
Difficile de ne pas s’arrêter sur ce cadran étonnant. Il intrigue, accroche le regard, presque par surprise. C’est souvent comme ça qu’on entre dans l’univers d’AnOrdain : par curiosité, puis par fascination. Et si cette marque encore confidentielle s’impose, c’est notamment grâce à une spécialité artisanale qui séduit autant les puristes que les esthètes : l’émail Grand Feu.
Découvrez en vidéo notre immersion dans la manufacture Tudor, en Suisse :
Email Grand Feu : un art ancien, une signature contemporaine
AnOrdain n’a rien inventé, mais a su se réapproprier une technique rare. L’émail Grand Feu, que l’on associe souvent à des maisons de haute horlogerie comme Blancpain, Breguet ou Jaquet Droz, repose sur un principe aussi simple à décrire que difficile à maîtriser : fusionner du verre au métal. Le cadran, d’une finesse extrême, est recouvert de couches successives de poudre d’émail, puis cuit à plus de 800°C. Résultat : une surface soyeuse, plane, lumineuse – mais aussi capricieuse. Chaque cadran réussi est presque un petit miracle.
Quand l’imprévu devient esthétique
Et c’est justement une imperfection qui a tout changé. En travaillant l’un de ses cadrans, l’atelier d’AnOrdain remarque une variation d’intensité dans la teinte. Un accident de cuisson ? Peut-être. Mais surtout, une trouvaille visuelle que la marque va tenter – et réussir – à reproduire. Ce fini légèrement fumé donne naissance à une collection pleine de nuances et de profondeur, comme si le temps avait marqué la matière de son passage.

Payne’s Grey : une couleur, une histoire
Blue, Green, Plum… chaque déclinaison de ce cadran fumé a son charme. Mais de notre côté, nous avons un faible pour le Payne’s Grey. Une teinte à mi-chemin entre le gris charbon et le bleu de minuit, inspirée du peintre britannique William Payne, qui cherchait une alternative subtile au noir pur. C’est raffiné, discret, presque contemplatif.
Un prix qui reflète le geste, pas le logo
À plus de 3.000€, cette montre ne joue clairement pas la carte de l’entrée de gamme. Mais c’est peut-être le prix d’une forme d’authenticité. L’émail Grand Feu reste une technique exigeante, au taux d’échec élevé – les artisans de Jaquet Droz le rappelaient déjà il y a vingt ans. Alors oui, l’objet est rare. Mais dans un monde de production industrielle, une montre imaginée et réalisée à Glasgow, avec un tel niveau de détail, ça compte.
AnOrdain Model 1 Payne’s Grey Fumé : 3.243 € HTVA (mouvement Sellita) – 3.621 € HTVA (mouvement La Joux-Perret)
Sur le même sujet














