Le compte à suivre : Marius, ce mec qui a la banane - Charlotte Vanbever

Le compte à suivre : Marius, ce mec qui a la banane

Parce qu’il est compliqué de faire le tri parmi tout le contenu que notre algorithme tente de nous faire avaler sur les réseaux sociaux, chaque semaine, on s’arrête sur un compte Instagram, et son créateur (belge) qui redéfinit le terme « influenceur ». Voici Mariustory, qui fait parler l’intime sur une banane.
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Peu importe comment on le définit, « influenceur ou créateur de contenu », l’important c’est ce qu’il délivre à l’arrivée, nous dit Marius : des vidéos qui ont du sens et « donnent la banane ». Bosser pour les réseaux sociaux, il ne l’avait jamais vraiment envisagé comme « un métier à 100 %, mais plutôt comme un tremplin vers autre chose. Je ne voulais pas me forcer à publier ». Mais il a été rattrapé par la singularité de ce qu’il proposait, dans le fond et dans la forme. Aujourd’hui, l’élément graphique différenciant du compte Mariustory, c’est son canapé en forme de banane… et cette moustache aussi (« peut-être que ça a pu m’apporter quelques collabs plus fashion », confesse-t-il timidement).

À 26 ans, Marius est invité à Spa Francorchamps, à la Fashion Week de Copenhague, en festivals… Jusque-là, oui, ça en fait rêver certains, mais pas de quoi imprimer sa patte sur les réseaux. Pour avoir « de l’impact », comme il le souhaitait, Marius a décidé d’aller à la rencontre des gens. Pas virtuels, mais dans la rue. Et de les faire parler. Parce qu’à notre époque aussi, les gens ont besoin de s’exprimer pour de vrai. Voilà la belle contradiction qu’il apporte aux réseaux sur lesquels il exerce son désormais métier. « Je me suis dit que ma plus-value pourrait d’aider à ‘détabouiser’ certains sujets,. Et les agences, les marques m’ont rapidement démarché pour réaliser des campagnes autour de certaines thématiques, comme les stéréotypes du genre ». Son concept tourné vers l’humain, la société, s’avère immédiatement rentable. Il peut donc rêver en plus grand.

Le compte à suivre : Marius, ce mec qui a la banane - DR - Charlotte Vanbever
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Le micro de ses micros-trottoirs se transforme ainsi en canapé à la forme d’une banane (« parce que je veux donner la banane dans mes contenus »), une création fastidieuse mais rendue possible grâce à une designeuse de Profondeville, ZipZap Deco, précise-t-il. Dans ce fauteuil installé dans des endroits très identifiables de Wallonie et de Bruxelles, jeunes et moins jeunes s’installent, pour papoter, entre quelques sujets plus légers, de sexualité, d’amour qui dure (avec une dame de 82 ans), ou de religion avec une jeune fille portant le voile. Le tout, sans tabou. « Les gens s’ouvrent facilement, ça donne lieu à des conversations intéressantes et bienveillantes ». Son chatoyant et confortable fauteuil banane remplacerait-il dès lors celui au cuir usé d’un psy ? « Non, ce n’est pas mon intention », assure Marius. « Je pense juste que j’ai une bonne écoute ». L’influenceur namurois pensait toucher la Gen Z avec un « ton cool », il a élargi son auditoire (de 15.000 followers) pour réssuri à « représenter tout le monde. La diversité, la différence, c’est ça que je veux mettre en avant ». Mais pour quelle finalité ? « Celle d’offrir du divertissement et que les gens se sentent représentés à l’heure où on trouve du contenu parfois peu représentatif sur les réseaux, des influenceurs à la vie trop parfaite… Discuter avec des gens qui ont une vie ‘normale’ fait que d’autres se sentent concernés ».

Sans chercher à l’être, Marius est devenu un jeune chef d’entreprise. Rien que les tournages avec son fauteuil banane nécessitent une équipe de sept personnes. « On apprend sur le tas. Je me suis pas mal planté et je me plante encore ! Cela fait 2-3 ans que je vis à 100 % de ma passion, j’ai de la chance d’être un profil qui plaît aux marques, car je touche principalement un public belge. J’ai investi dans ce projet-ci tout l’argent que j’avais gagné ces dernières années. Et aujourd’hui, je peux négocier mes contrats et ainsi rentrer dans mes frais. Mais cela fait seulement un an que j’ai trouvé mon rythme de vie. C’est un milieu particulier, qui peut vite nous bouffer. Je me protège d’ailleurs des réseaux, en ne parlant pas de ma vie. C’est très dur d’être compris, et il y a énormément de concurrence. C’est ça qui est un peu malsain : les comparaisons sont nombreuses étant donné qu’on fait un métier de l’image ». Il a beaucoup de choses à dire Marius. À quand son tour dans son fauteuil banane ?

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