
L’été, il arrive que la mer s’allume toute seule sur la plage d’Ostende. Après quelques jours de chaleur, par une nuit sans vent, chaque vague laisse une traînée bleue et chaque pas dans les flaques de marée basse fait jaillir des étincelles autour des chevilles. Les Flamands appellent ça le « zeevonk », littéralement « l’étincelle de mer ». Ce phénomène porte un nom savant, la bioluminescence, et on le doit à la noctiluque, une algue microscopique d’un demi-millimètre qui produit de la lumière dès que l’eau s’agite autour d’elle, sans doute pour effrayer ses prédateurs.
C’est cette petite algue que l’Office de Tourisme d’Ostende a choisie comme héroïne de Vague de lumière. L’histoire suit Noxi, une jeune noctiluque qui sort de la mer du Nord et découvre la ville en compagnie de Sola, son aînée de 101 ans. Leur aventure se découvre au casque, que l’on retire au point de départ avant de suivre les deux voyageuses d’étape en étape. À chaque arrêt, des jeux de lumière et des projections s’emparent des façades au rythme exact des voix qui racontent leur périple.
Une mère, un fils et la mer du Nord
Ces voix, justement, parlent à tout le public flamand. Sien Eggers incarne Sola et Wim Opbrouck joue le narrateur, un duo qui formait déjà une mère et son fils dans In De Gloria, une série humoristique devenue culte en Flandre au début des années 2000. C’est d’ailleurs la maison de production de Opbrouck qui a écrit le conte.
L’enjeu, cette année, est aussi de faire mieux que l’hiver dernier. La première édition de l’évènement suivait Jutta, une jeune glaneuse qui ramassait les trésors abandonnés sur la plage, accompagnée notamment d’une baleine bavarde prénommée Guust. La balade a fini par attirer 25 000 curieux, et l’équipe promet désormais un son et une lumière bien mieux accordés, ainsi qu’une étape que personne n’attendait.
Allongé sous les verrières de la gare
Après le Kursaal, le parc Léopold ou l’église Saints-Pierre-et-Paul, la balade fait halte à la gare. Pour les plus curieux, cette dernière mérite qu’on s’y attarde. Inaugurée en 1913, elle servait à faire passer les voyageurs du train au bateau pour l’Angleterre, et son hôtel accueillait ceux dont le train venu d’Europe centrale arrivait trop tard pour la traversée. Pour les cent ans de la SNCB, son ancienne salle des guichets se remplit de cent chaises longues, d’où l’on contemple, en manteau, un film projeté au plafond. Une bonne raison de venir en train, avec des liaisons directes depuis Bruxelles, Gand, Anvers ou Louvain.

Une fois le casque rendu, descendez jusqu’à l’eau. En décembre, la mer du Nord roule noire sous les lumières de la digue, et les vraies noctiluques ne reviendront qu’avec les chaleurs de l’été. D’ici là, c’est Noxi qui assure l’intérim.
En pratique
- Où ? Départ à l’Office de Tourisme d’Ostende, sur la Monacoplein, à quelques pas de la digue. Le parcours fait environ 4 km à pied dans le centre-ville
- Quand ? Tous les jours du 27 novembre au 3 janvier. Départs entre 17 h et 21 h, installations allumées jusqu’à 23 h
- Comment ? On réserve un créneau horaire en ligne sur lichtgolfoostende.be, puis on retire son casque audio au point de départ. Des formules combinant la balade avec un dîner ou une nuit d’hôtel sont aussi proposées sur le site
- Combien ? 8 euros, casque compris. 5 euros en prévente jusqu’au 16 novembre
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