Primark : faut-il succomber à la "Primania" ?

Un nouveau magasin Primark a ouvert ses portes ce matin dans la capitale. Une nouvelle enseigne qui rencontrera, comme toutes les autres, à coup sûr un franc succès. Mais pourquoi la chaîne irlandaise fait toujours autant d’adeptes ? Faut-il que l’on succombe à la mode à bas prix au détriment de la qualité ?

Par Anissa Hezzaz. Photos : © Le Soir/Bruno D’Alimonte |

Primark. Un nom, un concept et des sacs en papier kraft qui ont fait de cette enseigne, un magasin à part entière devenu aujourd’hui la troisième chaîne mondiale de prêt-à-porter après H&M et Zara. Si vous n’avez jamais mis les pieds dans ce magasin, Primark, c’est un peu un monde à part où la démesure et les achats compulsifs vont de pair. Car ici, tout est bon marché : les pulls, les pantalons, les sacs, les chaussures. C‘est bien simple, une seule virée shopping chez Primark suffit à vous rhabiller pour toute l’année et toutes les saisons avec un moindre budget si vous ne vous contrôlez pas. À 8 euros le pantalon, 4 euros le sac à main et 10 euros la jolie robe à fleurs, difficile de résister. Car ici, les prix sont si bas qu’il ne faut pas réfléchir avant de les acheter. Un concurrent de taille pour les autres enseignes de la fast-fashion qui voit Primark comme un bulldozer qui détruit tout sur son passage. 

Mais quel est le secret de la marque pour proposer des prix aussi bas ?  Comme l’explique l’ONG Achact dans son article  "Primark casse les prix sur le dos de qui ?", si ‘l’enseigne peut proposer des prix cassés, c’est pour plusieurs raisons : l’absence de publicité, la décoration minimaliste de ses magasins, des loyers au rabais ou encore l’utilisation des ateliers de fabrication en période creuse.
 

Alors que l’on pourrait croire que Primark s’adresse aux familles nombreuses avec peu de budgets, le géant de la mode  convainc étonnamment tout le monde. Car loin d’être démodé, Primark se renouvelle tous les mois proposant à ses clients des collections à la pointe de la mode.  Mais faut-il vraiment acheter chez Primark ? Oui et non. Si l’on se réfère uniquement à la qualité des habits vendus par la marque, il va de soi que chez Primark on a affaire à des matières premières de mauvaise qualité et polluantes qui plus est.  Les travailleurs qui créent les pièces sont sous-payés, et ici, pas de fioritures : on oublie les antivols, les rayons épurés et les étalages espacés, chez Primark, on perd ses repères spatio-temporels et on se laisse enivré par l’odeur des chaussures en plastiques et des vêtements poussiéreux en essayant de se frayer un chemin parmi toutes les personnes qui grouillent autour de nous.

Le parcours balisé d’accessoires et babioles en tout genre qui mène à la caisse ne sera qu’un ultime obstacle avant de nous permettre enfin de souffler. Et ce n’est qu’au moment de payer son panier que l’on se rendra compte qu’on n’a même pas pris le temps d’essayer ses trouvailles. Mais à ce prix-là, peu importe, ce n’est pas comme si cette virée shopping nous avait ruiné. Alors oui, en voyant le ticket de caisse et la tonne d’habits achetés, on aura forcément envie d’y retourner, mais de là à succomber à la "Primania", il y a un pas. 

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