Une marque d’horlogerie belge à découvrir absolument

Nouvelle marque à suivre dans le paysage horloger, Julémont nous passionne d’autant plus que, cocorico, c’est une marque belge. Présentation.

Par Marie Honnay. Photos D.R. |

Jusqu’en 2014, Bernard Julémont était à la tête de Raidillon, une marque de montres qu’il avait fondée quelques années plus tôt. Il y a quelques mois, il lancait Julémont, un label qui entend rompre avec les codes de l’horlogerie de luxe. Portrait d’un anticonformiste qui affiche fièrement sa belgitude.

Pourquoi une nouvelle marque de montre ?

Il suffit de consulter les blogs de collectionneurs pour voir que les amateurs de montres se passionnent pour des marques non distribuées chez les horlogers classiques. Ils veulent des montres qui leur permettent de se différencier et d’affirmer leur personnalité. En cause ? Le prix des montres de luxe qui augmente de 15% chaque année, mais aussi l’approche standardisée des détaillants qui préfèrent proposer des marques très connues dans une idée de rentabilité immédiate. Sur un marché qui reste très craintif (beaucoup de consommateurs ont peur du lendemain), il faut donner aux gens l’envie de rêver à nouveau. Pour moi, seule une montre au design vraiment novateur peut y parvenir. La plupart des marques établies préfèrent capitaliser sur leurs modèles historiques, plutôt que de créer de nouveaux designs. Dans les années 80, à l’ère du bling, lancer une nouvelle marque était suicidaire. Aujourd’hui, un nouveau projet a le potentiel de rencontrer les attentes d’un public à la recherche d’autre chose.

D’autant que votre approche du design est plutôt atypique…

Aucun dessin ou croquis technique n’est réalisé à l’ordinateur. Je griffonne, puis je sculpte mon idée dans la terre glaise. J’aime le contact avec la matière, la sensualité d’une forme qui se dessine. J’ai ensuite fait appel à un imprimeur 3D qui m’a aidé à réaliser les plans techniques, puis le premier prototype. Je ne voulais pas d’un design dont on puisse dire « Il me fait penser à… ». J’ai cherché à créer une montre aux courbes très douces. Pour assurer à celui ou celle qui la porte un maximum de confort, j’ai dessiné des cornes qui épousent les courbes du poignet. Autre particularité : le boitier et le verre sont bombés et la couronne est, chose rarissime, intégrée au boitier. Le rendu est d’autant plus sensuel. J’ai aussi opté pour une aiguille de réserve de marche placée à midi. Cette complication qui indique l’autonomie de la montre est souligné par une découpe au niveau du verre. On m’a dit que ma patte était reconnaissable au design de la montre, évocateur d’une calandre de voiture. Ce n’est pas volontaire, mais j’imagine que je suis influencé par les choses que j’aime.

 

Et votre belgitude, vous la revendiquez ?

 

Oui, d’autant que si les grands noms du design sont italiens, les talents belges sont aujourd’hui reconnus internationalement. Je suis donc fier de lancer une montre dessinée en Belgique, produite en série limitée, numérotée et proposée à un prix juste et accessible. Je la décline en trois versions : une version acier, une version rose doré et une noire mate, les deux dernières étant en acier recouvert de PVD. J’ai également créé un configurateur qui permet aux clients de personnaliser leur montre en créant de nouvelles combinaisons de couleurs ou de finitions. Si, à la base, le modèle n’est pas mixte, compte tenu de la douceur de ses lignes, il peut être porté par une femme moderne que sa taille n’effraie pas.

Vous vous êtes tourné vers un fabricant en Italie, le même que celui avec qui vous collaboriez pour Raidillon. Pourquoi italien et pas suisse ?

Cette marque, je l’ai voulue différente. Elle s’adresse à des passionné(e)s qui n’ont pas besoin que leur montre traduise leur statut social. Même ceux qui ont le budget pour s’acheter une Rolex n’ont pas forcément envie d’en porter une. Pareil pour la production. Le label swiss-made est souvent trompeur. Certaines montres suisses ne le sont que très partiellement. Ce n’est en tous cas pas un gage de qualité. J’ai donc misé sur un mouvement japonais, le plus robuste et fiable du marché, et sur une fabrication italienne. L’approche antiformatée de votre démarche se traduit également par le choix de l’athlète qui incarne la montre. J’ai choisi Adem Wahbi, un handy-golfeur de 20 ans d’origine marocaine au talent et à l’ambition incroyables. A mon sens, il incarne parfaitement l’esprit des montres Julémont. Plus qu’un tennisman que certaines marques paient des millions par an pour poser sur une image de campagne.

La marque porte votre nom de famille. Pourquoi ce choix ?

J’ai cherché le nom idéal pendant deux ans. Lors de mes brainstormings en famille, tout ce qui nous venait en tête était, après vérification dans Google, déjà pris par une marque de lessive ou un groupe de hard rock gothique (il rit). Alors, on s’est dit que notre nom de famille n’était pas si mal que ça. Sans compter qu’il jouit tout de même d’une petite notoriété dans le secteur.

Les montres Julémont sont en vente (1 800 €) sur le site de la marque, chez Dominique Rigo à Bruxelles et dans un certain nombre de points de vente. julemont-watches.com

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