
Nous sommes à la fin des années 1980 lorsque Chanel organise la nouvelle campagne publicitaire de son parfum Coco. Le choix de l’égérie est évident : Inès de la Fressange. La mannequin, incarnation parfaite de la Parisienne, est alors en contrat avec la marque. Jusqu’à la rupture. Inès de la Fressange se brouille avec le directeur artistique de l’époque, Karl Lagerfeld. Elle est écartée du projet. La direction de Chanel souffle alors à Jean Paul Goude, le photographe en charge de la réalisation de la pub, le nom de Vanessa Paradis, alors en pleine ascension avec le film Noces blanches et son album Variations sur le même t’aime.
Le pari Vanessa Paradis
Jean-Paul Goude est septique. Remplacer la sculpturale Inès par la frêle Vanessa est un pari osé. Malgré ses réticences, le premier rendez-vous finit par le convaincre, séduit par la personnalité et la physique de la jeune femme. Les téléspectateurs découvrent alors la jeune Vanessa se balançant et sifflotant dans sa cage dorée, transformée en oiseau de Paradis. Un chat angora majestueux l’observe avec attention, tel Grosminet face à Titi.
À mesure que la publicité se déploie sous yeux, on découvre que la cage dorée est installée dans une suite du Ritz, celle-là même que Coco Chanel a occupée pendant 34 ans. Vanessa Paradis avait pour l’occasion tenu à réaliser ses figures sur le trapèze installé à quinze mètres au-dessus du vide. La chanteuse devient l’acrobate d’un jour, mais l’égérie Chanel de toujours.
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