
Le Palais de Justice sans échafaudages ? Un mythe ? Une vaste blague ? Car d’aussi loin que les Bruxellois se souviennent, les échafaudages autour du palais de justice ont toujours été là. Une chose est sûre, les personnes qui se souviennent du palais de Justice sans son corset de fer ont plus de 30 ans, car les premiers échafaudages ont été installés en 1984. 40 ans après le début des travaux, le Palais de Justice se dévoile enfin peu à peu. La première partie de la façade (celle surplombant la Place Poelaert) avait déjà été complètement restaurée et libérée de ses échafaudages en mai dernier en collaboration avec le bureau d’études Perspectiv architecten et l’entrepreneur Artes Woudenberg - Artes Roegiers. Ce 7 novembre, c’est la partie supérieure du côté droit de la façade avant du Palais qui a été restaurée. Nous nous sommes rendus sur place pour découvrir l’avancée des travaux.
“Petit à petit, le Palais de Justice se dévoile encore un peu plus : rénové, modernisé et, surtout, débarrassé d’une autre partie de ses échafaudages. Pour moi, ce chantier est le symbole d’un pays qui se respecte enfin et qui respecte son patrimoine. La gestion publique exige rigueur et efficacité. En ce sens, 40 ans d’échafaudages, c’était inacceptable ! Je regrette que mes prédécesseurs n’aient pas pris ce chantier à bras le corps plus tôt. On aurait économisé beaucoup de temps, beaucoup d’argent…et beaucoup de moqueries”
Un total de 137 m3 de pierres a déjà été remplacé, ce qui représente environ 370 tonnes ou l’équivalent de 14 camions. Il s’agit principalement de pierres issues des carrières de “Comblanchien” et de pierres bleues.
Des travaux interminables
En 2006 déjà, il se murmurait que le Palais de Justice serait entièrement rénové. Mais faute de budget, six ans après la fin de la rénovation de la coupole, en 2009, les échafaudages étaient toujours en place. Et mise à part des interventions pour éviter des dégâts et des chutes de pierre, rien depuis n’avait bougé jusqu’en 2018 où la procédure pour restaurer le Palais de Justice était alors entamée. Mathieu Michel, fraîchement nommé secrétaire d’État, annonçait à cette époque-là le retrait des échafaudages de la façade pour 2023, comme le rapportait l’Echo dans un dossier consacré.
Cet édifice colossal constitue sans nulle doute le sommet de l’architecture éclectique du 19e siècle. Le style est d’inspiration classique, avec des emprunts à l’architecture assyro-babylonienne et égyptienne. Pour restaurer l’acrotère (les étages supérieurs de la partie droite saillante de la façade), il a fallu un gros travail car elle comprenait de nombreuses sculptures et moulures. Le démontage des échafaudages va continuer et en 2026, la Régie des Bâtiments prévoit d’entamer la rénovation des façades du socle sous la coupole. Dans les phases suivantes, ce sont les façades des côtés de la rue de Wynants, de la rue aux Laines et de la rue des Minimes qui seront restaurées.
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