Six conseils pour faire survivre son couple après le confinement

Sexologue, et chroniqueuse, Alexandra Hubin a reçu énormément d’appels de personnes en souffrance durant le confinement. Elle nous aide à désamorcer le ras-le bol et le rejet de l’autre.

Par Sigrid Descamps, Photo by Pablo Merchán Montes on Unsplash. |

Le confinement a eu un effet de loupe grossissante : « Nous avons traversé une situation où tout était exacerbé. Pour certains, le huis clos en famille ou en couple a eu un impact positif car il leur a permis de passer enfin plus de temps ensemble.  Chez d’autres par contre, les petits défauts qui agacent, les soucis qui existaient à la base, ont été amplifiés et ont pu générer des petites, voire des grandes tensions. » Et les célibataires n’ont pas été épargnés : « La solitude amplifie les pensées ruminatoires et les risques de dépression. »
 

Les études menées par l’UCL durant le confinement ont ainsi démontré que plus d’un Belge sur deux souffrait d’une baisse de moral. Un résultat qui ne surprend pas la psychologue : « En confinement, il n’y avait plus de soupapes : on n’allait plus sur son lieu de travail, plus de sorties avec les amis, plus d’activités sportives sans contraintes, plus d’occupations parascolaires pour les enfants, plus d’aide extérieure…

En résumé, tout ce qui permettait de moduler le quotidien avait disparu. Et surtout, il y avait le manque de lien social. Les conversations sur les réseaux, par téléphone, c’est sympa mais cela ne crée pas le même lien. C’est une communication plus froide, plus distante… Or, voir des gens, pour parler de tout et de rien, est essentiel dans notre équilibre psychologique ! »  Partant de ce constat, elle nous livre donc ses conseils pour aborder le déconfinement de la meilleure façon…

Réaliser qu’on n’est pas seul

« L’expérience du confinement et le contexte de cette crise sanitaire sont difficiles et vont avoir de lourds effets psychologiques. Il faut accepter de sortir de là en se disant qu’on a sans doute des petits ou des gros problèmes personnels ou familiaux, mais il faut aussi se rendre compte que nous ne sommes pas les seuls. Il faut éviter de verser dans la culpabilisation des émotions négatives. »

Se réadapter progressivement 

« Le confinement nous a demandé des adaptations psychologiques et comportementales. Il en sera de même avec le déconfinement. Et il faut bien comprendre que cette réadaptation se fera de manière progressive et que ce ne sera pas facile. Et aussi que, non, on ne va pas reprendre la vie d’avant du jour au lendemain. Si on nourrit de trop grandes attentes, si on mise sur le fait de retrouve la vie telle qu’elle était avant le basculement, on va vers une déception et de la frustration. C’est comparable à un fantasme qui serait trop éloigné de la réalité ! »

Adopter de nouvelles habitudes

« Il faut être réaliste et mettre en place une stratégie pour gérer le changement. Cela passe par l’instauration de routines, d’habitudes. Certains les voient comme des tue-l’amour, mais elles jouent un rôle structurant. Elles participent à l’équilibre et permettent aussi de mieux apprécier ce qui est neuf. On peut aussi parler de réorganisation. Avant, on avait des semaines planifiées avec les horaires de travail, les activités des enfants, les sorties, les activités sportives, etc. Il faut y revenir, tout en s’adaptant aux consignes. Mais il faut se prévoir du temps pour bosser, pour soi, pour voir des amis (en vrai ou virtuellement), pour des pauses, pour plus d’intimité… sans se mettre de pression, sans devenir psychorigide ! »

S’exprimer

« La communication est plus essentielle que jamais : il faut savoir mettre des mots sur ce que l’on ressent, sur les effets que cette situation a sur nous, et surtout il faut exprimer nos émotions. Tout le monde ne ressent pas les choses de la même façon, en parler nous permet aussi d’être plus vigilants les uns envers les autres. » 

Ne pas se précipiter

« Rien ne doit être décidé dans l’urgence. Si des tensions sont apparues au sein d’un couple, cela ne signifie pas pour autant qu’il faut se séparer. Si, célibataire, on a mal vécu la solitude, il ne faut pas à tout prix se trouver quelqu’un ni se jeter dans les bras du premier venu. Le confinement a pu amplifier, chez les célibataires mais aussi au sein de couples, une réelle carence affective et sexuelle. Chez certains cela a même pu virer à l’obsession. Pour combler la première, il faut avant renouer les liens avec les proches, la famille, les amis. Pour la seconde, l’autostimulation est à privilégier. Ce n’est certes pas la même chose qu’un moment partage, mais cela évite de se couper de tout plaisir corporel. »

Consulter un spécialiste 

« Il ne faut jamais hésiter à demander de l’aide à autrui, quelle que soient nos épreuves de vie. Et cela peut se faire de différentes manières : appeler un numéro gratuit, se lancer dans des séances de coaching, suivre une thérapie. Il faut s’écouter, suivre son intuition. Nous sommes les meilleurs experts de nous-mêmes ! »  
sexologiepositive.be

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