Créé en 1995, le Prix Cartier des Talents Horlogers de Demain récompense des jeunes talents capables de repousser les limites de la créativité horlogère. Chaque année, les candidats sont invités à customiser un mouvement autour d’un thème défini, et doivent faire montre à la fois de leur virtuosité technique et de leur imagination. Pour cette 28ème édition, les candidats ont imaginé une nouvelle manière de lire le temps autour du thème « Changeons d’équilibre : lisons et appréhendons le temps autrement ».
Ce 24 juin 2026, la cérémonie du Prix Cartier des Talents Horlogers de Demain a célébré l’excellence et la créativité de onze jeunes apprentis et techniciens horlogers venus de France, de Suisse et de Belgique. Et cocorico, après la victoire de Marta Maziers l’an dernier, on retrouve cette fois deux Belges, également issus de l’école d’horlogerie IATA à Namur, sur le podium.
Après une première sélection basée sur des croquis, des textes et des vidéos de présentation, les finalistes sélectionnés ont eu 80 heures réparties sur trois mois pour réaliser leur projet horloger, accompagnés de leur mentor. Leur talent a donné naissance à des créations uniques, démonstrations de leur prouesse technique et de leur audace créative, ouvrant ainsi de nouveaux territoires d’exploration pour envisager une autre lecture du temps. À l’issue de la délibération, six lauréats ont été récompensés : trois apprentis horlogers et trois techniciens
Aymeric Peters monte ainsi sur la première marche dans la catégorie « Apprentis Horlogers » avec sa création « Silence Choisi », une pendulette qui invite à suspendre le temps plutôt qu’à le mesurer.
Inspirée des pendules de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, elle en reprend la noblesse des matériaux et la rigueur des proportions. Cette architecture évoque un objet classique, presque familier, tout en introduisant une lecture radicalement différente du temps. Ses aiguilles, abandonnées à 6 heures, demeurent immobiles, comme figées dans une attente silencieuse. Le temps n’existe pas tant qu’il n’est pas convoqué. C’est par l’action de la clé que le mécanisme s’éveille : un système libère les axes, et les aiguilles rejoignent leur position réelle. À l’image d’un chronographe à rattrapante, le temps est retenu, puis restitué en un instant, dans une tension mécanique à la fois précise et poétique. »
Sa camarade de classe, Layla Sluysmans quant à elle, a décroché la seconde place (ex aequo avec le Français Edouard Nico) avec « Nymphea » une création poétique inspirée du nénuphar, qui ne révèle l’heure qu’après l’ouverture progressive de ses pétales.
« Le mot nymphéa désigne, dans le vocabulaire scientifique, un nénuphar qui ne dure que quelques jours. Celui que vous êtes en train d’observer durera, quant à lui, tant que l’homme le voudra. Nymphéa est un nénuphar mécanique qui s’ouvre et se referme sur un cycle de deux heures. Les pétales sont en résine et le socle en ébène mexicain. Pour que le cadran en émail apparaisse, il faut patienter jusqu’à ce que les pétales s’ouvrent. Une fois révélé, on y découvre un cadran épuré. S’y cache un petit détail qui permet de trouver l’index des 12 heures. Ces index sont en réalité une partie visible du mécanisme. Ces différents choix invitent le spectateur à ralentir dans une société où tout va trop vite. N’oubliez pas : le temps se révèle à qui prend le temps de l’observer. »
Les lauréats bénéficieront d’une immersion au sein de Cartier et les premiers prix se verront proposer un stage au sein de la Maison, illustrant l’engagement de Cartier en faveur de la transmission des savoir-faire et de la formation des artisans de demain. On ne peut, de notre côté, que se réjouir de voir deux talents belges, mais aussi l’enseignement de la haute école horlogère namuroise, être ainsi salués et reconnus.
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