
D’emblée, recadrons l’événement. Le Rollercoaster n’est pas un festival féminin, encore moins féministe, n’en déplaisent à ceux qui l’auraient un peu trop tôt caricaturé. Il est né il y a trois ans d’une idée commune des deux entrepreneuses, Clio Goldbrenner et Emilie Duchêne. Séparément, elles s’étaient imposées comme chefs d’entreprise belges : Clio avec sa marque de maroquinerie portant son nom, et Emilie avec les bijoux Thea Jewelry. « On se ressemble, on a cette envie de ne pas s’endormir, d’avoir une vie riche et mouvementée. On partageait ces valeurs ». Avant de les communiquer à un plus grand nombre. « On aime voir que les femmes s’élèvent ensemble, qu’elles ne sont plus seules. La mission de Rollercoaster, c’est de créer des synergies ».
Il s’est avéré que, dès sa création (au début, sous la forme de cercles de parole autour du business), ce sont en effet les femmes qui se sont senties concernées par l’événement. « On n’avait pas spécialement en tête un projet pour les femmes. On n’est pas du tout dans le créneau de militantes, on adore les hommes ! », précisent-elles. Mais il y avait visiblement une demande, un rendez-vous manquant pour toutes celles désireuses de se lancer dans l’entreprenariat, mais frileuses à l’idée de franchir le pas. « On a eu l’impression qu’elles se sentaient peut-être plus à l’aise que face à un homme, de poser certaines questions autour de l’entreprenariat. On a senti une forme de cercle de confiance ».
Le terme « sororité » – parfois un peu galvaudé par l’époque – a pris tout son sens au moment de créer du lien, des connexions, puis un réseau entre les femmes actives, en quête d’émancipation professionnelle. « Il y a une réalité : la parole des femmes se libère et on est un peu moins dans la course à la performance. Plus dans une époque de crêpage de chignons. Et ça fait du bien », se réjouissent les deux fondatrices. « Aujourd’hui, on observe de plus en plus de femmes qui s’expriment en tant que self-entrepreneuses, créatrices et qui lancent leur propre business. On se dit qu’a fortiori, si c’est plus visible, ça devrait être plus motivant et ça devrait décomplexer d’autres femmes. Mais on observe toujours une certaine timidité dans les projets et c’est ce qu’on essaie de pousser au maximum : il faut sortir de sa zone de confort et oser », encouragent, en chœur, ces entrepreneuses qui n’ont « pas du tout eu peur de frapper aux portes, ni du ‘non’ ».
Cependant, des freins demeurent pour certaines femmes, limitant leur esprit d’entreprise. Dans la majorité des cas, « la sécurité financière et le syndrome de l’imposteur » les empêchent d’enclencher la vitesse supérieure. « Cette question du syndrome de l’imposteur revient pas mal. Dire que je ne l’ai pas, ce serait très prétentieux. Mais ce n’est pas quelque chose qui me tire vers le bas », observe Clio. C’est justement ce genre de discussions, de débats que veut provoquer le Rollercoaster festival, qui porte bien son nom (« en partageant les montagnes russes de notre vie pro et perso »). Et l’inspiration peut venir nous chercher à différents endroits, expliquent Clio et Emilie. « En abordant des sujets business bien sûr mais aussi en parlant créativité, maternité, sexualité, confiance en soi et liberté financière… ».
Artistes (Camille Lellouche, Barbara Pravi – dont l’interview est à retrouver ci-après –, l’écrivain David Foenkinos…), chefs d’entreprise (l’influenceur food Whoogy’s, la General Manager Western Europe de Zalando, Laura Toledano…), au féminin comme au masculin, viennent ainsi prendre la parole pour raconter leur ascension, et les obstacles inévitables mais contournés sur leur chemin vers le succès. (...)
Barbara Pravi : « C’est difficile de trouver sa voie juste, peut-être qu’il n’y en a pas… »

Comment ne pas s’asseoir sur ses rêves d’artistes ? Comment éviter de se perdre sur le chemin parfois épineux du succès ? Barbara Pravi a (enfin) touché du bout des doigts les étoiles, le 22 mai 2021, en s’emparant de la deuxième place du Concours Eurovision de la chanson (avec Voilà). L’abnégation – et le talent, évidemment – comme compagne, l’artiste écrit son histoire. « Tu ne sais pas toujours si ce que tu vas changer est la bonne décision à prendre. En revanche, c’est super important d’écouter son intuition, ça permet de se déployer », nous confie-t-elle. Sur sa musique et sur ses mots, l’artiste n’a jamais posé de voile, évoquant ses combats personnels (contre les violences faites aux femmes notamment) et ses doutes. Chez elle, le questionnement est permanent pour évoluer dans une carrière : « et c’est pour ça que je trouve ce métier à la fois extraordinaire et vraiment difficile ».
Le Rollercoaster festival, le 8 octobre au Mix (Bruxelles). Tout le programme et places encore disponibles : letsshareourrollercoaster.com
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