Montres lunaires, le grand retour - Raymond Weil Millesime Moonphase - Christophe Dosogne

Montres lunaires, le grand retour

Avec le retour de l’esthétique des années 1980, dont elle fut une la star incontestée, la montre à complication phase de lune signe un come-back remarqué.
sosoir
Photo
Raymond Weil

L’histoire commence avec la nécessité de prédire les marées et les calendriers religieux. Le premier ancêtre connu de la montre lunaire est la machine d’Anticythère (ca. 150 av. l’ère commune), mécanisme grec en bronze qui utilisait un train d’engrenages différentiels pour afficher la position de la Lune et ses différentes phases. Au Moyen Âge, cette science antique migre vers les clochers, les horloges astronomiques étant devenus des outils de démonstration du savoir scientifique, où la Lune occupe une place centrale pour le calcul de la date de Pâques. Au XVIe siècle, l’horlogerie de table, puis de poche, s’empare de cette complication. Car, pour les navigateurs, la connaissance de l’âge de la Lune, ou lunaison, est alors stratégique, qui permet de déduire les coefficients de marée, cruciaux pour l’entrée dans les ports.

Montres lunaires, le grand retour - ba111od - Christophe Dosogne
ba111od chapter 8 Moonphase - ba111od

On doit à des horlogers comme Abraham-Louis Breguet d’avoir perfectionné ces mécanismes, intégrant des disques de lune peints à la main sur des montres de poche ultraplates. Le passage de la poche au poignet marque une rupture technique : en 1925, Patek Philippe crée la première montre-bracelet à quantième perpétuel, la mythique 97975, incluant une phase de lune. Cette miniaturisation extrême impose aux horlogers de nouveaux défis de friction et d’énergie. Le principal réside dans la durée réelle d’une lunaison : 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 2,8 secondes. Le système standard utilise une roue de 59 dents (2 x 29,5 jours), mais génère une erreur d’un jour tous les 2 ans et 7 mois. Entretemps, nombre de manufactures ont bien sûr repoussé ces limites en mettant au point des mécanismes précis sur plusieurs millions d’années…

Montres lunaires, le grand retour - Chronoswiss - Christophe Dosogne
Chronoswiss Lunar Chronograph - Chronoswiss

Eighties revival

Avec le bouleversement économico-technologique de la « crise du quartz », qui a failli voir disparaître l’horlogerie mécanique, la phase de lune a joué un rôle salvateur. En 1983, la maison Blancpain lançait ainsi son modèle Villeret Phase de Lune (réf. 6595), rappelant au public que seule la mécanique pouvait offrir cette lecture complexe du temps face à la froideur des affichages digitaux. Aujourd’hui, cette complication se décline sous deux formes : le guichet classique, à disque rotatif sous un cache en forme de nuage, qui affiche le cycle lunaire tel qu’il apparaît dans le ciel, et l’affichage central par aiguille, plus rare et technique, tout comme celui en 3D expérimenté par Christiaan Van der Klaauw. C’est dans le registre classique, l’un des plus poétiques de l’horlogerie, avec un clin d’œil assumé mais surtout transcendé aux années 1980, que les marques Raymond Weil (Millesime Moonphase), Chronoswiss (Lunar Chronograph Aurora) ou la plus confidentielle BA111OD (Chapitre 8 Moonphase) ont choisi d’inscrire leurs récents modèles à phase lunaire. De quoi renouveler bien des désirs…

Contenus sponsorisés

Magazine

MagazineJe découvre
SO FRIEND

SO FRIEND

So soir est une communauté… Découvrez nos concours et avantages so friend!

je découvre
CARNET D’ADRESSES

CARNET D’ADRESSES

Découvrez les bons plans sorties avec SoSoir

je découvre
MASTERCLASS

MASTERCLASS

Découvrez comment sublimer votre plateau de fromages.

je découvre