
Voilà, en résumé, le projet dingue du Grand Tour. Imaginé par le Puy du Fou, ce train de luxe a pour ambition d’offrir un tour de France en six jours sous forme d’immense spectacle itinérant. Seul bémol, si tout est prêt sur papier, le projet met un peu de temps à se concrétiser.
Le Grand Tour est pensé comme un hôtel de luxe qui se déplace chaque nuit, doublé d’un spectacle permanent. Le projet a été annoncé dès 2021 par le Puy du Fou, avec une première saison prévue pour l’été 2023. Son principe n’a guère changé depuis : parcourir environ 4 000 kilomètres en six jours et cinq nuits, avec une succession d’étapes permettant de découvrir paysages, gastronomie et patrimoine français. Le Puy du Fou le présente lui-même comme un « spectacle ferroviaire » plutôt que comme une nouvelle liaison destinée à aller d’un point A à un point B.
So Soir vous emmène : à bord d’un train de luxe espagnol
Quinze chambres pour trente personnes
À bord, trente voyageurs seulement. Quinze cabines dotées de leur propre douche et de toilettes, deux voitures-restaurants et une voiture-bar. Les espaces privés annoncés s’étendent d’environ 10 à 30 m² selon les configurations. Quinze membres d’équipage étaient également prévus : dans sa conception originelle, il y aurait donc pratiquement un employé pour deux voyageurs.
L’esthétique lorgne volontairement vers l’âge d’or du voyage ferroviaire : boiseries, tissus, éclairages tamisés et références à la Belle Époque. Les nouvelles images dévoilées du chantier permettent désormais de voir beaucoup plus concrètement cet intérieur longtemps resté au stade des rendus numériques.
La France transformée en décor
Le trajet annoncé doit relier Paris à plusieurs grandes étapes françaises, avec notamment la Champagne, la Bourgogne, Annecy, la Provence, les vignobles bordelais, Chenonceau puis le Puy du Fou. L’itinéraire exact a évolué depuis la naissance du projet, mais son principe reste le même : descendre régulièrement du train.
L’expérience doit en effet mixer visites, dégustations et accès à certains endroits habituellement fermés au public. Les premières présentations évoquaient notamment le domaine de Cos d’Estournel à Saint-Estèphe, le lac d’Annecy, Avignon, Aix-en-Provence ou encore le château de Chenonceau.
Autrement dit, contrairement à l’Orient-Express, dont le mythe repose largement sur le voyage lui-même, le Grand Tour veut faire du territoire français une partie du spectacle. Le train devient à la fois hôtel, restaurant, moyen de déplacement et prétexte d’une mise en scène à chaque escale.
4 900 euros… au minimum
Reste la douloureuse. Le tarif communiqué depuis le lancement du projet débute à 4 900 euros par personne pour six jours et cinq nuits, avec formule tout compris. Soit un peu plus de 800 euros par jour par voyageur. C’est évidemment énorme pour un voyage en train. Mais le produit se place sur le marché des trains-hôtels ultra-luxe et des voyages expérientiels, avec restauration gastronomique, hébergement, excursions et service personnalisé.
Alors pourquoi ne l’a-t-on toujours pas vu passer ?
Annoncé pour 2023, le projet a accumulé les retards. Transformer d’anciennes voitures ferroviaires ne consiste pas simplement à y installer des lits et de jolies lampes. Chaque voiture doit pouvoir circuler sur le réseau national en respectant les exigences de sécurité et d’homologation ferroviaire.
Le projet a également changé d’industriel en cours de développement, selon les informations rapportées en 2026. Le Puy du Fou assure poursuivre les procédures nécessaires à la mise en circulation. Ne reste plus qu’à attendre de voir si la belle promesse des images survit à l’épreuve du quotidien : transporter de vrais voyageurs, de bout en bout, sur 4 000 kilomètres. Bref, côté glamour, on est bon : le bar, les boiseries et l’invitation au voyage. Plus qu’à franchir l’étape la plus terre à terre : obtenir le feu vert des autorités. Après plusieurs années de retard, 2027 devrait donc être l’année du véritable test.
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