Thierry Mugler, Couturissime : l'exposition mode à voir entre deux défilés à Paris

Dès ce 30 septembre, le musée des Arts décoratifs de Paris accueillera Thierry Mugler, Couturissime. Focus sur six périodes incontournables, à découvrir lors de ce rendez-vous qui affole déjà les fashionistas !

PAR CORA DELACROIX. PHOTOS PATRICE STABLE SAUF MENTIONS CONTRAIRES. |

Conçue par le Musée des beaux-arts de Montréal, cette grande exposition dédiée à Thierry Mugler est l’occasion de (re)découvrir le travail de ce monstre sacré de la Haute couture. Né à Strasbourg en 1948, Thierry Mugler fonde sa maison à Paris, en 1974. Le jeune homme est fasciné par l’univers du spectacle. Avec sa mode phénoménale, novatrice et radicale, il s’inscrit à contre-courant de son époque, et s’impose comme une icône des années 1980, habillant les working women et les plus grandes pop stars. Le designer, qui ne cesse d’inventer de nouvelles techniques de couture, repousse les limites de la créativité fashion. De fait, il influence toute une génération de créateurs. À travers des silhouettes de prêt-à-porter, de Haute couture, de photographies ou de vidéos... Thierry Mugler, Couturissime célèbre l’œuvre de ce visionnaire, également créateur du parfum Angel. Thierry-Maxime Loriot, commissaire de l’exposition, revient pour nous sur cinq de ses collections phares. De quoi nous donner envie de sauter dans le Thalys. 

Superstar, Diana Ross (Prêt-à-porter Printemps-Été 1991), Gisèle Bundchen (2018)

“En 1991, Mugler est bien établi dans le paysage mode. Il habille toute une galaxie de stars, dont Céline Dion, David Bowie... Et évidemment Diana Ross, qui adorait ses créations follement colorées. Mugler habillait des femmes qui avaient quelques chose, des spécimens, comme il disait. Aujourd’hui encore, son style est très reconnaissable. Ainsi ce bustier arboré par la top-modèle Gisele Bundchen. C’est une pièce intemporelle, de guerrière. Les pièces Mugler ne se démodent pas, car elles ne suivent pas les mouvements de la mode.”

Les cowboys

“La collection Les Cowboys est inspirée du rêve américain. Sur cette photo prise lors du tournage du clip Too Funky de George Michael, la mannequin Emma Sjöberg renvoie l’image d’une femme puissante, à la sexualité assumée. Chez Mugler, la femme dominait et n’avait pas nécessairement besoin d’hommes. Elle est sujet, et non objet.”

Spirale futuriste (Prêt-à-porter Automne-Hiver 1979)

“C’est probablement la première collection Mugler qui a eu un succès commercial. À cette époque, il ouvre plusieurs boutiques. On est au tournant des années 1980, on entre dans la période post-punk et disco. La musique et la culture pop exercent une grande influence sur les designers. En fait, la mode est en train de devenir l’industrie de la mode. Les couturiers de l’époque imposent chacun leur patte esthétique. Avec Spirale futuriste, Mugler imagine des sirènes néodisco, vêtues de pièces lamées aux coupes très surprenantes. Il explorait la question transhumaniste. Pour les photographes, c’était extrêmement inspirant de travailler avec lui car il cassait les codes bourgeois classiques.”

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Collection anniversaire des 20 ans (Haute Couture Automne-Hiver 1995-96)

“Pour ses dix ans de carrière, Thierry Mugler a investi le Zénith, Paris. Pour les vingt ans, il a choisi le Cirque d’Hiver, toujours dans la capitale française. C’était un show incroyable : James Brown avait fait le déplacement pour chanter, Kate Moss dansait... Cette robe fourreau- coquillage,clin d’œil au tableau La Naissance de Vénus de Botticelli, a été présentée lors du défilé anniversaire. En 2019, la rappeuse Cardi B l’a adoptée pour les Grammy Awards. L’architecture de ce vêtement dégage une grande poésie. Et, comme toujours chez Mugler, on retrouve cette idée de transformer le corps pour créer des tenues exceptionnelles.”

Les insectes (Haute Couture Printemps-Été 1997)

“C’est la collection qui, à mon sens, a tout révolutionné ; elle a marqué un tournant dans la mode. Pour le printemps-été 1997, Mugler s’inspire des insectes. Il faut dire que le monde animalier est particulièrement présent dans son univers. Lunettes de soleil Mouche qui mangent le visage, antennes, tailles ultra-resserrées et couleurs chatoyantes... Dans cette collection, les techniques de moulage sont très sophistiquées. L’une des pièces emblématiques demeure le tailleur pneu, en caoutchouc et en cuir. Je pense que cette collection, extrêmement riche, a inspiré les créateurs de mode John Galliano, Alexander McQueen, ou même Martin Margiela.”

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