Pourquoi les articles achetés sur Shein ou Temu vont-ils devenir plus chers ?

Certains d’entre nous boycottent d'emblée ces sites d’ultra fast-fashion, mais d’autres sont accros à leurs petits prix. Une nouvelle loi pourrait bien changer la donne. On vous explique.

Ingrid Van Langhendonck, Photos Unsplash+ |

L’ultra fast fashion

Elle a bousculé le monde de la mode, cette fast-fashion en accéléré qui débite des dizaines de milliers d’articles par semaine, à des prix tellement bas qu’ils en deviennent irrésistibles pour les consommateurs avides de bonnes affaires. Les chiffres sont impressionnants : l'enseigne suédoise H&M ajoute chaque année près de 4500 pièces à son site de vente en ligne et, en comparaison, le leader chinois de l'ultra fast-fashion, Shein, en a proposé 315 000 en 2022, explosant le concept de collections pour produire en continu, avec une offre quotidienne, souvent à moins de 5€ pièce. De quoi nous donner le tournis.

En vidéo : comment ne pas succomber aux sirènes de la fast-fashion ?

C’est aussi une mode controversée car elle est à l’inverse de toute préoccupation de durabilité. Souvent produite dans aucun respect de l’environnement, sans vision sur le recyclage de produits et surtout, dans des conditions de travail souvent douteuses… Les observateurs parlent d’une mode à bout de souffle et les images des hectares de déchets de vêtements ont frappé les esprits.

L’UE a réagi

Après sa décision de taxer les véhicules électriques bon marché importés de Chine, c’est aujourd’hui aux colis Temu, Shein ou AliExpress que la Commission européenne compte imposer des droits de douane. L’info a été révélée mercredi dernier par le journal Financial Times, expliquant que l'exécutif européen allait proposer d'abolir le seuil actuel de 150 euros en dessous duquel les marchandises achetées en ligne dans un pays tiers ne sont pas soumises aux droits de douane.

Or quand on sait que ce sont près de deux milliards de colis de ce type qui arrivent annuellement sur le sol européen, un sacré manque à gagner et un signal fort envoyé à la Chine, qui n’apprécie pas vraiment. Une décision qui ne devrait pas faire baisser ces ventes de manière significative. Reste à savoir si une éventuelle augmentation des prix aurait un effet suffisamment dissuasif sur les clients de ces marques, vu comme le phénomène s’est répandu dans les habitudes des consommateurs.

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