
La nouvelle est tombée hier, laissant un goût amer au fond du verre. La Cabane, ce refuge boisé de Watermael-Boitsfort qui avait réussi le pari fou de nous faire sortir en périphérie pour danser, ferme ses portes. Même sentence pour Reset, l’hybride arty du centre.
Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On range ses baskets ? Certainement pas. À Bruxelles, c’est bien connu, la nuit a horreur du vide. Si les mastodontes comme le Fuse ou le C12 restent des valeurs sûres, on a cherché ailleurs pour dénicher ce frisson du « club à taille humaine », du son qui claque et de l’ambiance tamisée. Voici quatre adresses qui ont repris le flambeau avec brio.
1. ökēn : Mixologie haute couture
C’est l’ovni qui a secoué le printemps dernier. Installé Place Poelaert, au cœur du très chic club TheMerode, ökēn a réussi un tour de force : réconcilier le cocktail de haute voltige et le clubbing. Ici, on oublie le gin-to tiède servi dans un gobelet en plastique.
Derrière le projet, un trio qui connaît la musique : Elio Pani, Mathieu Fonsny (l’homme derrière le Fifty Lab) et Alexis Mosselmans. Le concept est bipolaire, dans le meilleur sens du terme. De 18h à 22h, c’est un laboratoire de mixologie quasi scientifique où l’on déguste des créations dosées au millimètre. Passé 22h ? La lumière baisse, le volume grimpe. On bascule dans la «Music Experience». C’est groovy, c’est beau, et c’est sélect juste ce qu’il faut.
Où ? Pl. Poelaert 6, 1000 Bruxelles
ökēn, le nouveau bar à cocktails qui vient d’ouvrir place Poelaert
2. Jalousy : Mot de passe requis
Si La Cabane avait ce côté «maison de potes», le Jalousy a celui du «bunker interdit». Niché au Sablon, c’est l’archétype du speakeasy moderne. Pas d’enseigne néon qui clignote, mais un mot de passe à dénicher (souvent via leurs réseaux) pour passer la porte.
À l’étage, on retrouve la patte d’Alexis Mosselmans (oui, l’homme est partout) sur une carte de cocktails 100% naturels et bio. Mais la vraie magie opère au sous-sol. Sous les voûtes en briques, le club se révèle : brut, intimiste, suintant le bon son. Ici, on prône le respect, l’anonymat relatif et la découverte de DJs locaux qui n’ont rien à envier aux têtes d’affiche internationales.
Où ? Rue Haute 4, 1000 Bruxelles
3. UMI : Le « safe place » arty
Il a fallu du cran pour reprendre l’ancien spot du Zodiak, à deux pas de la Grand-Place, et en changer radicalement l’âme. Pari réussi pour l’équipe d’UMI. Oubliez l’ambiance purement touristique du quartier, UMI oscille entre espace culturel et nightclub.
La scénographie est immersive (végétalisation, jeux de lumières soignés), et le système son a été calibré par des obsessionnels de l’acoustique. Musicalement, ça navigue entre minimale, house et breakbeat. Le gros plus ? Une approche «safe space» concrète avec la présence d’Angels (des anges gardiens identifiables) pour s’assurer que la fête reste belle pour tout le monde.
Où ? Rue du Marché aux Fromages 10, 1000 Bruxelles
Boa Boa, le nouveau bar audiophile à connaître à Uccle :
4. Society : L’esprit Boiler Room
Encore au Sablon (le nouveau QG de la nuit ?), le Society joue la carte de la proximité ultime avec le concept de «Boiler Club». Si vous avez déjà fantasmé devant les vidéos Boiler Room où le public encercle le DJ, vous tenez l’idée.
C’est petit, c’est dense, pas de scène surélevée de trois mètres, l’artiste est au milieu de la fosse. La programmation lorgne vers la tech-house et la minimale, parfaite pour les orphelins de La Cabane qui aimaient les basses rondes. C’est un club de «communauté», un peu exclusif, où l’on vient pour la musique et pour transpirer ensemble.
Où ? Rue Sainte-Anne 20, 1000 Bruxelles
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