Zara au Met Gala 2026 : comment la marque veut se défaire de son image d’enseigne fast fashion

Zara au Met Gala 2026 : comment la marque veut se défaire de son image d’enseigne fast fashion - L’artiste Stevie Nicks en Zara lors du Met Gala 2026. - Audrey Morard

La marque espagnole a fait coup double au Met Gala. Bad Bunny et Steve Nicks se sont en effet présentés vêtus en Zara sur le tapis rouge de l’événement. Une preuve de plus que l’enseigne souhaite monter en gamme et tendre vers une image plus luxueuse. Sur la forme, mais moins sur le fond…

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Le Met Gala s’est tenu au Metropolitan Museum of Art à New York lundi. Événement incontournable, il est aujourd’hui autant attendu que les Oscars et les Grammy Awards pour une raison bien particulière : ses impressionnantes tenues. Cette édition 2026 a tenu toutes ses promesses, avec en plus une petite touche de belge, puisque Rihanna portait une impressionnante robe signée du créateur Glenn Martens, directeur artistique de Diesel et de Maison Margiela.

Cette année, des invités ont mis à l’honneur des marques inattendues comme Gap à travers Kendall Jenner, mais aussi Zara. L’enseigne espagnole était en effet portée par Bad Bunny – méconnaissable en vieillard dans son costume noir surmonté d’un imposant nœud autour du cou – mais aussi par Stevie Nicks. La tenue de l’artiste a particulièrement marqué les esprits puisqu’il s’agissait d’une création inédite signée John Galliano, le nouveau directeur artistique de Zara. L’arrivée du styliste britannique avait fait l’effet d’une petite bombe dans le milieu de la mode. John Galliano est passé par des grandes maisons de couture dont Dior où il a officié pendant 15 ans. Voir une personne de son envergure travailler pour Zara peut sembler surprenant… du moins en apparence. Car depuis quelque temps, la griffe ibérique opère une montée en gamme.

Le choix John Galliano

Associé à la fast fashion, Zara tente de s’éloigner de cette image de surconsommation textile dont elle est l’un des plus grands symboles. Pour cela, ses dirigeants misent sur des collaborations avec des créateurs de renom. En choisissant John Galliano comme directeur artistique, Zara frappe un grand coup, mais la marque avait déjà posé ses jalons en travaillant l’automne dernier avec Ludovic de Saint-Sernin, l’un des stylistes français les plus en vue et les plus doués de sa génération. Cette association avait donné une collection capsule avec des pièces propres au style Saint-Sernin comme des robes longues, du cuir souple, de la laine satinée conférant à Zara un style plus audacieux avec des pièces aux accents haut de gamme et élégants. La marque s’entoure de nouvelles personnalités de la mode, reste maintenant à le montrer au monde entier. Et quoi de mieux que de miser sur des personnalités fortes et des événements mondiaux ?

Zara au Met Gala 2026 : comment la marque veut se défaire de son image d’enseigne fast fashion - Photo News - Audrey Morard
Le créateur John Galliano, nouveau directeur artistique de Zara. - Photo News

Bad Bunny, meilleur ambassadeur de Zara ?

En mars dernier, Zara réalisait un nouveau coup d’éclat en s’invitant au Super Bowl. Bad Bunny – encore lui – s’était présenté sur scène dans une tenue blanche élégante signée de la griffe espagnole. Le reste de son outfit se composait de bijoux Chopard. Deux marques, deux styles différents, deux niveaux de gammes opposés, mais réunis lors d’un événement rassemblant des millions de téléspectateurs. Cette année, 128 millions de personnes étaient devant leurs écrans pour assister à la prestation de Bad Bunny. L’artiste n’a pas choisi Zara par hasard. Certains ont vu un clin d’œil à ses racines portoricaines et à sa langue natale qu’il met à l’honneur dans chacune de ses chansons.

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Après le Super Bowl, Zara se devait de s’offrir une nouvelle vitrine, toujours people, mais plus mode. Quoi de mieux que le Met Gala pour atteindre cet objectif ? Le rendez-vous est sans doute l’événement le plus fashion de l’année. De grandes marques de luxe et des grands créateurs étaient portées par les stars. Madonna avait choisi Saint Laurent – la chanteuse était d’ailleurs accompagnée du directeur artistique le Belge Anthony Vaccarello –, Rihanna était habillée en Glenn Martens, tandis Beyoncé arborait une robe tout en diamant signée Olivier Rousteing, ancien directeur artistique de la maison Balmain. Zara a donc réussi à se frayer un chemin dans tout ce luxe, en étant en plus, porté par deux personnalités dont à nouveau Bad Bunny.

Une montée en gamme avec des limites

Zara cherche donc à changer son image associée à la fast fashion. L’enseigne a cependant encore du chemin à faire car les processus de production restent toujours les mêmes. La marque fabrique ses pièces dans des délais de production très courts, parfois seulement 15 jours. Dans les magasins, les collections se succèdent toujours les unes après les unes, changeant tous les mois. Si Zara veut évoluer, la marque devrait prendre le problème à la racine en proposant une nouvelle manière de consommer la mode de manière plus durable et plus responsable. Zara cherche à changer son image sur la forme et se donner une nouvelle image sur les réseaux sociaux où les associations avec des créateurs de luxe et les incursions dans les événements mode sont relayées et partagées en masse. Mais le fond – et donc les coulisses – compte tout autant. Car une image ne suffit pas à elle seule à redéfinir un modèle.

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