
Grâce à elle, l’Afrique a (enfin) décroché son étoile à Hollywood. C’était le 18 août dernier, sur le Walk of Fame de Los Angeles. « Je viens d’un pays qui a inspiré le monde par sa culture. Et on ne le sait pas. Nous autres, Africains, nous ne savons pas ce que nous avons apporté au monde et ce que nous continuons d’apporter pour que la musique existe. » Angélique Kidjo, en 40 ans de musique, est devenue très influente. Écoutée et entendue, plusieurs fois récompensée pour son combat pour les droits de l’Homme, multiple récipiendaire d’un doctorat honoris causa. Des honneurs qui lui font d’abord se poser cette question – elle qui adore s’interroger depuis l’enfance : « Pourquoi moi ? Je ne pense pas faire quelque chose d’exceptionnel. Je ne fais que ce qu’on m’a appris : la valeur d’aller vers l’autre. »
Il y a quelques mois, au moment d’évoquer son parcours, c’est vers son enfance qu’elle se retournait pour tout expliquer. Sa combativité, son ouverture d’esprit, son empathie… « Vous savez, quand on devient célèbre très tôt, on apprend à prendre des coups. Les personnes qui venaient voir mes concerts à Cotonou (au Bénin), c’étaient les mêmes que je retrouvais à l’école. Et personne ne me traitait comme une star. Mes pires critiques, c’étaient mes parents. Mon père venait filmer mes concerts, il me laissait une semaine d’euphorie, puis revenait faire l’état des lieux. Et c’était chaud ! », nous confie-t-elle en éclatant de rire. « C’était costaud, brutal et joyeux en même temps. Et j’ai ainsi appris à rigoler de mes faiblesses. Quand on me disait : ‘Dans cette chanson, tu as chanté faux’, ça me permettait de garder les pieds sur terre. Je connais le privilège qu’est de vivre de son art et d’être libre de le faire. »
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