Aujourd’hui, tout va vite. Quand on envoie un message, on veut qu’il parte dans la seconde… et on attend de notre interlocuteur une réponse si pas immédiate, la plus rapide possible. Sans qu’on en prenne conscience, les messageries nous ont rendus plus impatients, plus susceptibles, plus stressés aussi. Et si pour notre bien-être, on inversait la tendance ? On pourrait évidemment reprendre la plume, envoyer des missives, espérer que celles-ci arrivent bien à destination, attendre fébrilement une réponse… Ou, on peut rester dans son temps, mais en prenant le temps, avec l’application Roost Social.
Lancée il y a quelques semaines par Logan Mendelsohn, ancien chef de produit senior chargé de la confiance et de la sécurité chez Ticketmaster, cette application qui s’assume pleinement « slow-cial » propose d’envoyer des messages via des oiseaux voyageurs virtuels. Ces e-volatiles se déplacent à la même vitesse que les « vrais » oiseaux et on peut les suivre en temps réel sur une carte. Le temps de livraison dépend de la distance réelle entre l’expéditeur et le destinataire. Un texto peut donc mettre plusieurs heures, voire plusieurs jours, avant d’atteindre sa cible.
Comment ça marche ?
On télécharge l’application via Android ou iOS, on choisit ensuite quatre oiseaux, qui vont constituer son équipe de messagers. Les oiseaux ont chacun leur vitesse : l’aigle et le faucon volent à 48 km/h, le cardinal à 32 km/h, le pigeon domestique et l’oie des neiges à 80 km/h… Ces derniers transmettront ensuite les messages aux proches inscrits eux aussi sur l’application. On peut évidemment inviter ses amis à rejoindre le réseau. On suit ensuite le trajet de son oiseau sur une carte et on patiente avec des mini-jeux qui accélèrent sa progression.

Notre test
Titillées, nous avons voulu le tester au sein de la rédaction : télécharger l’appli prend quelques secondes, choisir ses oiseaux un peu plus. Là où on sent que l’appli est neuve et encore en développement, c’est le gloubiboulga d’éléments tantôt en français, tantôt en anglais... Une fois l’inscription faite, on reçoit un petit message d’accueil du concepteur, Logan notre nouvel ami, et on se lance. Le premier message envoyé de part et d’autre de la rédaction a mis… deux minutes pour parvenir à destination. Question lenteur, mission accomplie. On soupçonne toutefois le manque de précision de la localisation des interlocuteurs.
On peut en parallèle prendre soin de ses oiseaux (dans la section rookery), les nourrir, les caresser… augmenter la flottille au fil des messages, voir éclore les œufs… Et tout cela est gratuit (on paie par contre pour des fonctionnalités supplémentaires). À première vue, c’est donc assez ludique. Le concept nous apparaît plus comme un gadget que comme un réel outil de communication. Mais selon son créateur, il a d’autres bienfaits : les internautes – ils étaient plus de 300 000 trois jours seulement après le lancement – trouvent du sens dans le ralentissement volontaire : « La pression est bien moindre lorsqu’on sait que le message n’est pas transmis instantanément à son destinataire ; je pense que c’est un aspect qui a vraiment trouvé un écho auprès des utilisateurs. »
Une question nous taraude cependant : est-ce qu’à terme, l’application ne se révélera pas chronophage, à force de soigner les volatiles et suivre la progression des messages. Une chose est sûre, dans un premier temps, elle devrait prendre son envol. À voir par contre, si l’engouement ne va pas retomber d’un battement d’aile. À suivre donc…
À noter que pour l’heure, l’application permet d’envoyer uniquement des messages, pas des photos.
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