
Enchaîner douze heures d’autoroute, faire la file à 3 heures du matin à la station-service de Berchem au Luxembourg pour gratter trois centimes sur le plein, subir la torture psychologique de l’A31 et les bouchons entre Mâcon et Chambéry. Pour enfin, achever le calvaire à 10 km/h dans l’entonnoir asphyxié de la Tarentaise, bloqué derrière une caravane.
Ou alors ? Ou alors embarquer tranquillement à Bruxelles-Midi le vendredi soir, caser ses skis sous la couchette et se réveiller le samedi dans la vallée, à quelques kilomètres des pistes. C’est la promesse du Travelski Night Express, une nouvelle liaison nocturne directe programmée pour la saison hivernale 2026-2027 à destination de la vallée de la Tarentaise.
L’idée, comme on l’a dit, est d’optimiser le temps de trajet en dormant. Résultat : on réussit presque à gratter deux journées supplémentaires sur les pistes, transformant la traditionnelle semaine de six jours de ski en une session de huit. Pas mal.
So Soir vous emmène : comment les stations de ski renouvellent leur offre pour rester attractives ?
Quatre gares au départ, trois à l’arrivée
Opéré par la compagnie Pegasus Trains pour le compte de Travelski (filiale du groupe Compagnie des Alpes), le service démarrera le 18 décembre 2026 et tournera à rythme hebdomadaire jusqu’au 27 mars 2027.
Le tracé relie le nord de l’Europe aux sommets savoyards. Avec quatre gares de départ : on embarque le vendredi soir à Amsterdam, Rotterdam, Anvers ou Bruxelles-Midi. À l’arrivée, trois arrêts possibles : on se réveille le samedi matin dans la vallée de la Tarentaise, avec des arrêts desservis à Moûtiers, Aime-la-Plagne et Bourg-Saint-Maurice, d’où sont organisés des transferts vers les stations. Au retour, même délire. On part le samedi soir pour une arrivée dimanche matin dans les gares belges et néerlandaises.

Matériel, couchettes et wagon-bar
On apprend que le train proposera plusieurs configurations d’hébergement : du simple siège à la couchette standard, en passant par le compartiment privé ou la première classe. Les compartiments couchettes intègrent un espace dédié pour ranger skis et snowboards. Un wagon-bar assure le service de restauration et de boissons en soirée et au réveil.
Reste la question qui pique : l’addition. Côté portefeuille, deux options. D’un côté le billet de train seul, accessible à partir de 127 € par personne pour un trajet simple. De l’autre, le forfait intégré : à partir de 720 € par personne, le tarif comprend le trajet en train, le transfert jusqu’à la station, l’hébergement, le forfait de ski et la location d’un équipement de glisse d’entrée de gamme
Évidemment, un tel tarif est à manier avec précaution, puisque l’opérateur ne précise ni la semaine, ni la station, ni le logement, ni le taux d’occupation. Inutile de préciser que pendant les vacances scolaires, avec un appartement moins densément occupé, et un domaine étendu, l’addition pourrait se révéler sensiblement supérieure.

Quant au coût environnemental, la Compagnie des Alpes annonce une rame qui fonctionne à 100 % à l’électricité. Selon son estimation, fondée sur le calculateur de l’Ademe, les émissions de CO₂ d’un trajet en train comme celui-ci représentent environ un cinquième (20 %) de celles générées par un trajet équivalent de 800 kilomètres effectué en voiture avec quatre personnes à bord.
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