
À l’hiver 2027-2028 (et déjà en 2028-2029), le Commandant Charcot, habitué à défier, mais paisiblement, les mers glacées, mettra le cap sur le bout du monde. Embarquement à Ushuaïa pour une croisière de 62 jours, sur quelque 23 000 kilomètres, le long des côtes du continent blanc. Explorer l’Antarctique à bord d’un bateau de croisière, c’est le luxe que va s’offrir Ponant Explorations (et 245 passagers). Plus que briser la glace autour des terres les plus reculées, la compagnie battant pavillon français veut repousser toujours un peu plus les limites de l’exploration sur mer (et sur fleuve), comme elle l’avait promis il y a déjà 38 ans, pour son premier voyage.

En cours de voyage, à force d’escales, Ponant Explorations aurait-elle – à son insu –, perdu un peu ce cap, en traçant plusieurs routes pour sa luxueuse flotte à taille humaine ? On a posé la question à Benoît-Etienne Domenget, qui tient désormais le gouvernail, après Hervé Gastinel, à une époque où le secteur de la croisière se porte suffisamment bien pour inciter de nouveaux acteurs de l’hôtellerie et du voyage de luxe (Ritz, L’Orient-Express, Four Seasons…) à s’aventurer sur l’eau. Le clin d’œil est amusant : le nouveau CEO a fait ses armes dans le secteur de… l’hôtellerie («il y a une vraie notion d’hospitalité en commun, sur un navire s’ajoute la notion de découverte permanente »). «Vous touchez du doigt quelque chose d’assez intéressant : dans l’univers entier des voyages océaniques, fluviaux, il existe un segment de marché qui s’appelle le Luxury Expedition. Notre conviction est que ce segment va se scinder en deux. Il y aura le Luxury cruising. Et ce segment auquel on appartient qui sera ‘Exploration et Expédition’. Notre ambition est d’être le leader incontesté de ce segment-là. Notre ADN n’est pas d’être un acteur de la croisière de luxe. À la création de Ponant Explorations, déjà, notre raison d’être était d’aller là où les autres ne vont pas ».

Mais cette exploration recouvre bien des aspects. «Bien sûr, il y a l’exploration géographique, des mers, de la terre, des rivages, de la nature. Il y a aussi tout ce qui vient enrichir le voyage : la découverte culturelle, la rencontre des communautés locales, faire venir à bord des naturalistes, des conférenciers, des partenaires de l’Explorers Club…». Explorer le Groenland, oui. Mais en proposant une immersion au sein des communautés inuites (...).














