
En automne dernier, la plateforme Expedia sortait son rapport nommé Horizons 2025. On y apprend que l’observation des phénomènes naturels est l’une des grandes tendances touristiques à venir. Les voyageurs seraient en effet plus que jamais motivés à l’idée de découvrir les mystères de notre planète, sur terre et dans les airs.
On retrouve au cœur de ces tendances, l’astrotourisme. Cette manière de voyager se caractérise par l’envie d’admirer des phénomènes célestes comme les aurores boréales, les éclipses, les pluies d’étoiles filantes… Quitte à faire des kilomètres.
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Un site unique en Belgique
Une tendance étonnante ? Pas vraiment. En 2025, les touristes souhaitent vivre des expériences fortes comme réaliser un trek pour tester son dépassement de soi au cœur de l’Himalaya, entreprendre une retraite spirituelle ou passer une nuit dans un lieu insolite. En Belgique, un endroit est dédié à l’observation des phénomènes célestes. Créé en octobre 2013, l’Observatoire Centre Ardennes est le seul observatoire astronomique public de Wallonie. Le site est situé à Grapfontaine, dans la province de Luxembourg. Il a la particularité de bénéficier d’un des rares ciels belges partiellement épargnés par la pollution lumineuse, qui permet l’observation de la voie lactée. Des conditions idéales pour pratiquer l’astrotourisme.

L’Observatoire Centre Ardenne propose une série d’activités généralement sur rendez-vous, en journée comme en soirée. « Beaucoup de personnes viennent à l’observatoire pour admirer le ciel à travers un instrument (lunettes, télescope) ou avec un guide, qui leur fait découvrir le ciel, ses constellations et ses objets grâce à des pointeurs lasers. Malheureusement, si la Belgique est un pays où il fait bon vivre, la météo y est capricieuse (rires). On a donc imaginé un Planétarium » nous explique Giles Robert, écopédagogue des Cercles des Naturalistes de Belgique (CNB) spécialisé en astronomie et fondateur de l’Observatoire Centre Ardenne. Cette activité est l’une des plus populaires. Elle simule la voie lactée en plein jour grâce à un système de projection. « On a tout paramétré pour ne pas tomber dans le sensationnalisme. On n’a pas ajouté plus d’étoiles que ce que l’on voit réellement par exemple. Ce produit marche très très fort. Il faut souvent réserver plus de six mois à l’avance ».
Un effet Covid qui se poursuit
Giles Robert a constaté une hausse de la demande à l’Observatoire Centre Ardennes. « C’est une tendance observable depuis dix ans, mais on a aujourd’hui des avancées et la promesse d’exploits dans le spatial qui viennent marquer les consciences et intéresser la population. On revient toujours à l’ère Covid, mais cette conscientisation a été renforcée au cours de cette période. On s’est rendu compte que l’activité humaine diminuait, avec pour conséquence un ciel plus transparent. Les gens étaient confinés chez eux, ils ont eu besoin de redécouvrir ce qui les entouraient et d’avoir un retour aux sources ».
La crise sanitaire nous a aussi appris à prendre le temps et à embrasser la slow life. Autant de points communs avec l’astrotourisme. « Cette manière de voyager séduit car elle invite à la déconnexion. Quand on regarde une galaxie, une planète, un amas d’étoiles, une nébuleuse, on se rend compte qu’on touche quelque chose qui nous dépasse à la fois dans l’espace et dans le temps. Cela nous permet de mettre les choses en perspective et de relativiser notre existence. Contempler le ciel a presque quelque chose de philosophique ».

L’astronomie beaucoup plus accessible
Les explorations spatiales ont, elles aussi, participé à l’essor de l’astrotourisme auprès du grand public avec les explorations de la NASA, qui peuvent être suivies sur internet grâce à la plateforme NASA+. Le développement du tourisme spatial participe également à l’intérêt grandissant autour de l’astronomie. On peut désormais se rendre dans l’espace. Un privilège qui n’est cependant destiné qu’à une certaine élite. En 2023, les quatre passagers de la première mission de la société Virgin Galactic, du milliardaire Richard Branson, ont dû débourser 450 000 dollars pour voyager seulement une dizaine de minutes dans l’espace. Des comptes Instagram et des chaînes Youtube sur l’actualité astronomique ont aussi vu le jour permettant de vulgariser l’univers cosmique au plus grand nombre. En Belgique, cet intérêt pour l’espace risque de grandir avec l’envoi de l’astronaute Raphaël Liégeois en direction de la Station Spatiale Internationale (ISS) en 2026.
L’astrotourisme prend de l’ampleur, mais ces lieux propices à l’observation des phénomènes célestes ne sont-ils pas menacés par le surtourisme ? Des croisières et des séjours dédiés à cette manière de voyager ont vu le jour pour attirer toujours plus de touristes. « C’est loin d’être en déclin. Loin de là » commente Giles Robert. Si l’astrotourisme continue de croître, on peut imaginer que des milliers de voyageurs se retrouveront à courir derrière les aurores boréales, les pluies d’étoiles filantes… comme c’est le cas aujourd’hui pour certaines plages ou des sites touristiques populaires. La question du coût écologique et du bilan carbone se pose donc. Quels seront les effets d’un potentiel tourisme de masse dans ces lieux ? La pollution lumineuse qui est rare pourrait-elle gagner du terrain ? La nuit est tendre et calme dans les spots d’astrotourisme. Mais jusqu’à quand ?

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