
Ça y est, le thermomètre a plongé. Tandis que certain ont rallumé le chauffage, d’autres ont constaté que le siphon de la douche avait tendance à se remplir deux fois plus vite. Le passage à l’heure d’hiver y est-il pour quelque chose ? Entre stress, saison et vitamine D, voici ce qu’on sait vraiment.
« Le changement d’heure n’est pas une cause directe de chute, mais les perturbations du sommeil qui en découlent peuvent indirectement influencer le cycle capillaire », tempère le Dr Abdulaziz Balwi, directeur médical de la clinique capillaire Elithair. Car reculer les horloges ne fait pas disparaître une heure de soleil illico, c’est plutôt le raccourcissement naturel des jours qui réduit progressivement notre exposition à la lumière.
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La chute automnale, info ou intox ?
Un cheveu pousse pendant plusieurs années, traverse une brève phase de transition, se met au repos puis finit par tomber. Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est généralement normal. Une étude publiée dans le British Journal of Dermatology, menée sur 14 hommes, a bien observé un pic de chute naturel à la fin de l’été. D’autres travaux confirment une certaine saisonnalité, sans pour autant permettre de prédire avec précision ce qui se passera sur chaque tête.
Autre piège : le temps de réaction. Lorsqu’un stress important perturbe le cycle capillaire, la chute peut n’apparaître que deux à quatre mois plus tard. Les spécialistes parlent alors d’effluvium télogène, une perte diffuse, impressionnante, mais le plus souvent réversible. « Un stress systémique ou un stress psychologique est un facteur déclencheur reconnu », rappelle le Dr Balwi. Fatigue. Des nuits hachées, une rentrée trop intense ou une baisse de moral peuvent peser dans la balance, mais une nuit noire qui tombe à 17 heures ne va pas vous dégarnir du jour au lendemain.
Vitamine D, le coupable un peu trop idéal
Moins de lumière extérieure implique souvent une synthèse moindre de vitamine D. Plusieurs études ont bien pointé une corrélation entre carence et certaines alopécies, mais corrélation ne signifie pas lien de cause à effet direct. Rien ne permet d’affirmer que chaque poignée de cheveux égarée en novembre découle d’un déficit en vitamine D, ni qu’avaler des gélules à la chaîne suffira à relancer la pousse.
La saison joue aussi sur la fibre elle-même. Dehors, l’air se refroidit. Dedans, le chauffage assèche l’atmosphère. Résultat : les longueurs perdent en souplesse, s’abîment et cassent au brossage. Or, un cheveu brisé à mi-parcours ne raconte pas du tout la même histoire qu’un cheveu expulsé de sa racine avec son bulbe.
Les bons réflexes, sans repartir avec toute la pharmacie
Pour traverser l’automne, pas besoin de s’infliger une routine capillaire en dix étapes ni de céder aux sirènes des cocktails de biotine survendus sur les réseaux. Les bases restent les plus efficaces : préserver son sommeil, freiner (tant que possible) sur le stress et soigner son assiette en misant sur les protéines, le fer et le zinc. Côté salle de bains, on baisse d’un cran la température du sèche-cheveux, on oublie les brossages brutaux et on évite les élastiques trop serrés qui tirent sur les racines.
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Et la vitamine D ? On évite l’automédication à fortes doses. Seul un bilan sanguin permet de vérifier un éventuel manque et d’adapter la dose. Même prudence avec les compléments « spécial cheveux » : sans déficit identifié, leur efficacité n’a rien d’automatique.
Enfin, si la chute persiste au-delà de quelques semaines, qu’elle crée des zones clairsemées ou s’accompagne de démangeaisons, un avis médical s’impose : dysfonctionnement de la thyroïde, anémie ou souci dermatologique peuvent entrer en jeu. Dans ce genre de cas, ce n’est pas l’horloge qu’il faut surveiller, mais la racine du problème.
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