): 8,9
  • Vitesse maxi (km/h): 180
  • Conso moyenne (l/100 km): 5,3
  • CO2 (g/km): 119
  • Prix (€): 47.990

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