Pourquoi se met-on autant de pression pour les cadeaux de Noël ?

Noël approche à grands pas. La course aux cadeaux aussi. Cette année, la pression pour offrir le meilleur présent à ceux qui nous sont chers est encore plus grande. Alexandra Balikdjian, psychologue de la consommation, nous en explique les raisons. 

Par Audrey Morard. Credit photo : Pexels/Vladislav Murashko |

Difficile de se mettre dans l'ambiance de Noël cette année. À cause du coronavirus, la magie des fêtes a du mal à prendre. Le repas de Noël aura une saveur particulière, au même titre que l'ouverture des cadeaux. Les cadeaux, l'un des casses-tête de Noël, une vraie source de stress et de tension, avec les mêmes questions chaque année : Que vais-je offrir ? Mon cadeau va-t-il plaire ? Aurais-je dû m'y prendre plus tôt ? 

"Le cadeau raconte la relation entre deux personnes"

À Noël, le cadeau est porteur de sens comme nous l'explique Alexandra Balikdjian, docteur en psychologie de la consommation à l'Université Libre de Bruxelles : "Le cadeau raconte la relation entre deux personnes. C'est un vecteur de communication et de narration. Le cadeau raconte ce qui unit deux personnes, quelle est leur histoire passée, quel est l'intérêt qu'elles se portent mutuellement. À travers un cadeau, on transmet un vrai message à l'autre".

En cette année si unique et si particulière, le cadeau a encore plus de valeur. Les gens s'investissent davantage, ils ne veulent pas se tromper après des mois d'incertitudes, de doutes et de questionnements liés à la pandémie du coronavirus. "En 2020, le cadeau raconte le lien entre deux personnes, mais il raconte aussi des choses sur notre situation financière. Vous ne direz pas la même chose si vous offrez un stylo haut de gamme ou un stylo acheté dans le magasin d'une grande enseigne". En raison des restrictions sanitaires, le nombre de personnes réunies pour le repas de Noël est réduit. Le moment du déballage des cadeaux sera donc encore plus important et stressant. "On sera en comité réduit, on va pouvoir voir ce que les uns et les autres se sont offerts. C'est une pression supplémentaire sur nos épaules"

Des cadeaux plus créatifs et locaux 

Cette année, de plus en plus de personnes se sont lancées dans des cadeaux créatifs, confectionnés par leurs propres soins avec un véritable essor du Do It Yourself (DIY). Une jolie manière de prouver qu'on s'est investi dans le cadeau de l'autre, qu'on a pris du temps pour lui faire plaisir. Alexandra Balikdjian note aussi l'intention de soutenir les commerçants et les artisans belges. "Ces secteurs ont beaucoup souffert avec le coronavirus. Ils sont aussi privés des marchés de Noël. En achetant local, il y a presque un acte militant derrière". 

Alexandra Balikdjian organise des tables de discussions pour en savoir plus sur les habitudes de consommation des Belges, notamment celles de Noël. Pour éviter la pression des cadeaux, certains s'y prennent tôt, dès le mois d'octobre, "même s'il y aura toujours les cadeaux de dernière minute". Anticiper est judicieux, d'autant plus que "des magasins sont en rupture de stock de certains jouets". Des familles établissent même des stratégies pour faire acheminer leurs cadeaux, d'autres ont prévu de célébrer Noël par visioconférence. Les alternatives sont nombreuses, mais dans tous les cas, "ce Noël 2020 sera beaucoup plus centré sur la famille et le partage. On va continuer à mettre les petits plats dans les grands".

 

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