
Toits en pente souvent bardés d’ardoise, murs de pierre brute, bois chaleureux, fenêtres ouvertes vers des panoramas grandioses… Ceux qui ont déjà passé quelques jours à Courmayeur, une station parmi les plus charmantes du val d’Aoste, sont forcément tombés sous le charme de son architecture alpine typique ; une architecture de carte postale, qui fait écho au retour en grâce du chalet de montagne. Longtemps considéré comme un point de chute rustique, rarement associé à l’idée d’élégance, ce dernier connaît depuis quelques années une véritable renaissance.
Nouveau dada des voyageurs en quête de déconnexion, la montagne offre à coup sûr une expérience à la fois immersive et ressourçante. Cette tendance va de pair avec l’émergence de projets architecturaux aux antipodes de ceux qui ont dominé le paysage montagnard de la fin du siècle passé. La preuve à Courmayeur. C’est là que le collectif belge Maison Osaïn a signé un projet qui vise à réhabiliter l’idée même du chalet de montagne. Plus qu’un lieu de passage, House Montagna titille nos sens en stylisant à l’extrême chaque séjour en altitude.

Force tranquille
« Le paysage autour de Courmayeur possède une force silencieuse. Il n’est pas spectaculaire de manière ostentatoire, mais il est traversé par un rythme profond ; la façon dont la lumière glisse sur les sommets, l’odeur des pins et de la pierre après la neige. Nous voulions que la maison suive ce même rythme. Plutôt que de cadrer la vue comme une carte postale, nous avons souhaité laisser la nature s’infiltrer, à travers les textures, les matériaux et la lumière. Le béton fait écho à la permanence de la montagne, tandis que le bois patiné reflète la douceur des forêts environnantes. Ensemble, ils instaurent un dialogue subtil entre refuge et nature sauvage, une maison à la fois protectrice et ouverte aux éléments », nous expliquent Thomas Maria Verschuren et Ann Butaye, les fondateurs de Maison Osaïn.

Leur credo ? Faire cadrer chaque projet avec l’âme des lieux. « Ici, nous avons travaillé main dans la main avec des artisans locaux qui connaissent les matériaux, le climat, le rythme de la montagne. L’un des menuisiers nous a emmenés dans son atelier, où il nous a montré des planches de récupération qu’il avait collectées au fil des années. Chaque pièce portait ses marques, son histoire. À partir de là, il a fabriqué le mobilier et les rangements, insufflant l’esprit de la montagne au cœur même de la maison. Cette confiance, cet échange, rendent un projet véritablement vivant. Nous croyons que la simplicité invite à l’immobilité mentale, les matériaux parlent leur propre langage, sans artifice, sans hâte », concluent-ils.
Rencontre avec un Belge habitué aux sommets :
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