Quand Instagram se met au green

Derrière les icônes, il existe une multitude de micro-influenceuses. Parmi elles, les adeptes du conscious living. Rencontre avecun autre type d’influenceuse.

Par Clara Emmonnot, photos DR |

Nouvelle vague

Marie Conscience, 23 ans est une jeune diplômée en relations publiques qui publie des photos sur son compte Instagram consciencethriftshop depuis près d’un an. Son but ? Conscientiser sa communauté sur l’importance de consommer de façon durable et éthique. « Je voulais montrer qu’on peut être stylé en s’habillant avec des vêtements de seconde main. Au travers de ma page, on peut trouver mes looks, mes bonnes adresses de friperies et les marques durables que je recommande. » Avec ses 3 000 abonnés, Marie a aussi partagé ses looks faits maison durant le confinement. « J’ai commencé à coudre en réutilisant mes anciens vêtements. Ça a eu beaucoup de succès. » Et elle n’est pas la seule à avoir bénéficié des effets de cette période. Laurie Pazienza qui, depuis novembre 2019, partage ses astuces et conseils pour être plus écologique dans la vie de tous les jours sur la page goodmorninglau :  « Il y a eu un vrai pic ; j’ai gagné 300 followers en deux mois, ce qui est beaucoup pour moi. » 

 

 

Marie et Laurie collaborent avec des marques écoresponsables et reçoivent de ces marques toute une série de produits et des goodies. Cette « rémunération » ne leur permet pas à ce stade de vivre de leur activité. Marie : « Pour cela, il faudrait des partenariats payés, de façon plus régulière que ce que je fais actuellement. Pour le moment, je ne veux pas en faire mon métier principal, mais que cela fasse tout de même partie de ma vie ». À 25 ans, Laurie, elle, travaille comme ingénieure civile à temps plein et ne perçoit presque aucune rémunération sur le Web. « Je suis parfois payée pour écrire des articles sur des sites. Je gagne moins de 100€ par mois, sans chiffrer les cadeaux des marques. Il faut vouloir cette vie. Moi, je considère cela comme un passe-temps. »
 

 

 

 

 

Un modèle d’avenir

Les marques prennent les devants pour contacter ces jeunes influenceuses. Laurie collabore avec MakeSenz, marque belge de cosmétiques naturels et bio. « C’est un partenariat sérieux que j’ai depuis le tout début. Ils m’ont donné quelques produits, j’en ai parlé sur Instagram, et l’échange a continué. Je les utilise vraiment au quotidien. Nous sommes plus crédibles quand nous sommes sincères, et les gens le sentent» La jeune femme tient néanmoins à éviter la surconsommation. « Je refuse beaucoup de collaborations car je prends uniquement ce dont j’ai besoin. Il y a aussi du greenwashing auquel je refuse de répondre. »

Le terme d’influenceuse fait débat car il est parfois perçu de manière négative. « Il est associé au monde de l’achat et de la consommation, comme si on était uniquement là pour te faire acheter » explique Marie Conscience. « En tant que slowfashion lover, je veux justement que les gens achètent moins ou mieux. Je me sens influenceuse quand mes abonnés me questionnent, s’intéressent à mes contenus et me remercient de les avoir conseillés. Là, je me dis que j’ai rempli ma mission. » Laurie Pazienza préfère quant à elle utiliser le terme de « micro-influenceuse ». « On prône l’écoresponsabilité. Mais quand on parle d’influenceuses, on parle de filles qui ont parfois 400 000 abonnés. Et elles en sont arrivées là car elles bossent avec des marques plus commerciales, et nous ne sommes pas dans la même dynamique.»

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