Zoom sur le métier de chasseur immobilier

Courue dans les pays anglo- saxons, cette profession se développe peu à peu chez nous. Active dans ce secteur depuis une dizaine d’années, Marie Palmblad nous en dévoile le b.a.-ba.

PAR SIGRID DESCAMPS. PHOTOS D.R. |

Quiconque a déjà cherché à acheter un logement le sait : cela demande du temps, beaucoup de temps ! Il faut visiter, mesurer, évaluer le coût des travaux, effectuer diverses démarches... Une tâche qui se complique plus encore lorsqu’il s’agit de trouver un bien alors que son agenda est saturé ou que l’on réside à l’étranger et que l’on doit se reloger rapidement.

Dans ces cas-là, le chasseur immobilier devient un allié de choix. Formée en marketing et en communication, active dans le secteur immobilier durant des années, Marie Palmblad, à la tête de Searchlight, a embrassé cette profession voici onze ans. "Ce métier existe dans les pays anglo-saxons depuis les années 80 (sous le terme de flat hunter, ndlr), mais en Belgique, nous sommes peu nombreux.  En Angleterre et aux États-Unis, il est courant de payer pour un service, chez nous, pas." 

Car il s’agit bel et bien d’un métier de service, qui se distingue de celui d’agent immobilier : ce dernier se plaçant du côté du vendeur alors que le chasseur œuvre exclusivement pour l’acheteur. Un métier qui s’exerce sous contrôle strict : "Il faut être agréé auprès de l’institut professionnel des agents immobiliers. Et suivre des formations. C’est une profession qui engage de grandes responsabilités. Il faut connaître les règles, les normes, savoir lire des PV... Tout est très régulé !"

C'est pour qui ?

Bonne nouvelle : ce service est ouvert à tous. "Il n’existe pas de profil type d’acheteur, commente Marie. Même si en une décennie, le marché a pas mal évolué. Il y a quelques années, on a ainsi vu arriver beaucoup de Français qui, ne connaissant ni Bruxelles ni les règles belges, avaient besoin d’un accompagnement de A à Z. Mais d’une manière générale, on croise un peu de tout. Des familles recomposées qui cherchent un logement adapté, des jeunes couples, des célibataires, des investisseurs... Et aussi des expatriés qui doivent revenir en Belgique et n’ont pas l’occasion d’effectuer des visites. Leurs points communs ? Ils travaillent tous beaucoup et n’ont pas le temps de chercher un logement. Il faut un peu les prendre par la main. Et le plus souvent, ils sont pressés (rires). "À noter qu’au final, quels que soient le bien acheté et la situation de l’acheteur, la participation de chacun est la même : 3 % du prix de vente.

C'est pour acheter quels bien ?

    Là aussi, on trouve un peu de tout... "J’ai des demandes pour des maisons, mais aussi pour des duplex, des appartements, des ateliers, des rez commerciaux... Avec une attention toutefois de plus en plus marquée pour l’impact écologique. On ne me demande quasiment plus de lofts alors que c’était très à la mode il y a quelques années. Aujourd’hui, les gens cherchent des lieux plus isolés, cloisonnés. Et, fait symptomatique : les gens abandonnent de plus en plus la voiture, pour lui préférer les transports en commun, le vélo ou éventuellement les véhicules partagés. Du coup, le garage ou la place de parking n’est plus un critère essentiel comme cela a pu l’être par le passé."

    Comment ça se passe ?

    Une fois que l’on se décide à faire appel à un chasseur immobilier, la démarche est simple. Tout démarre par un rendez-vous. Cela peut se faire par téléphone si la personne vit à l’étranger, mais la rencontre en face-à-face est à privilégier. Et de préférence, chez le candidat acheteur même.

    "Cela donne en effet déjà pas mal d’indications. Si par exemple, la personne adore l’appartement qu’il loue et aurait aimé l’acheter, cela donne une idée de ce qu’il cherche. Je peux aussi sentir l’atmosphère de son intérieur, voir sa déco, s’il préfère l’ancien ou le moderne... Je pose des questions sur les recherches déjà effectuées et sur le temps qui y a été consacré. Je dresse
    la liste des critères les plus importants : la distance par rapport aux lieux stratégiques (écoles, lieu de travail, gare...), la luminosité, la superficie, le nombre de chambres, etc. Tout cela me permet de visualiser l’objectif et de débuter ma recherche en fonction du budget. "

    Et à ce propos, la jeune femme insiste : "Il est impératif que le futur acquéreur ait consulté sa banque en amont pour connaître le montant dont il peut disposer. On peut avoir de mauvaises surprises. Sans cette information, chacun va perdre son temps !"

    Mais si chaque partie est d’accord, se signe alors un contrat d’exclusivité, généralement de deux mois, une sorte de mandat de recherche. Démarre ensuite celle-ci proprement dite. L’agence travaille en collaboration avec tout un réseau : sites spécialisés, agences immobilières, particuliers, promoteurs... Parfois, Marie, ou sa collègue Jess, sillonne elle-même quelques rues, si un quartier est très précisément ciblé.

    "Quand je pense avoir trouvé le bien cherché, j’effectue une prévisite, je prends des photos et je dresse un rapport avec un descriptif complet, mon avis, les points positifs et négatifs. Si l’acheteur est intéressé, on va alors visiter le bien ensemble et je vais plus loin encore dans les démarches : je me rends à l’urbanisme, je me renseigne sur les charges, sur des travaux éventuels, je lis les PV des assemblées générales... C’est un accompagnement complet jusqu’à la vente. Par contre, je n’achète pas à sa place, la décision finale lui revient toujours. Et comme il s’agit d’argent et donc de temps, dans quels délais, le chasseur atteint-il sa “cible” ? Cela prend en moyenne deux mois, mais il arrive que le coup de foudre se produise dès la première visite !"

    www.searchlight.be

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