Une montre, une histoire : La J12 de Chanel

Lors de sa sortie, la J12 a totalement bousculé les codes de l’univers horloger. 20 ans plus tard, cette icône ne cesse de se réinventer.

Par MAGALI EYLENBOSCH, photos DR |

Une légende

Jacques Helleu, directeur artistique de Chanel à l’époque, n’a pas dessiné une montre, il a créé une légende. Des amoureux de design en passant par les fashionistas ou les amateurs d’horlogerie, tout le monde se souvient de la naissance de la J12. Nous sommes en l’an 2000, et un véritable OVNI débarque dans les pages des magazines. C’est une montre, elle est noire, et elle transforme la céramique en matière précieuse, redéfinissant ainsi les normes de l’horlogerie féminine. Trois ans plus tard, la couleur de sa robe de céramique change et devient blanche. Elle est proposée en 33 ou 38 mm de diamètre. Le succès est immédiat.

Dans la foulée, la J12 entame sa mue et décline ses mille personnalités en ouvrant la palette des complications horlogères qu’elle avait inaugurée en 2002 avec une première version chronographe aux lignes subtilement tendues. Depuis, elle se prête à toutes les fantaisies horlogères, sans pour autant galvauder son ADN. En 2019, sous le crayon d’Arnaud Chastaingt, Directeur du Studio de Création Horlogerie de la marque, la J12 s’offre une cure de jouvence. Un véritable travail d’équilibriste. Le designer décide de tout changer (ou presque) tout en préservant totalement son identité. Elle se métamorphose en douceur. D’ailleurs, le jour où on nous l’a présentée, il a fallu y regarder à deux fois pour constater les métamorphoses. 

Version 2020

En 2020, la J12 ne choisit plus entre le blanc et le noir. Pour la première fois de son histoire, les deux couleurs fusionnent, sans se mélanger. Elle devient un Paradoxe ! Avouons-le, elle ne manque pas d’allure. La J12 Paradoxe allie la lumière au mystère. Le jour à la nuit. Son esthétique, unique, est un véritable défi technique qui repose sur la découpe et l’association de deux parties de carrures de céramique de dimension différente ; l’une de couleur blanche, l’autre de couleur noire, assemblées pour ne former qu’un seul et même boîtier. Inrayable, la céramique ne se laisse pas tailler sans effort et cette opération est une prouesse. Assurer une découpe parfaite, sans casser la matière, requiert une expertise et un savoir-faire particuliers que les artisans de la Manufacture de Chanel maîtrisent parfaitement.

Les deux parties sont ensuite assemblées sur un support métallique dans lequel la glace de fond est chassée. La fabrication nécessite également le façonnage d’éléments bicolores spécifiques : le cadran et la lunette. Le cadran tampographié se laisse couvrir intégralement de blanc puis de noir sur sa partie droite. La bague de la lunette a été d’abord colorisée par tampographie en noir puis en blanc pour un rendu bicolore. Le noir doit pourtant se restreindre, s’effacer pour créer l’alignement parfait avec la ligne de fuite du bracelet en céramique blanche. L’identité bicolore de la J12 Paradoxe se distingue complètement quand la montre est vue de face. Par anamorphose, la démarcation entre le noir et le blanc est parfaite…

www.chanel.com

 

 

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